‹ ÉgypteChapitre 44 sur 185 · EN BOIS FAITE DE PIÈCES RAPPORTÉES · texte numérisé non relu

EN BOIS FAITE DE PIÈCES RAPPORTÉES

(Musée du Caire ) (Cliché E. Hrugsch.)

vation. Ces vieilles gens des hypogées qui depuis des siècles s'appliquent a leur tâche, scribes ou valets, cordonniers, orfèvres, menuisiers, fabricants de pots, c'est bien ainsi qu'ils sont encore dans leurs bureaux ou dans leurs échoppes, c'est leur guise de marcher ou de s'accroupir, de préparer l'ouvrage et de manier l'outil. Et si, de la ville où le geste s'étrique et où le corps s'alourdit, on passe aux métiers de plein vent, qui nécessitent une vigueur et une souplesse sans cesse entretenues, y a-t-il marche mieux rythmée ou élan plus vif que ceux des moissonneurs qui s'avancent en ligne sciant les blés (cf. fig. 20), ou du chasseur qui court la montagne, la flèche encochée pour abattre sa proieou le lasso lancé pour la her (cf. fig. 113)? Choisissez d'aventure une rixe sur l'eau entre bateliers, celle qui est exposée au Musée du Caire (fig. 1 1 7), ou celle qu'on admire dans l'hypogée de Phtahhatpou (fig. 118). Trois

Fig. i32. — Les deux statues en bronze.

(Musée du Caire. t (Cliché E. Brugsch.)

FiG.

i33. — Blsie de la statue

DE PlOUPl I»''.

(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)

canots y sont engagés, celui du milieu contre les deux autres, et tandis que plusieurs de l'équipage échangent des horions, les autres continuent la manœuvre. L'un est planté carrément sur la jambe gauche, et, la poitrine saillante, la nuque raidie, les mains ramenées fortement derrière la tête, on sent venir le coup dont il compte assommer son adversaire ; cependant celui-ci l'a prévenu, et le genou appuyé au retour de la poupe, il lui pousse son arme droit au flanc. Au tombeau d'Ankhmahorou, ce sont des danseuses qui, bien campées sur la jambe droite, se cambrent hardiment et ruent le pied gauche plus haut que la tête (fig. 1 1 9). Tous les corps peinent, tous les muscles travaillent ; on s'arc-boute, on se renverse, on se jette en avant, on se tord autour de la gaffe avec des ouvertures de bras ou des envolées de jambe, et, parmi tant de postures violentes, il n'y en a pas une qui ne corresponde justement à l'effort déployé. Nos sculpteurs feraient autrement, ils ne feraient pas mieux, et combien y en auraitil parmi eux qui sauraient interpréter la physionomie des animaux avec autant de sincérité ? Voici, chez Ti, des canards et des oies qu'on engraisse en les gavant avec de grosses boulettes d'une substance évidemment peu savoureuse, et qui, l'épreuve subie, se promènent pour se remettre de leur émotion (fig. 1 20). L'artiste a marqué

FlG. 184. — TÈTE DE LA STATUETTE.

(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)

FiG. i35. — Le Khasakhmoui

DU Caire.

(Cliché E. Hriigsch.)

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