SYPHILIS
M , Bilharz, chargé du service des vénériens, veut bien me donner les renseignements suivants :
AlU Caire, les malades ne vont pas à Thôpital lorsqu’ils sont atteints de blennorrhagie, aussi ne sait-il rien sur cette affection.
L’orchite serait très-rare.
LIBERTINAGE
M. Bilharz n’a jamais vu d’ophthalmie blennorrhagique.
Les chancres indurés sont fréquents ; ils sont souvent suivis d’accidents du côté du pharynx, mais plus rarement de syphilides.
On observe souvent des exostoses ainsi que des nécroses, celle du nez en particulier. Les plaques muqueuses occupent souvent le scrotum, les cuisses, à l’endroit du frottement avec le scrotum et l’anus.
L’iritis syphilitique est rare.
A la suite de manœuvres de pédérastes, les ulcères syphilitiques de l’anus sont fréquents. L’anus se dilate ; il y a paralysie des sphincters et il vient des végétations qu’il faut couper. D’ordinaire , les plaques muqueuses et les végétations sont plus saillantes qu’en Europe. Par suite de la pédérastie, les chutes du rectum sont fréquentes. Les fistules à l’anus sont communes, on leur donne pour cause les hémorrhoïdes, mais je crois plutôt que c’est la pédérastie. Les hémorrhoïdes sont cependant très-communes.
M. Bilharz me dit avoir cent malades, il veut dire cent lits. Le 8 mars 1862, je vais dans son service qui est au deuxième étage.
Il administre les pilules aux- malades qui en ont besoin, et cela devant lui ; il agit ainsi pour être certain qu’ils prennent leurs pilules.
Presque tous les malades ont des accidents secondaires et tertiaires.
L’un deux a eu la verge entièrement rongée par un
lU
LIBERTINAGE
chancre phagcdéniqiie, et il est absolument privé de membre viril.
Plusieurs autres ont des plaques muqueuses dans la cavité buccale et dans la gorge.
D’autres ont des syphilides.
Plusieurs ont des chancres du fourreau de la verge.
M. Bilharz, que je gêne, fait sa visite aussi vite que possible.