‹ Égypte et PalestineChapitre 7 sur 94 · MISSION SCIENTIFIQUE DU DOCTEUH E. GODARD · texte numérisé non relu

MISSION SCIENTIFIQUE DU DOCTEUH E. GODARD

dont le perfectionnement est l’objet incessant de ses |)lns nobles inspirations, y constitue un véritable sacerdoce, sacerdoce de vérités, si jamais il en fut, puisqu’il n’admet ni compromis ni mystères, qu’il provoque au contraire partout et sur tout des objections pour les examiner et les résoudre, qu’il vit de recherches et de découvertes, et qu’en définitive il ne veut avoir pour base de ses théories que des faits dont la démonstration claire et précise ne permet d’équivoque qu’à la mauvaise foi.

Des faits dont l’ensemble forme ainsi la base de l’enseignement public des hautes sciences en France, les U ns sont généraux, et la constatation de leur existence, comme celle des phénomènes divers qu’ils consacrent, est, ou dès longtemps acquise, ou s’acquiert à l’aide d’invesligations incessantes sans qu’il soit besoin d’ailleurs du déplacement des centres d’étude ; d’autres sont spéciaux à telle ou telle contrée, à tel ou tel climat, et pour qu’ils soient reçus dans l’enseignement avec leur portée, leur signification et leur valeur réelles, ils ont du être ou ils sont l’objet d’études sur place, à distance, et au milieu des circonstances locales par l’intluence desquelles ils se sont produits et se sont développés, et sous la pression desquelles leur portée, leur signification et leur valeur se particularisent et se circonscrivent.

C’est à l’étude spéciale de ces faits de valeur accidentelle et locale, mais qu’il importe cependant à la science de bien définir et de bien reconnaître, que répondent, dans toutes les branches de l’enseignement des sciences.

MISSION SClENTIFIQUIi DU DOCTEUR E. GODARD.

les missions de reclierches que la sollicitude toujours éveillée du gouvernemeut organise et entretient dans toutes les parties du globe.

Ces missions d’études à l’étranger sont alors de véritables délégations de confiance, et quiconque a l’honneiir d’y être appelé et consent à s’en charger assume .sur soi la responsabilité d’un mandat qui engage également sa valeur d’homme et sa responsabilité de savant.

Sentinelle avancée de l’armée de la science, il ne doit pas plus se laisser abattre par les difficultés en face desquelles l’amènent les conditions de sa mission que le soldat en faction ne doit, la nuit, en face de l’ennemi, s’effrayer de l’obscurité qui l’enveloppe.

C’est à lui d’avoir le cœur à la hauteur des circonstances et l’intelligence assez forte et assez lucide pour se guider et se reconnaître.

Ernest Godard a été par excellence un de ces enfants perdus de l’armée de la science.

Chargé par le ministre d’Etat « d’étudier les questions qui se rattachent à l’état social, moral et sanitaire des populations de l’Égypte, de la Turquie d’Asie et de la Turquie d’Europe, » c’est-à-dire d’étudier tout ce qui constitue les mœurs de ces populations étranges, dans ce qu’elles ont de plus intime et de plus particulier à leur race respective, pour en déduire les raisons rigoureuses de l’état d’immobilité stagnante où elles se complaisent en dépit du mouvement général qui pousse le reste du monde à s’agiter pour marcher en avant, Ernest Godai’d devait, ])our l'cmplir à la bùlre l’iuleu-

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lion (lo sa inissioii, accomplir des tours de force d’intolligeiice.

Les Arabes sont liosjiilaliers, mais leur hospitalilé est réservée. L’iutimilé de leur foyer est inviolable.

Les Turcs sont mous, mais ils sont jaloux, etla jalousie en fait des tigres sans pitié.

Arabes et Turcs sont d’ailleurs absolument et résolùment rebelles aux mœurs douces et faciles des Européens, et ils tiennent à rester claquemurés dans leurs croyances religieuses et dans l’intimité du harem .

C’était là pourtant qu’il fallait pénétrer pour satisfaire au programme du ministre d’État.

Ernest Godard, que sa conscience engageait, que son amour de la science guidait et exaltait, ne s’est laissé intimider par aucun des airs rébarbatifs qu’il a d’abord vus grimacer devant lui.

Les lettres à sa mère et à ses amis sont remplies des détails émouvants des luttes sans nombre qu’il a dû soutenir dans les tentatives qu’il a faites pour entrer de plain-pied dans le for intérieur de la civilisation orientale.

Toujours repoussé, il a cependant réussi, et, quant aux populations de TÉgypte et de la Turquie d’Asie, il a donné satisfaction au programme que lui avait tracé le ministre de l’Empereur.

Par quelles secrètes influences de la douceur et d’insiuuations persuasives a-t-il vaincu des résistances jusque là restées entières? Nul ne le sait ou ne le dira. Mais il les a vaincues,

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li’iiitimilé musulmane et arabe ii’a pas eu de secrets pour Ernest Godard.

Ses nombreux cahiers de notes sur le bouton du Nil^ Vélèphanùam et la lèpre, d’intéressantes et non moins nombreuses observations sur les mœurs secrètes des populations de l’Égypte et de la Turquie d’Asie sont la constatation posthume de sa réussite.

Ces notes et ces observations sont un butin précieux de certitudes désormais acquises à la science. Il leur manque sans doute le développement intelligent et raisonné que, par un travail d’élaboration ultérieure, Ernest Godard se réservait de leur donner; mais, telles qu’elles sont, elles assurent à la France la priorité d’études sainement conduites, sur les causes de l’apathie séculaire qui distingue d’une manière si fâcheuse les populations arabes et turques et les rivent aux essais rudimentaires des premiers élans de la civilisation.

A ce titre elles sont de précieuses annales qui ne seront point perdues pour la science, puisque, réunies et coordonnées par les soins obligeants de M. le professeur Charles Robin, de l’Académie des sciences, elles forment un volume que la famille du docteur Ernest Godard s’est empressée de faire publier.

PURLICATIONS D’ERNEST GODARD

Godard a publié dans divers volumes des Bulletins et Mémoires de la Société de biologie :

■ 1854. — Observations relatives à la menstruation, p. 107.

1855. — Rein unique ; deux capsules surrénales ; une seule artère ombilicale; persistance de l’ouraque, p. 102.

1855. — Trois observations d’atrésie du rectum, p. 97.

1856. — Note sur deux pièces anatomiques relatives à deux imperforations du rectum, p. 21.

1856. — Anatomie pathologique del’épididymite blennorrhagique aiguë, p. 27.

1856. — Études sur la monorcliidie et la cryptorcbidie chez l’homme, p. 315, avec 4 planches.

1858. — Recherches sur la substitution graisseuse du rein, p. 261, avec deux planches; aussi publiées à part, 1858, in-8.

1859. — Note sur l’absence congénitale du canal excréteur et du réservoir de la semence, le testicule existant, p. 329.

1859. — Note sur l’absence congénitale du testiculej p. 311,

Etudes sur l’absence congénitale du testicule, Paris, 1858, in-4“, avec planches. Thèse pour le doctorat en médecine.

Recherches tératologiques sur l’appareil séminal de l’homme. Paris, 1860, in-8 avec planches. Travail contenant la réunion de toutes ses recherches sur ce sujet, présentées séparément aux Sociétés anatomique et de biologie.

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