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LES ATELIERS PRIVES A THEBES

FiG. 33i. — Statuette d'Aménôtuès IV.

(Musée du Louvre.) (Cliché Hacliette.)

de lui-même, et il a bien raison : il est

commandant de la Thébaide, il a au cou

le collier a quatre rangs et sur la poitrine

les deux bulles, insignes de son grade ; sa

femme a nourri le roi, et leur fille paraît

bien mariée. L'artiste a fixé dans la pierre

l'expression de vanité satisfaite qui s'épanouissait sur leur personne, et peut-être y

a-t-il mis un grain d'ironie. La facture est

d ailleurs très serrée, et la seule trace de

convention s'y remarque sur le torse de

l'homme, où les plis d'âge et de vie molle

sont accusés avec trop de symétrie. C'est

pitié que les débris nous soient seuls

parvenus d'un couple contemporain des

derniers Ahmessides, et qui fut enterré à

Chéîkh-Abd-el-Gournah. Il ne reste plus

de l'homme (fig. 324) que la tête, encore

a-t-elle perdu le nez, le menton et une

portion de !a bouche, mais la femme a

moins souffert (fig. 325). Malgré la chute du nez, la face est charmante avec son front bas presque invisible sous la perruque, ses

yeux étroits relevés vers les tempes, ses pommettes légèrement

saillantes, sa bouche un peu épaisse dont les coins s'enfoncent dans une fossette. La pèlerine et la robe plissées dans laquelle elle s'enveloppe découvrent un bras d'un joli dessin et épousent les formes du corps : on devme sous l'étoffe qui 'es moule des hanches saines, une taille svelte, des seins ronds et bien plantés, un ventre délicat et ferme. Le détail du vêtement et de la parure, qui était inscrit au pinceau, s'est effacé, mais la matière, un calcaire cristallin compact qui ressemble à de l'albâtre, est d'un ton crémeux des plus agréable.

Fig. 332. — Tête de l'un des canopes

d'Aménôthès IV.

(Musée du Caire.)

(Cliché E. Brugsch.)

L'inconnue dont Mond recueillit, en 1 906, le portrait moitié grandeur naturelle (fig. 326), a la même pose et un costume analogue, une toile presque transparente d'où la mam gauche se dégage et ramène une fleur de lotus au creux de la poitrme. Le buste n'a pas attemt son amplitude, et la gorge est si menue qu'elle gonfle le vêtement à peine. L'artiste a démêlé avec justesse les caractères qui dénotent le premier épanouissement de la femme, et la façon discrète dont il en indique sous la robe la grâce un peu fluette est d un maître ouvrier. La perruque est disposée si ingénieusement qu'au lieu d écraser le visage elle fait cadre autour de lui et le met en valeur. Celui-ci change de caractère et presque de siècle, selon l'angle sous lequel on le vise. De face, il est rond et plein, sans surabondance ni mollesse des chairs : c'est une bonne petite fille de Thèbes, jolie mais vulgaire de carrure et d'expression. De côté, entre les marteaux de sa perruque comme entre deux longues anglaises qui retombent sur les épaules, il prend une finesse malicieuse et mutine qu'on ne connaît pas d'ordinaire aux Egyptiennes : on jurerait une de nos contemporaines, coiffée et parée à l'antique par caprice ou par raffinement de coquetterie.

Si intense que fût l'activité de la statuaire, cefle de la sculpture murale ne le lui cédait en rien. Le décor des temples innombrables qui se construisaient alors, non pas à Thebes seulement, mais dans les provinces, ne souffrait pas beaucoup de nouveautés dans sa partie dogmatique, et les scènes d'offrandes ou les représentations des offices solennels n'y diffèrent guère de ce qu'elles avaient été aux âges antérieurs. 11 semble seulement qu'elles se serrent l'une

182 rrr^^ —

FiG. S'i'i.

- Pauoi d'un des tombeaux

d'El-Amarna.

(Cliché Houriiint.)

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