Préparation du magoum cl ivard
Boulons de roses non épanouies. . . 5 livres.
Sucre 10 livres.
On ne garde que les pétales des roses, que l’on mêle avec le sucre, et qu’on malaxe entre les mains. On met le tout, ensuite, dans un vase de porcelaine, et l’on l’expose à l’action du soleil et de la rosée pendant quatre-vingts jours, c’est-à-dire' qu’on le laisse quatre-vingts jours(nuit et jour) dans un vase débouché, à l’air, ^t exposé ainsi an soleil et à la rosée.
Si on veut préparer cette conserve par la chaleur, on fait cuire d’abord les pétales des roses dans de l’eau en vase clos ; on passe ensuite dans un linge pour extraire l’eau, puis on ajoute à l’infusion deroses deuxfois autant de sucre qu’il y a d’infusion de roses. On met sur le feu, on ajoute les pétales qui avaient servi à faire l’infusion, et enfin :
Une livre et demie de dounheh pour quinze livres de conserve.
Dose :
1/2 once à 1 once.
La méthode à chaud est employée pour obtenir rapiflemerlt cette conserve.
APPF-NDrCI':.
N“ 0. — Préparation du habh el z a far an :
Safran (inagral)ic).
Lissai! el asfour. .
Felfel abiab. . . .
Felfel asouad. . .
Ond carch
Afiüum
Eau do roses. . .
0 gros.
1 gros 1/2 1 gros \ /2 1 gros \ /2 1 gros 1 /2 0 gros.
quanlilé .suffis.
Magrabic. — Oui vient de l’Occident de Magreb (Occident), par rapport à l’Égypte.
Felfel abiab. — Felfel (poivre), abiab (blanc).
Felfel nsoiiad. — Felfel (poivre), asouad (noir).
Oud carch. — Oud (tige). Cela veut dh’e pyrèthre.
Ajioun. — Veut dire opium.
Lissânelasfôur. — Lissàn (langue), asfour (moineau).
Nom de la plante: Fraxinus ornus L
On mêle le safran avec l’opium, on le fait macérer dans l’eau de roses en un vase de porcelaine. On pulvérise les matières solides, qu’on ajoute au macératum, après avoir ajoute une demi-once de gomme pulvérisée, on réduit en pilules de la grosseur demandée. — Ces pilules ralentissent l’action du coït; on les emploie alors comme narcotiques. Les gens du pays s’en servent au.ssi pour avoir des hallucinations.
Dose :
De 5 à 15 pilules, suivant le tempérament et les babitudes. N“ 7. — Préparation du roumi :
Mélasse
llaschiscb (bractées de)
10 livres.
5 livres.
APPENDICE
Ou lait griller les bradées de hascliiscb comme le cale, sur le leu, dans un plateau eu cuivre, jusqu’à ce qu’elles acquièrent une couleur jaunâtre; ou les pulvérise dans uu mortier eu cuivre, on les tamise et on ajoute la poudre à la mélasse. On met sur le feu jus- (|u’à ce qu’on ait obtenu la consistance de conserve.
Dose :
De 5 gros à I once pour le coït.
Les bractées de haschisch ne sont pas employées en nature, mais les pauvres les coupent comme on coupe le tabac, les mêlent à ce dernier et les fument en cet état.
Le cocher disait que quand on prend du haschisch à jeun, il excite l’appétit à un point tel qu’on mangerait un mouton entier.
Quand on s’endort, on est dans un sommeil léthargifjue qui pourrait, dit-il, durer deux jours.
Le haschisch excite les femmes, ralentit l’acte du coït, la femme éprouve plus de plaisir, elle paraît plus belle, plus jolie.
Les gens du peuple prennent du haschisch.
Toute la basse classe prend du haschisch.
On fume plus le haschisch qu’autrefois.
‘26 octobre 1861.
Ou lait des dattes haschischées en les faisant cuire avec du dounheh.
Le rnarchaud de haschisch que je connais en mange.
APPENDICE
11 en a l’habilndc, cela lui est nécessaire pour lui ouvrir 1 a])pélit et aussi, dit-il, pour mieux dormir.
Le principal endroit où l’on vend leliaschiscli an Caire, est au Morstaii, à côté d’une mosquée qui autrefois renfeimait les aheiics. La, il y a neuf Loutiques qui ne débitent que des préparations de haschisch.
Il va une boutique pour pareille vente à Sitezenac, une antre vers le Metoiiali, et environ une boutique par quartier.
On active l’action du baschisch en prenant du café noir peu après avoir pris le haschisch.
J’ai oublié de prendre les préparations suivantes :
1“ Chiré.
2° Baïiul (c’esl-ù-dirc mélange de sucre blanc avec du clounheli).
5“ Dattes mêlées de hascliiscli.
4” Dragées contenant du haschisch.
5" Barsh , préparation destinée à amener le ralentissement du coït.
Avec le scenque, es])èce de lézard qui vient du Soudan ou de l’Abyssinie (je n’ai pu le savoir exactement), on hiit nue drogue destinée à faciliter l’érection. Dans cette drogue, on fait entrer de l’agate, des perles et de la verge de crocodile. Pour cela, on rapporte de la haute Egypte des morceaux de verge de crocodile desséchés ; le marchand de haschisch doit m’en montrer; on n’a jamais la verge entière. ,
Dans tout le Caire, on prend le haschisch an café, qui s’il ne vendait pas le haschisch aurait peu de pratiques. Les fumeurs appoidèiit leur liaschisch, mais les maîtres
appendice.
(lu café cil vendent; il y a économie à raiiporter soiinémc.
L’nsage dn haschisch s’est répandu dans les villages; les enfants commencent à en prendre. Les femmes n’en lisent pas, excepté celles qui font la vie ; im mari ne le permettrait pas à sa femme.
L’nsage dn haschisch se généralise de plus en plus ; pour ceux qui en usent il devient un besoin impérieux.
19 janvier 1862.
Je vais avec M. Godberg dans un magasin où on vend dn haschisch. Il faut demander des renseignements à un jeune marchand; un vieux ne voudrait rien dire.
Il parait que le marchand prétend que dans aucune préparation de haschisch, il n’entre de cantharides : cela est dans son intérêt.
M. Godberg croit que le meaouïat en contient.
11 y a une préparation qui s’appelle baïad (blanc).
Le marchand me vend des pilules appelées habé-arnber. Ces pilules qui sont noirâtres procurent une ivresse légère; elles ne donnent pas de sommeil; elles empêchent déterminer trop rapidement le coït ; elles donnent des érections ; la dose est de quatre à cinq pilules.
Le marchand dit que l’on doit donner par trois drachmes toutes les préparations de haschisch ; or, me dit M. Godherg, la drachme vaut trois grammes.
Après avoir avalé les jiilules de habé-amber, comme après toutes les autres préparations de haschisch, il ne faut j)as boire de l’eau d’une heure au moins ; cela dé-
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Ini irait l’eirct, dit le marchand, mais on lient lioire du café.
l.e marchand assure que la limonade n’eulève pas plus l’ivresse que l’eau simple.
C’est M. Aubert Hoche qui m’avait dit que l’ingestion d’un verre de limonade faisait cesser l’action du haschisch.
Le marchand aflirme que les pilules de hahé-amher se conservent une année au moins ; il assure que les préparations de haschisch peuvent durer meme dix ans; seulement elles deviennent rances.
Le haschisch que l’on vend sous la forme de plaques verdâtres s’appelle hendi ; la préparation noire s’appelle roumi.
Le dawamisc se présente sous la forme d’une pâte verdâtre.
Le garawisch sous la forme de plaques, couleur chocolat clair; comme â la cassure on aperçoit des jioiuts noirâtres, nous pensons que le garaAvisch contient de la poudre de cantharides.
Hour savoir quelle dose de haschisch on doit prendre, dit le marchand, on doit faire des essais; les doses varient suivant les individus.
Je vois un deuxième marchand de haschisch :
11 me dit que l’on tamise les feuilles et les Heurs. I.a poudre qui passe dans le tamis est donnée aux fumeurs; on fait cuire le reste avec du beurre et de l’eau ; il parait que le beurre fixe parfaitement la partie active du haschisch.
.M. Godberg dit que la teinture de haschisch qu’il a vu
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(aire avec du hascliiscli et de l’alcool rectilié, peut être doiiuéc à la dose de dix gouttes environ. Elle est d’abord verte; mais plus tard, elle change de couleur et devient transparente ; il paraît qu’alors elle a perdu de sa valeur.
Le marchand affirme ([u’on ne met des cantharides dans aucune des préparations de haschisch; cela paraît douteux à M. Godherg. Ils y mettent, suivant la préparation, de l’ambre, du safran, du musc, de la noix muscade.
Le marchand nous dit que le haschisch seul ne porte pas beaucoup aux rapprochements sexuels, mais il eu est autrement quand il contient de l’ambre, du safran, du musc, de l|i noix muscade.
Il paraît que le méaouïat est la préparation de haschisch qui excite le plus aux rapprochements sexuels. Le méaouïat est une pâte couleur chocolat. Le garawisch vient après, puis le roumi. Enfin les autres préparations ont une action égale.
Le marchand de haschisch dit que pour les hommes réellement impuissants, il n’y*a aucune préparation qui puisse les guérir.
Je me rappelle qu’un jour, étant chez Adèle, je vis chez elle des clous de girolle. Il paraît que les femmes et les hommes mâchênt des clous de girofle pour s’exciter aux rapprochements sexuels.
Aujourd’hui dimanche 19 janvier 1862, vers trois heures, je prends une pilule d’habé-amber. Peu après, je me sens étonné, j’éprouve quelque chose dont je ne puis me rendre compte; je descends à la promenade, mais à chaque instant j’ai peur de tomber.
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Tous les objets sont bien à leur place, mais j’ai peine à marcher.
.le n’ai pas d’érections.
Revenu dans ma chambre, je bois de la limonade vers ciiHf heures; la limonade me semble faire tout cesser, je dine parfaitement trancpiille, et la nuit j’ai bien ciormi.
Après la pilule et après m’ètre un peu reposé, j’ai pu lire, mais sur la promenade j’hésitais, je ne savais si je devais aller sur l’Esbekieh ou revenir sur mes pas. Cependant j’ai pu faire un petit trajet au milieu du public ; j’avais peur de tomber ou de faire quehiue chose d’extraordinaire.
Lundi, 20 janvier.
Avant de me mettre au lit, j’ai pris à la lois deux pilules d’habé-amber. Aussitôt j’ai é[)rouvé de rétonneinent et j’ai eu une violente érection sans désirs véné-' riens. Je sentais quelque chose d’extraordinaire en moi, sans me rendre bien compte tle ce dont il s’agissait. Je me suis endormi ensuite; j’ai dormi sans rêves.
Mardi, 21 janvier.
J’ai pris à onze heures du soir quatre pilules d’habéamber, qui ne m’ont absolument rien fait. Dans la journée, j’avais éprouvé quelques douleurs au niveau de l’estomac. Je me demande si cesdouleurs, qui étaient une sensation de cuisson ({ue j’éprouvais vers deux heures en buvant un verre de raspail, je me demande, dis-je, si ces douleurs ne provenaient jias d’une certaine quantité
appendice.
de })oiulre de canllmride.s, qui, in élan géc aux pilules, aurait enflaninié mon estomac.
Cette nuit, j’ai dormi très-bien sans rêves ni érections.
‘2 avril.
Les hachach sont les ivarchedie, c’est-à-dire les hommes qui travaillent dans les fabriques soit de coton, soit de sucre ; il vont au café pour prendre le haschisch.
Les hachach ont le teint jaunâtre.
Les femmes honnêtes ne prennent jamais de haschisch.
Les personnes distinguées n’en usent pas non plus, elles en prennent en cachette soit chez elles, soit dehors.
24 avril
Chez un marchand de haschisch, M. Godberg essaye de fumer une cigarette qui lui a été préparée ; bientôt il me dit avoir des vertiges. Pour préparer la cigarette, on a mis de petites boulettes de chiré en bâtons dans une cigarette. J’en ai vu faire en réduisant en fils le morceau de chiré et en mettant un fil dans la cigarette.
Le marchand de haschisch me dit que la dose est difficile â désigner pour chaque individu ; en effet, je vois entrer un homme qui vient chercher du da^vanlisc, il en prend au moins ce qui ferait de l’effet â quatre personnes.
Notre cocher (Mouchemel) eu a pris devant nous, il y a trois jours. Pendant le reste de la journée, il conduisait ses chevaux, mais il était magnoum. La police lui avait défendiij dès le mutin, de stalioniier devant le
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marcliaiid do liaschiscli; cl> bien, plus lard, nous l’avons vu revenir à plusieurs reprises, circuler dans le Cancalil ; il avait pour idée fixe d’y circuler malgré la police.
Il est assez curieux de stationner devant une boutique de marchand de bascliisch. On voit les hachach (|ui viennent chercher leur provision; parfois, ils l’avalent devant vous ; d’autrefois, ils la conservent pour le soir. L’acheteur donne au marchand la somme d’argent, celuici saisit avec ses doigts un peu de la pâte demandée, en fait une boule qu’il pèse, qu’il met sur papier et qu’il arrange avec assez d’art ; le marchand de haschisch emporte avec lui une odeur de haschisch très-prouoncée.
24 novembre.
M. Aubert Roche que je rencontre me dit que le haschisch dont il s’est servi pour ses expériences était delà pâte jaune, qui, avec le temps, s’était durcie et gtait devenue comme la pierre ; il me dit l’avoir conservée dix années.
M. Aubert Roche me dit que le haschisch fumé ne donne pas les memes résultats; il peut donner lieu à des hallucinations furieuses.
Pris à l’intérieur et seul, le haschisch u’cxcite pas au rapprochement sexuel, mais si vous ôtes avec une dame, il vous y pousse.
M. Aubert Roche a vu une personne qui, après avoir pris du haschisch, croyait avoir dans les mains des chirurgiens.
M. Aubert Roche a vu deux femmes guérir; l’une avait
AI'PENDICK.
line névralgie de la paille.
face, l’aiilre une névralgie de l’é-