‹ Égypte et PalestineChapitre 28 sur 94 · DE L’ACCOUCHEMENT ET DE L'AVORTEMENT · texte numérisé non relu

DE L’ACCOUCHEMENT ET DE L'AVORTEMENT

En Nubie, quand la femme est en travail, on fait de nombreuses incisions à la vulve jusqu’à ce que la tête sorte. La femme accouche sur une chaise. On la délivre apres avoir coupé le cordon avec le rasoir. L’accouchement terminé, la femme est lavée trois ou quatre fois par jour avec de l’eau chaude dans laquelle on fait bouillir des graines de garad; cette décoction est amère. Il est, entendu que ce lavage ne comprend que les organes génitaux. La femme se repose sept jours. Il paraît que les Nubiens ont, d’ordinaire, quatre femmes. En Nubie, les femmes les })lus fécondes ont deux enfants en trois ans.

Au Caire, on augmente d’abord par des tractions le

DU MARIAGE

diamètre de l’orifice vulvaire, puis ou fait une incision à la partie inférieure de la vulve pour amener l’agrandissement de ce même orifice. A Soudan, les incisions sont faites de dedans en dehors, sur toute la périphérie de la vulve ; rinstrument tranchant est toujours le rasoir. M.M..., médecin d’un grand personnage, ne sait rien de l’accouchement des femmes turques; elle n’appellent jamais de médecin. Les femmes arabes accouchent facilement. Les femmes juives qui peuvent voir des médecins les font appeler quelquefois pour des opérations qui doivent faciliter l’accouchement.

H... meditqu’ici on donne des drogues qui empêchent une femme d’avoir des enfants. Il en donnait à ses négresses , elles ne sont point devenues enceintes ; elles avaient leurs règles, mais d'une manière fort irrégulière. Il paraît que les hommes prennent aussi des drogues pour cesser de pouvoir engendrer. H... me cite M. X.. . qui usa de ce moyen avec ses maîtresses; il resta toujours ardent et n’eut pas d’enfants ; mais s’étant marié plus tard, il est resté stérile, ce qui le désole. Je tâcherai de le voir.

Pour ne plus avoir d’enfants, les femmes arabes emploient le moyen suivant, me dit madame X. .. Elles font chauffer le four, puis elles passent un chiffon mouillé sur la sole du four, comme pour la nettoyer. Elles expriment alors le chiffon et boivent l’eau qui s’en écoule. Elles n’ontplus ensuite ni règles, ni enfants; elles n’engendrent plus.

L’avortement au Caire est fort en-usage et ne constitue pas un crime. On ne craint pas d’en parler. Cependant

DU MARIAGE

les mauvaises lemmes se font beaucoup plus souvent avorter que les autres. Souvent un maître ou une maîtresse fait avorter son esclave. A ce sujet, madame X... me donne les renseignements qu’on va lire.

Un premier moyen consiste à faire bouillir des peaux d’oignon et du tamarin dans un peu d’eau sucrée, jus- (pi’à consistance sirupeuse : on coule, et on boit le liquide coulé. 11 parait que c’est infaillible.

Un autre procédé consiste à faire coucher la femme sur le dos. Alors on lui met sur le ventre la pierre qui sert à moudre le grain et on fait des mouvements comme si on allait moudre. En général, cela fait sortir l’enfant. Après cette opération, on met la femme dans un bain d’eau chaude pour que l’avortement marche plus rapidement (je n’ai pas pu savoir tous les détails) . Il faut que la grossesse n’ait pas dépassé le deuxième ou le troisième mois. Plus tard, le procédé serait inutile.

Un troisième moyen, moins cruel que le précédent, consiste à enlever avec une paille la crasse fort épaissie qui existe dans le tuyau des chibucks. On prend une quantité suffisante de cette crasse pour remplir un petit ebiffon que l’on introduit ainsi dans le col, utérin, aussi haut qu’on le peut et le plus près possible de la tête de l’enfant. Il paraît que cela tue infailliblement l’enfant et quelquefois aussi la mère. Madame X. . . me raconte qu’une négresse qui avait eu recours à cette méthode n’a jamais pu guérir et est morte plus tard. Sa perte a été attribuée au procédé.

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