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LA FAUSSE PORTE DEVENUE STELE

FiG. 6i. — La fausse porte

d'Atôti.

(Musée du Caire.)

(Cliché E. Brugsch.)

et quelquefois, comme chez les vivants, elle était flanquée de deux obélisques, mais minuscules, sur lesquels le nom et les titres du maître étaient affichés en gros caractères (fig. 65).

Rien ne prouve que cette évolution se soit opérée d'après une idée préconçue, m qu'elle ait abouti à la création d'un mastaba type, dont toutes les parties internes auraient été déduites l'une de l'autre selon un ordre logique. Chez Ti (fig. 66), à Sakkarah, on remarque une progression véritable dans la succession des pièces, depuis le portique de l'entrée jusqu'au point où la stèle se dresse vers l'angle sud-ouest, d'abord une salle à piliers oii le couloir qui monte du caveau affleurait, puis un corridor divisé par une porte en deux tronçons de longueur inégale, une chambrette sur la droite pour la femme du mort, au fond la chapelle avec ses deux stèles, et parallèlement à son mur Sud, un serdab où les statues se cachaient. C'est, à vrai dire, une exception. Presque partout ailleurs, pourvu que la chapelle fût reculée à l'Ouest autant que possible, l'architecte ne s'est guère préoccupé d'agencer méthodiquement les chambres ; il s'est efforcé seulement d'en augmenter le nombre et, par conséquent, de développer à l'extrême la surface susceptible de recevoir le décor. II subissait en cela l'influence des principes

Fig. 62. — La fausse porte

DE NaFERSESHEiMPHTAH.

(Cliché de l'abbé Thédenat.)

utilitaires qui avaient réglé des le début l'organisation du tombeau ; car, fournissant au dessinateur la faculté de répéter les scènes principales dans plusieurs pièces, si l'une d'elles était mutilée au point d'en perdre son efficacité, les répliques la suppléaient et continuaient de servir au mort ses revenus. Même, vers la fin de l'âge memphite, il s'avisa que le caveau, enfoui sous le mastaba et sépare de lui par un conglomérat de béton compact, offrait des chances d'inviolabilité plus sérieuses que les superstructures, et il songea à y emmagasiner une dernière réserve de tableaux pour le cas où la ressource de ceux d en haut viendrait à manquer. Il imagina donc un modèle nouveau (fig. 67), dont nous avons de bons exemples parmi les sépultures en briques découvertes depuis 1881 aux alentours de la pyramide de Pioupi 11. Fonde directement sur le sable, en briques sèches, on ne voit d'abord dans ce mastaba, comme dans ceux du début, qu une stèle appliquée a la face Ouest ou une niche devant laquelle la famille se réunissait pour le sacrifice. A l'intérieur, le puits est remplacé par une sorte de cour, dans la région occidentale de laquelle on avait réservé la place du caveau. Celui-ci consiste en un réduit long et bas, formé de cinq dalles en calcaire : une voûte en briques, d'environ 0 m. 50 ou 0 m. 60 centimètres de rayon, déchargeait la dalle supérieure du poids des lits accumulés au-dessus d'elle jusqu au niveau de la plate-forme terminale. Les parois latérales, sculptées et peintes, étaient des entrepôts d'objets de nourriture et d'habillement : on poussait le cercueil entre elles, puis on murait l'ouverture du devant et on comblait la courette. Lorsque, au lieu d'un cercueil . . — 38

Fig. 63. — La stèle-porte de Nibéra.

(Musée du Caire.) (Cliché H. Hrugsch.)

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