EN IVOIRE
(Muxée du Caire.)
(Cliché E. Bnii,'scli.)
une tête de profil, éclairée par un œil de face, sur un buste de face qu'un ventre de trois quarts reliait à des jambes de profil, et cette formule, comme légalisée par le talent de ceux qui la maniaient, se perpétua sans modifications jusqu'à la fin (fig. 1 14). Toutefois les personnages secondaires, ouvriers, paysans, scribes, pécheurs ou chasseurs, domestiques, esclaves, que leur genre de vie obligeait à des poses variables d instant en instant, ont dès lors des allures plus libres, que l'ouvrier n'a d'ailleurs pas su toujours exprimer conformément à la nature : telle est, par exemple, celle de l'homme en marche, dont il ne s'est tiré qu'en disloquant les jambes (fig. 1 1 5) ou en tordant violemment l'épaule la plus proche du spectateur et en la rabattant à plat sur le torse (fig. 116).
Ce sont là défauts bien propres à rebuter le moderne. Si pourtant l'on prend sur soi et qu'on s oblige à vaincre les premières répul-
monde oriental les dessinateurs prestigieux de la Chine et du Japon se sont assujettis pendant longtemps à des conventions aussi enfantines. Il semble qu'une fois contractées certaines habitudes de voir et de transcrire le vu, l'œil des peuples les moins réfractaires au progrès demeure fermé pour jamais à d'autres impressions, et qu'il soit incapable désormais de concevoir des rendus moins inégaux à la réalité que ceux qui lui avaient suffi au début. L'école memphite, la mieux douée peut-être de celles qui fleurirent sur le sol égyptien, accepta pour la personne humaine la structure anormale que ses précurseurs thinites ou préhistoriques lui avaient prêtée, faute de savoir comment coucher la véritable correctement sur une surface plate : elle continua docilement à planter
Bas-ue[,iki' en ivoire (Cliché liouriant.)