‹ Égypte et PalestineChapitre 2 sur 80 · PR KF A CK · texte numérisé non relu

PR KF A CK

Philosophe tonte sa vie, Ernest Godard nionrnl sans cesser de l’être, libre de fictions métaphysiques, paraissant plutôt abdiquer la vie que mourir, et tout an souvenir de ses proches et de ses amis , dont son dévouement à la science l’avait éloigné. 11 est nn témoignage à jamais mémorable que les qualités du cœur comme celles de l’esprit sont originellement indépendantes des causes conventionnelles qui leur sont spéculativement assignées; que les sentiments atfectifs ont leur source dans notre propre nature et qu’ils y acquièrent par l’éducation tonte leur pureté on du moins tonte leur efficacité morale et sociale.

« Mon étal de faiblesse ne m’a pas permis de parapher tontes les corrections de mon testament. » Malgré les conditions de maladie et d’isolement dans lesquelles il écrit , c’est dans ce testament comme dans ses lettres que se révèle tonte l’indépendance de caractère et l’excellence des sentiinenls du docteur Ernest Godard. Écrit pour ainsi dire à la dernière heure de son existence, ce document ne trahit aucune hésitation, aucune faiblesse, bien n’y paraît que son estime pour ses amis, qu’un juste tribut d’admiration ])oiir les institutions de son pays qu’il a jugées miles et libérales.

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A cel égard, los termes de ses dernières volontés sont dignes d’étre rendus pnblics.

Je dois à l’Académie des sciences physiques el naturelles de Paris, une dette de reconnaissance pour les encouragements qu elle m a donnés deux fois; aussi je lègue à l’Académie des sciences physiques et naturelles , le capital d’une rente de mille francs , f) pour 100, pour fonder un prix qui, chaque année, sera donné au meilleur mémoire sur l’anatomie, la physiologie et la pathologie des organes génito-urinaires. Aucun sujet de prix ne sera proposé. Dans le cas où une année le prix ne serait pas donné, il serait ajouté au prix de l’année suivante.

Je lègue à l’Académie de médecine de Paris, le capital d’une rente de mille francs, 5 pour 100, pour fonder un prix qui, chaque année, sera donné au meilleur mémoire, soit sur la pathologie interne, soit sur la pathologie externe alternativement. Aucun sujet de prix ne sera proposé. Dans le cas où une année le prix n’aurail pas été donné, il serait ajouté au prix de l’année suivante.

Je lègue à la Société, anatomique de Paris ou si elle n’est pas reconnue par l’État, je lègue à son Président cinq mille francs, dont les revenus, tous les deux ans, formeront le capital d’un prix qui sera donné au meilleur mémoire, soit sur l’anatomie normale, soit sur l’anatomie pathologique, soit sur la tératologie. Aucun sujet de prix ne sera donné. Si une année le prix n’était pas donné, on le reporterait à l'année suivante.

Je lègue à la Société de biologie de Paris, ou si elle n’est pas reconnue par l’État, je lègue à son Président une somme de cim( mille francs dont les revenus, tous les deux ans, formeront le capital d’un prix qui sera donné au meilleur mémoire sur un sujet se rattachant à la biologie. Aucun sujet de prix ne sera proposé. Dans le cas où une année le prix n'aurait pas été donné, il serait ajouté au prix qui serait donné deux années plus tard.

Je lègue cà la Société d’anthropologie de Paris ou si elle n’est pas reconnue par l’État, je lègue à son Président une sonnne de cinq mille francs dont les revenus, tous les deux ans, formeront le capital d’un prix ((ui sera donné au meilleur mémoire sur un sujet

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<56 rattachant à rantliropologie. Aucun sujet de prix ne sera proposé. Dans le cas où une année le prix n’aurait pas éié donné, il serait ajouté au prix qui serait donné deux années plus tard.

Je lègue trois mille francs à l’hôpital de la Charité, deux mille francs à l’hôpital Necker, deux mille francs à l’hôpital du Midi, pour fonder une Bibliothèque pour les malades. Dans chacun de ces hôpitaux les livres devront être gais, instructifs, de science appliquée; les livres devront être reliés en parchemin, si c’est possible, afin d’éviter leur détérioration. MM. Ch. Dobin, Martin Magron, Natalis Guillol, mes maîtres chéris et mon ami Passant, choisiront les ouvrages et veilleront à l’exécution de ces legs. Ma mère sera également consultée. M. Leclerc, mon libraire, fort honnête homme, fera l’achat des livres dans les meilleures conditions et s’occupera de leur reliure.

Plein de reconnaissance pourl’amitié que mes collègues de l’Internat m’ont toujours témoignée, et mes anciens collègues et nouveaux collègues, je lègue à l’administration de l’assistance publique de Paris, le capital d’une rente de deux cents francs, o pour 1 00. Chaque aimée au premier interne nommé, il sera donné à son choix uné trousse ou une boîte d’instruments; ce don lui sera fait en mon nom.

Je prie M. (,h. Dobin, professeur à l’Kcole de médecine de Paris, d’être mon exécuteur testamentaire; s’il refusait, je prie M. A'alalis Guillot de vouloir bien me rendre ce service.

Grâce à l’empressement de sa famille toutes les volontés d’Ernest Godard sont depuis longtemps exécutées.

•M. le docteur Passant, s’est particulièrement chargé de l’e.xécution du legs relatif à la fondation d’une bibliothèque dans les hôpitaux. Il a déployé pour arriver à ce but l’activité la plus grande et l’a atteint de la manière la plus henleuse. Cette création, dernière ])ensée du moîi-

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vaut, donnée à ceux qu’il a vu souffrir, est d’un nol)le cœur; ce qu’elle renferme de véritable lui inanité ne peut être bien compris que de ceux qui, comme Godard, ont passé de longues heures au milieu des malades, ont vu les effets des cruels ennuis qui s’ajoutent aux douleurs et le peu d’efficacité des moyens de consolation habituellement employés.

Les collections rapportées par Godard, et aujourd’hui faisant partie du musée de Bordeaux, ont été l’objet d’un travail remarquable de la part de M. Ollivier Beauregard, qui les a décrites dans un volume aujourd’hui arrivé à sa deuxième édition*. Revenir ici sur ce sujet, eût été faire un double emploi inutile.

Compatriote et ami de Godard, M. Ollivier Beauregard a rédigé, sur ma demande, les renseignements biographiques qui terminent cette préface et que je crois devoir reproduire sans y apporter aucun changement.

* Ollivier Peauregard, Simples observa Ho ns sur l'orûjine el le culte des divinités égijptiennes. Paris, 18G5, in-8°; et deuxième édition, sous le titre de : les Divinités égyptiennes, leur origine, leur culte et son expansion dans le monde. Paris, 180G, in-8°.

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