AP^E^’DICE
Dans duKiLic gros village, il y a par semaine un jour de marché où l’on peut achclcr dix mille œufs.
Les |)igcons sauvages se vendent dix paras la paire. Les pigeons domesli(ines valent trois piastres et demie la j)aire.
lœs poulets peuvent mourir de la pépie, mais ils sont sujets à une certaine maladie d’yeux, dans laquelle ces organes sortent des orbites.
JÉRUSALEM MOSQUÉE d’omar.
5 juillet 1802.
Ce matin, je vais visiter la mosquée d’Omar, conduit j)ar iM. de Barrère. Je suis en nombreuse compagnie. M. de Vaqué, M. Badington, lils d’un Anglais, naturalisé Français, la veuve d’un général russe, le cbancelier du consulat de France, un dessinateur, etc., etc.
Il parait que, jusqu’à la guerre de Crimée, on ne })énétrait pas dans cette mosquée. Toutefois, le prince de Joinville y était entré, puis après lui, le [irincc Maximilien d’Autriebe, le duc et la diicbe.sscde Brabant; M. de Barrèreest le premier qui ait jm y pénétrer, sansap|)ar- Lenir à une famille [irincière. .Vujourd’bui il lient à en faire les bonneurs aux Français et il ne permet pas qu’ils donnent quoi que ce soit. Les Anglais [)aycnt j>ar tète
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mic livre sterling; je croyais que c’clait seulement une demi-livre.
Autrefois, ou ne pouvait môme pas regarder la mosquée sans être insulté. Les gardes de ce lieu étaient et sont encore des noirs nubiens, qui auraient impitoya blcmeut mis à mort quiconque aurait tenté de s’y introduire. Il parait que ce matin, le fils du cheik de la mosquée leur avait donné du haschisch et ou les avaitéloigués du lieu par lequel nous devions entrer. Du reste, nous avons des cavvas du consulat anglais et français et des hommes de la zaphté, qui les auraienthattus s’ils avaient osé nous insulter. Nous nous sommes rendus à la mosquée, en grande cérémonie et précédés de trois cawas qui tapaient la terre de leurs cannes.
On pénètre dans la mosquée par une vaste cour qui offre un grand intérêt. En effet, le sol de la cour a été égalisé; c’était le montMor... qui se terminait par une roche. Dans plusieurs endroits, la roche est encore à nu; on aperçoit de là, le mont des Oliviers qui est à l’Est.
Avant démonter les marches qui conduisent à la cour proprement dite de la mosquée, nous prenons des chaussons. Au milieu de cette deuxième cour, devant la mosquée, il y a deux réservoirs d’eau. A l’est, une sorte de coupole, aumilieu de laquelle est suspendue une chaîne dont il ne reste plus que peu d’anneaux. C’est le dôme du Jugement, c’est là que David rendait ses jugements. En prêtant serment, les témoins devaient tenir un anneau de la chaîne, et l’anneau se détachait et demeurait dans leur main, s’ils mentaient on s’ils n’étaient pas décidés à dire la vérité (M. de Barrère).
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L’extérieur de la mosquée est fort beau et fort imposant; quatre portes sont placées aux quatre points cardinaux. Iâi lumière arrive dans l’intérieur par de petits trous garnis de verres colorés et ménagés dans des lames de plâtre, percées d’une façon fort originale, La lumière tamisée dans ces petits trous produit un fort bel effet.
11 règne dans la mosquée un demi-jonr qui ajoute encore à l’émotion que l’on éprouve en entrant. L’intérieur comprend, autant que je puis me le rappeler, trois enceintes. Entre la première et la troisième existe un couloir (jui fait le tour delà j)artie la plus iiuportante, qui contient l’Aire sacrée. Dans la deuxième enceinte, il y a un trou par lequel on peut passer la main pour sentir l’empreinte du pied de Mahomet.
L’aire sacrée est une calotte de rochers, inégale et faisant une saillie assez considérable. Autrefois, à côté de chaque aire, se trouvait une citerne dans laquelle les ouvriers allaient })uiser de l’eau })our se désaltérer. Sur le côté est du rociier, se voient les empreintes de l'ange Gabriel. Duand Mahomet s’enleva dans le ciel, le rocher voulut le suivre et Gabriel dut le retenir avec ses doigts. Sur l’un des côtés de l’aire, je remarque l’étendard du prophète et celui d’Omar.
Nous pénétrons sons la roche dans une cavité assez
vaste ou ont prié diftérents saints dont les noms m’échap-
j)0nt. Pour les musulmans, ce rocher est suspendu en l’air. Au moment du départ de Mahomet, quand l’ange
Gabriel 1 arrêta, il s’était déjà élevé à une certaine hauteur et il est toUjOurs resté à la même place. An pour-
APPENDICK.
lüiir de cette crv})te, on a mis un enduit en plâtre qui résonne sous la main. Cet enduit, disent les croyants, n’est pas suflisanl pour soutenir la pierre, mais il empèclie les gens d’avoir peur. Yoici à quelle occasion on se décida à le l'aire. Une musulmane enceinte voulut un jour pénétrer dans cette crypte; en voyant la pierre énorme suspendue en l’air et placée au-dessus de sa tète, elle eut une peur violenteet elle lit une fausse couche. Onrésolutalors de construire un petit mur qui ne serait pas assez puissant pour retenir la roche, mais qui préviendrait de nouveaux accidents. Inutilede dire que le rocher en question fait partie d’une citerne et forme un tout. L’intérieur de cette crypte est blanchi à la chaux ainsi que le trou i>ar lequel on faisait passer le vase pour aller chercher l’eau dans la citerne. Le sol résonne et au-dessous il doit y
avoir une cavité assez profonde, une citerne également.
Tout autour de la mosquée, il y a de belles fa'iences avec des inscriptions arabes; à l’onest, les murs sont assez délabrés.
MOSQUÉE d’eL-AKOU.
La mosquée d’El-Akou, placée au sud de la précédente, est moins belle: Les murs sont blanchis à la chaux et, ))ar place, ils sont recouverts d’inscriptions arabes; andessous, sont les écuries de Salomon, dit-on,
A l’extrémité sud, on voit l’endroit où Omar a })rié ; à l’ouest, une série de voûtes paraissant dater de l’époque des croisades et ayant servi à abriter les templiers. Dans
appe'nuige.
la mosquée, je remarque la chaire où prêcha Omar. Ou montre aussi l’empreinte du pied de Jésus-Christ, j’avoue que je n’ai vu aucune empreinte. Les dames russes, plus pieuses et plus croyantes, ont baisé la pierre avec dévotion et ont récité une prière.
Nous visitons le berceau du Christ. Pour arriver dans la salle basse où on le conserve, il faut descendre une trentaine de marches. Le berceau n’est qu’une auge de pierre recouvert d’un petit dôme de pierre. Les chrétiens ne croient pas que ce berceau soit authentique, mais ils vont le voir.
Vers le nord, existe la porte dorée ; elle est à l’extrémité d’une construction de médiocre dimension. Là, deux j)ortes murées; elles étaient autrefois, dit-on, garnies de lames d’or. Ces portes présentent deux petites fenêtres ; c’est là que legrand-prêtre juif regardait s’élever la fumée des sacrifices que l’on faisait sur la montagne des Oliviers. Aussitôt qu’il avait aperçu la fumée, il se rendait au temple dans le saint des saints, et prononçait le vrai nom de Dieu.