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LES TEMPLES ROMAINS DE LA NUBIE

Fia. 471 . — Statue

d'Osiris.

(Musée du Caire.)

(Cliché E. Britgscli.)

adora, et son quai, la porte triomphale qui précède le pronaos, le pronaos luimême sont d'un dessin agréable. La chapelle creusée à même le grès des carrières de Gertassi au premier siècle de notre ère est d'un effet heureux (fig. 447). Le kiosque (fig. 446), qui seul subsiste du temple de la localité, rappelle de loin le style du kiosque de Trajan à Philae, mais il doit le meilleur de son charme pittoresque à la position qu'il occupe sur une sorte d'éperon rocheux aux bords de la rivière. Maharraka, le plus reculé vers le Sud des temples bâtis par les empereurs, est aussi le dernier par la date. Vu de l'extérieur, c'est une boîte rectangulaire d'un aspect triste et lourd : à 1 intérieur, c'est une cour bordée de portiques sur ses trois côtés Sud, Ouest, Nord, et vers l'angle Nord-Est un massif de maçonnerie dans l'épaisseur duquel est pratiqué un escalier en colimaçon, le seul de son espèce qu'il y avait aux régions méridionales. Au delà de Maharraka, on ne trouve plus de souvenirs de la domination latine qu'à Ibrim, la porte orientale de l'enceinte (fig.

448), et, vers l'extrémité septentrionale du plateau, une construction de caractère indécis, moitié temple, moitié caserne, qui date certainement du temps de Septime Sévère. Cette avancée de l'empire demeurait, on le voit, dans sa dépendance artistique comme dans sa dépendance politique, mais l'influence s'étendait-elle plus au Sud, sur les territoires qui relevaient du royaume de Méroé ?

Nous connaissons si peu l'histoire de l'Ethiopie à partir de Tahar-

FiG. 472. — La vache Hathor

DE Sakkarah.

(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)

l'IG. 473.

Statue épanelée.

iMiisée du Caire.) (Cliché H. Hrugsch.)

kou et de ses successeurs immédiats, qu'il nous

est difficile de rien affirmer à cet égard. Les

tombeaux de Pharaons, dont nous possédons les

plans et les dessins, dérivent très nettement des

mastabas pyramidaux de l'âge thebain (fig. 449).

Ils comportent en effet une pyramide, mais posée

sur un socle bas, avec une pointe plus aiguë

que celle des pyramides memphites et des

tores qui délimitent leurs faces : une porte monumentale, ou même un pylône, marque 1 entrée

des chambres, qui sont assez souvent décorées

de bas-reliefs (fig. 450). Les temples furent,

longtemps après Taharkou, de facture purement

égyptienne, avec des négligences d'exécution qui

trahissent la maladresse des architectes et des

tailleurs de pierre, mais vers la fin du 1 ' siècle

après Jésus- Christ, des éléments grecs se mêlèrent

aux pharaoniques, et un style hybride se forma,

dont le temple de Messaouràt est jusqu'à présent le modèle le mieux connu (fig.451). 11 date du m siècle après notre ère, c'est-a-dire des derniers temps du royaume. L'art méroitique survécut peut-être longtemps après la chute des dynasties d'origine égyptienne: il me semble reconnaître son influence sur ce que nous connaissons de l'art axoumitain. 11 y avait donc quelque iemps déjà que l'architecture était morte dans l'Egypte propre, lorsque le dernier et le plus obscur de ses rejetons périt sur un sol étranger. Elle était si vivante encore et si belle au m siècle, lorsqu'elle achevait Ombos et Esneh, qu'on n'a pas le droit d'expliquer sa chute soudaine par des causes tirées d'elle-même. Jusqu'à son jour suprême, ses maîtres connurent leur métier à fond, et ils en appliquèrent les principes avec une supériorité incontestable : elle aurait donc subsisté des siècles encore, si les conceptions religieuses auxquelles elle devait ses inspirations ne l'avaient pas si fortement pénétrée qu'elle ne pût leur survivre. La _____ . 252 ~ — —

Fig. 474. — Statue préparée sauf

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