LES BIJOUX MORTUAIRES SAITES ET GRÉCO-ROMAINS
l'artisan qui cisela les agrafes de collier du Louvre (fig. 564) : ce sont en effet des imitations de galères, avec leur chambre plate, leur éperon, leur poupe en cou.d'oie ou de cygne. Les menues amulettes qui armaient comme une sorte de cuirasse magique les momies des grands dignitaires saites enterrés a Sakkarâh ne doivent rien à l'étranger, et les types inédits qu'on y remarque sont exclusivement nationaux, ainsi les mignons palmiers en or, au tronc écaillé et aux lourds régimes de dattes, ou les cynocéphales en adoration devant un cartouche couronné de plumes (fig. 565). Les uns se composent de lamelles d'or embouties et soudées entre elles ; les autres ont été levés en plein sur des lingots minuscules auxquels les accessoires ont été rapportés, et l'on admire la virtuosité de la ciselure. La chatte assise, les deux cynocéphales debout de chaque côté du fétiche osirien, l'isis allaitant son Horus, la barque de Sokaris appuyée sur son bers. avec son équipage de poissons et de faucons microscopiques, ne perdent rien à être étudiés point par point sous la loupe. Et ce qui étonne le plus, c'est que le travail patient de l'outil n'y a pas engendré la sécheresse ou la gaucherie : les rapports des parties y sont calculés aussi habilement que pour les figurines en faïence ou en lapis-lazuli, et, nulle part mieux que sur ces infiniment petits, on ne comprend combien les Egyptiens s'étaient rendus maîtres des formes humaines ou animales. Quelques-uns des Osiris,
des Isis, des Thot, des Amon, qu'Edgar découvrit avec le trésor de Toukh el-Garamous, ne trahissent la décadence que par un soupçon d'afféterie et de préciosité.
Bientôt pourtant les modèles grecs, SI libres et si divers d'inspiration, se réliu. 563. - Lakge.nterie de Th.molis. pandirent dans le pays (Musée du Caire.) (Cliché E. Hrugsch.) au détriment des pharao-
FiG. 562.
Figure d'Osiris, Nil en bronze