‹ ÉgypteChapitre 156 sur 185 · AU TEMPLE DE PHTAH THÉBAIN · texte numérisé non relu

AU TEMPLE DE PHTAH THÉBAIN

(Cliché Legrain.)

il leur a prêté le sein lou

rd.

taille épaisse, le ventre grossi, la cuisse élargie, la démarche ferme des femmes mariées et souvent mères (fig. 521). Les hommes ont

peu changé, ainsi qu'il était naturel : cependant, leurs poses sont moins conventionnelles que naguère, et l'un d'eux, celui du milieu, ramène l'épaule gauche en avant, dans un essai de perspective auquel on ne parait pas avoir songé avant l'époque thebaine. La recherche de la variété est plus marquée encore chez les animaux : il n'y a pas un seul des huit boeufs menés en laisse qui ait une allure semblable à celle de ses compagnons. C'est pourtant sur un bas-relief du Musée d'Alexandrie que l'écart est le plus sensible entre le style ancien et le nouveau (fig. 522).

Là, chaque tète d'homme ou de femme a été étudiée en soi, comme

FiG. 5io. — Bas-relief

DU TEMPLE d'EdfOU.

(Cliché Béato.)

dans un bas-relief moderne, et le rendu y a été poussé très loin : je doute qu'on découvre jamais au temps des Pyramides 1 équivalent du joueur de trigone ou de la musicienne qui frappe son tambour. Et non seulement les figures ont une physionomie qui diffère et qui suggère la probabilité d'un portrait, mais les gestes, les costumes, les drapages, les accessoires se diversifient de l'une à l'autre. Le peintre est d'ailleurs venu à l'aide du sculpteur, avec une audace qu'il n'aurait pas eue sous la V*^ ou sous la VT Dynastie. Il supplée au pinceau les portions du vêtement que le ciseau n aurait pas exprimées assez clairement : il ajoute mém.e des nuances que son camarade avait accoutumé de négliger complètement, SI bien que, la couleur ayant disparu, l'œuvre est incomplète. C'est ainsi qu'on ne s'explique point sur l'instant la coupe du peignoir dont une des femmes de Psammétiknoufisashmou est revêtue, peignoir curieux qui, emboîtant le cou et plaquant aux membres, exposerait le sein, le ventre, les cuisses, et couvrirait seulement l'épaule, le dos et les reins. La bizarrerie n'existait pas jadis : le peintre avait réparé les omissions du sculpteur par des touches discrètes, et, grâce à lui, les corps, s'accusant en relief sous un lavis de rouge ou de bleu, étaient revêtus d'une robe à demi transparente.

11 n'est plus beaucoup question d'écoles locales à ce moment, mais ce style particulier se répandit en Egypte, et il pénétra même à Thebes; on l'y rencontre dans plusieurs des hypogées de 1 Assas-

Fio. 5ii

— Pastiche pti)i,f..m.\i(,he du style

Dfi LA XXe DVNASITI:.

(C.lichù Legrain.)

TlG. 5l2.

Un bas-relief du temple

d'Ombos.

(Cliché Béato)

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