LA FIN DE L'ARCHITECTURE ÉGYPTIENNE
FiG. 475. — TÊTE DE STATUE.
(Musée de Heilhi.) (Cliché Hachette.)
basilique romaine et même le temple grec ne comprenaient dans leur constitution presque aucun élément qui fût exclusivement païen : au prix de quelques modifications sans grande importance, ils se prêtèrent aux besoins du christianisme triomphant, et ils lui fournirent des églises convenables. Au contraire, les dispositions qui faisaient du temple égyptien la demeure mystérieuse d'Amon, ou d'Horus, ou d'Isis et de leur cour, n'avaient plus leur raison d'être lorsqu'il s'agissait du dieu nouveau. Quel besoin des chambres de la barque, et du sanctuaire des statues, et des salles de l'Ennéade, et des hypostyles, et des pronaos, dans une religion dont le culte entier se célébrait en public et où le matériel des images et des vases se réduisait presque à rien ? Le Christ et ses saints ne se cachaient pas dans l'ombre, et ils n'excluaient pas rigoureusement
certaines catégories de fidèles : ils laissaient tous ceux qui se rangeaient de leur parti venir à eux librement, et ils leur ouvraient leur porte à deux battants. Ceux des Egyptiens qui se rallièrent autour d'eux ne pouvaient donc point se garder de renoncer à leur architecture nationale, comme ils avaient renoncé à leur écriture ; elles étaient l'une et l'autre trop à l'image de la religion antique pour lui survivre.