JÉRUSALEM
MOSQUÉE d’omar.
ü juillet 1862.
Ce matin, je vais visiter la mosquée d’Omar, conduit })ar M. de Barrcre. Je suis en nombreuse compagnie. M. de Vaqué, M. Badington, lits d’un Anglais, naturalisé Français, la veuve d’un général russe, le chancelier du consulat de France, un dessinateur, etc., etc.
11 paraît que, jusqu’à la guerre de Grimée, on ne pénétrait pas dans cette mosquée. Toutefois, le prince de Joinville y était entré, puis après lui, le prince Maximilien d’Âutriclie, le duc et la duchesse de Brabant ; M. de Barrèreest le premier qui ait pu y pénétrer, sans a[)parlenir à une famille princière. .Vujourd’hni il tient à en faire les honnenrs aux Français et il ne permet pas qu’ils donnent quoi (pie ce soit. Los Anglais payent }>ar tète
APPl'NOICE.
niie livre sterling; je croyais que c’étail seulement une demi-livre.
Aulrelois, ou ne pouvait môme pas regarder la mosquée sans cire insulté. Les gardes de ce lieu étaient et sont encore des noirs nubiens, qui auraient impitoya blement mis à mort quiconque aurait tenté de s’y introduire. 11 parait (pic ce matin, le 111s du cheik de la mosquée leur avait donné du haschisch et on les avait éloignés du lieu par lequel nous devions entrer. Du reste, nuns avons des cawas du consulat anglais et français et des hommes de la zaphté, qui les auraientbattus s’ils avaient osé nous insulter. Nous nous sommes rendus à la mosquée, en grande cérémonie et précédés de trois cawas qui tapaient la terre de leurs cannes.
On pénètre dans la mosquée par une vaste cour qui offre un grand intérêt. En effet, le sol de la cour a été égalisé; c’était le inontMor... qui se terminait par une roche. Dans plusieurs endroits, la roche est encore à nu; 011 aperçoit de là, le mont des Oliviers qui est à l’Est.
Avant démonter les marches qui conduisent à la cour proprement dite de la mosquée, nous prenons des chaussons. Au milieu de cette deuxième cour, devant la mosquée, il y a deux réservoirs d’eau. A l’est, une sorte de coupole, an milieu de laquelle est suspendue une chaîne dont il ne reste plus que peii d’anneaux. C’est le dôme du Jugement, c’est là que David rendait ses jugements. En prêtant serment, les témoins devaient tenir un anneau de la chaîne, et l’anneau se détachait et demeurait dans leur main, s’ils mentaient ou s’ils n’étaient pas décidés à dire la vérité (M. de Barrère).
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L’extérieur de la mosquée est fort beau et fort imposant; quatre portes sont placées aux ([uatre points cardinaux. La lumière arrive dans rintérieur par de petits trons garnis de verres colorés et ménagés dans des lames de plâtre, percées d’une façon fort originale. La lumière tamisée dans ces petits trous produit un fort bel effet.
Il règne dans la mosquée un demi-jour qui ajoute encore à l’émotion que l’on éprouve en entrant. L’intérieur coluprend, autant que je puis me le rappeler, trois enceintes. Entre la première et la troisième existe un couloir qui fait le tour de la partie la plus importante, qui contient l’Aire sacrée. Dans la deuxième enceinte, il y a un trou par lequel on peut passer la main pour sentir l’empreinte du pied de Mahomet.
L’aire sacrée est une calotte de rochers, inégale et faisant une saillie assez considérable. Autrefois, à côté de chaque aire, se trouvait une citerne dans laquelle les ouvriers allaient puiser de l’eau pour se désaltérer. Sur le côté est du rocher, se voient les empreintes de l’ange Gabriel. Quand Mahomet s’enleva dans le ciel, le rocher voulut le suivre et Gabriel dut le retenir avec ses doigts. Sur l’un des côtés de l’aire, je remarque l’étendard du prophète et celui d’Omar.
Nous pénétrons sous la roche dans une cavité assez vaste où ont prié différents saints dont les noms m’échappent. Pour les musulmans, ce rocher est suspendu en
1 air. Au moment du départ de Mahomet, quand range Galjriel 1 an-èta, il s’était déjà élevé à une certaine hau-
teur et il est toujours resté à la même })lace. Au pour-
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tour (le (îclle crypte, on a mis un enduit en plâtre qui rc'sonne sons la jiiain. Cet enduit, disent h's crevants, n’est pas suftisant pour soutenir la}»icrre, mais ilempèelie les gens d’avoir peur. Voici à quelle occasion on se décida à le Taire. Une musulmane enceinte voulut un jour pénétrer dans cette crypte; en voyant la pierre énorme sus- |)endue en l’air et placée au-dessus de sa tète, elle eut une penrviolent(îet elle lit une fausse couche. On résolutalors de construire un petit mur qui ne serait pas assez pnissautpour retenir la roche, mais qui préviendrait de nouveaux accidents. Inutilede dire que le rocher en question fait partie d’une citerne et forme un tout. L’intérieur de cette crypte est blanchi à la chaux ainsi que le trou })ar lequel on faisait passer le vase pour aller chercher l’eau dans la citerne. Le sol résonne et au-dessous 'il doit y avoir une cavité assez profonde, une citerne également.
Tout autour de la mosetuée, il y a de belles faïences avec des- inscriptions arabes; à l’ouest, les murs sont assez délabrés.
MOSQUÉE d’eL-AKOü.
La mosquée d’El-Akou, placée au sud de la précédente, est moins belle. Les murs sont blanchis à la chaux et, par place, ils sont recouverts d’inscriptions arabes; andessous, sont les écuries de Salomon, dit-on.
A l’extrémité sud, on voit l’endroit où Omar a prié ; à l’onest, une série de voûtes paraissant dater de l’époque des croisades et ayant servi à abriter les templiers. Dans
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la mosquée, je remarque la chaire où prêcha Omar, üii montre aussi l’empreinte du pied de Jésus-Christ, j’avoue que je n’ai vu aucune empreinte. Les dames russes, plus pieuses et plus croyantes, ont baisé la pierre avec dévotion et ont récité une prière.
Nous visitons le berceau du Christ. Pour arriver dans la salle basse où on le conserve, il faut descendre une trentaine de marches. Le berceau n’est qu’une auge de pierre recouvert d’un petit dôme de pierre. Les chrétiens ne croient pas que ce berceau soit authentique, mais ils vont le voir.
Vers le nord, existe la porte dorée ; elle est à l’extrémité d’une construction de médiocre dimension. Là, deux portes murées ; elles étaient autrefois, dit-on, garnies de lames d’or. Ces portes présentent deux petites fenêtres; c’est là que le grand-prêtre juif regardait s’élever la fumée des sacrifices que l’on faisait sur la montagne des Oliviers. Aussitôt qu’il avait aperçu la fumée, il se rendait au temple dans le saint des saints, et prononçait le vrai nom de Dieu.