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LES MENUS RESTES DE L'ART THINITE

FiG. 4. — Figurines d'animaux, singe, lion, chiens. tMiisée du Caire.) ((^AichèE. Hriigsch.)

artisans de 1 âge thinite, l'inspiration et les procédés même des générations qui les précédèrent. Leur bijouterie avait conservé les traditions d'autrefois, et elle en tirait ses effets les plus heureux. Témoin les quatre bracelets découverts par Petne dans li nécropole d'Abydos (fig. 2), avec leurs plaquettes alternativement en or gravé et en turquoise ou en verre bleu cair, leurs perles ou leurs pendeloques d'améthyste taillée, et cette lleurctte en or ciselé dont nos orfèvre3 envieraient la délicatesse. Jeu dirai autant du mobilier et de l'outillage domestique, pieds de lit ou de tabouret en ivoire ou en bois (fig. 3), figurines de lions, de singes, de chiens (fig. 4), de poissons en cristal ou en pierre, statuettes de prisonniers ou d'esclaves, tablettes en os sur lesquelles on avait retracé à la pointe les épisodes principaux des funérailles royales (fig. 5), cylindres chargés de légendes hiéroglyphiques ou d'emblèmes divins, têtes de massue. On y distingue partout les idées et les conventions d'autrefois, avec cette différence que ce qui était pur instinct au début devient maintenant le résultat d'une volonté réfléchie. Gens

Fig. 5. — La tabletti; d'Ahaou.

(Musée du Caire.) (Clichc E. Brugscli.)

FiG. 6.

de métier ou artistes, l'expérience d'un nombre inconnu de générations leur avait enseigné à démêler peu à peu les lignes principales de leurs modèles, à en arrêter les contours, à en simplifier les reliefs, à en coordonner les mouvements ou les postures. Ils se plaisaient aux gestes lents et tranquilles : si la nature des sujets traités, courses religieuses, chasses, batailles, assauts des villes, poursuites d'ennemis, les obligeait à exprimer des actions violentes ou lapides, ils s'ingéniaient à en atténuer les duretés ou les saccades.

On comprend de reste, sans qu'il soit besoin d'y insister, ce qu'un art aussi bien réglé suppose de tâtonnements et d'essais préliminaires. Les éléments en sont, malgré les divergences extérieures, ceux-là mêmes que les ancêtres avaient choisis et employés dès le début ; mais l'ouvrier les avait tant et si longtemps maniés qu'à force de pratique il en était arrivé a les réduire en système, et qu'il avait remplacé l'observation directe de la nature par 1 usage constant de schèmes décoratifs ou de formules chiffrées dans l'atelier. Cette impression qui se dégage des arts industriels, elle est confirmée par les monuments plus rares des arts majeurs, architecture, sculpture et peinture. Il nous est peu parvenu de 1 architecture militaire ou civile, ainsi que de la religieuse, les ruines d un château fort a Hieracônpolis, en Abydos (cf. fig. 1), ou dans deux ou trois bourgades du Said, et nous voyons incidemment, sur des tablettes cérémonielles ou dans l'écriture hiéroglyphique, les images de plusieurs temples très anciens (cf. fig. 8). Les forteresses, ou pour mieux dire les châteaux où les barons et les rois résidaient, sont de vastes parallélogrammes en briques sèches, dont les murailles parfois se continuent lisses et sans ornements d'un angle à l'autre, parfois se partagent en panneaux où les lits alternent horizontaux ou concaves, parfois enfin se creusent verticalement de rainures prismatiques (fig. 6). La porte principale est reléguée d'ordinaire à l'extrémité de l'un des côtés longs, dans un massif de maçonnerie

- La kaçade rayée des forteresses et des tombeaux thinites.

(D'après Oarstang.)

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