AU CAIRE
30 juin.
J'ai maintenant des plaies au pied , sur la face dorsale. J'ai déplus une quantité de petites pustules pleines
d'un liquide purulent, et mélangées à des papules. J'en ai à la face interne des avant-bras, au front, à la poitrine. Elles me démangent horriblement.
7 juillet.
Je paye ma note de blanchissage. Le garçon d'hôtel auquel Je donne, par mégarde, cinquante centimes de trop, refuse de me les rendre et nie les avoir reçus. Tous ces Arabes sont affreusement menteurs et voleurs. Je fais appeler Luidgi, directeur de l'hôtel, qui me prie de pardonner le garçon. Je ne veux point me plaindre aux fils Coulomb, ils n'ont aucune autorité.
10 juillet.
Dans la journée, 34" centigrades au thermomètre. Ici, on ne s'habitue pas à la chaleur, et ce fait que tout le monde confirme, je l'ai constaté mille fois. En arrivant en Egypte, on souffre moins de la haute température qu'on n'en souffrira plus tard. Je pouvais travailler en remontant le Nil, maintenant tout travail est impossible. J'ai grande peine à écrire les moindres mots. Tout aujourd'hui, je travaille à mettre mon argent dans des rouleaux.
30 juillet.
Décidément je ne puis guérir ; je vais essayer ce soir les purgatifs. Je déjeune à table d'hôte, ce qui ne m'était pas arrivé depuis plusieurs jours. Je mange un peu d'omelette, quelques pommes de terre et un peu de café au lait. A deux heures et demie, chaleur horrible; cependant les mouches me tracassent ino^tvs-, j'ai pris des fruits dans le but d'amener une (iiQw.|:\\é^i ^^^ ^^^^ diminuer
mes boutons. La grande chaleur me donne de la fièvre. Depuis douze jours environ, je reste chez moi, el malgré le repos, mon état ne s'améliore pas. Cependant je puis travailler, penser, écrire, ce qui m'était impossible quand je suis arrivé au Caire.
14 août.
' Réveillé au milieu de la nuit, pour calmer rirrilalion de la peau, je fais deux fois des ablutions. J'essaye vainement de me mettre à l'ouvrage. Lorsque je me lève et que je m'assieds, mes jambes s'engorgent, mes pieds deviennent durs, tendus, douloureux. Chaleur insupportable ; ennuyé de souffrir, je me couche, je mets mes pieds sur un coussin, et l'engorgement diminue. J'écris étendu sur un canapé.
Mardi, 7 octobre.
Aujourd'hui, je souffre beaucoup de la plaie que j'ai à la partie supérieure du pied gauche, plaie ou plutôt ulcération résultant de ce que je me suis gratté fortement en cet endroit, il y a quatre ou cinq jours. Elle est grande comme une pièce de vingt centimes, à bords durs. Il y a œdème du pied. J'ai encore une petite ulcération au-devant de la cheville du pied gauche et audevant du tibia droit.
15 octobre.
Depuis que mes boutons sont revenus, j'ai grande peine à m'endormir, je veille fort tard. Hier soir, mon pied gauche me faisait tant de mal que j'ai du le mettre dans l'eau froide. Il était fort œdématié, et le doigt y entrait comme dans du beurre. Je ne vois plus de
fourmis dans ma chambre, autrefois il y eu avait des quantités. Peu de mouches. Quelques petits cancrelats, débris d'une plus grande armée, se promènent sur ma table.
27 novembre.
Quand je marche, je souffre du pied gauche qui est tendu et douloureux; je souffre surtout au niveau du gros orteil et au niveau de la malléole interne. Il sort du pus au-dessous de trois croûtes placées sur mon pied gauche.
2 décembre.
La plaie du pied gauche est dans un état déplorable ; la croûte est tombée ; les bords sont relevés, enflammés, on dirait un véritable ulcère syphilitique.
11 décembre.
Depuis douze jours au moins, j'avais le pied droit et la jambe droite en parfait état, quand j'ai vu du pus se développer sous une cicatrice au pied.