CHAPITRE PREMIER
LE PREMIER AGE THÉBAIN DE LA Xl'^ A LA XVI I" DYNASTIE
L'ART DU PREMIER AGE THÉBALM : L'ARCHITECTURE CIVILE, RELIGIEUSE, FUNÉRAIRE. — LA PEINTURE COMMENCE A SE SÉPARER DE LA SCULP- TURE, AU MOINS DANS LES TOMBEAUX. — LES ÉCOLES PROVINCIALES DE SCULPTURE : L'ÉCOLE THÉBAINE, L'ÉCOLE HERMOPOLITAINE, L'ÉCOLE TANITE. — LES ARTS MINEURS : L'ORFÈVRERIE.
LA faiblesse des Pharaons qui suivirent Pioupi II fut telle que beaucoup des grands seigneurs entre lesquels le territoire de la Haute-Egypte était partagé se rendirent presque indépendants : l'un d'eux, Khatouî-Achthoes, détrôna les Memphites et régna sur la vallée entière, puis, après quatre ou cinq générations, les barons thébains se révoltèrent contre ses descendants et leur disputèrent la couronne, lis l'emportèrent a la fin, et leur hégémonie dura de quinze a vingt siècles, presque sans interruption. Les premiers temps en furent un âge de féodalité, pendant lequel des tyrans locaux exercèrent, sur leurs domaines propres et sur les fiefs qui relevaient d'eux, une autorité presque aussi absolue que l'était celle de la dynastie suzeraine. Memphis, déchue de son rang de capitale, vit se ralentir et presque s'éteindre par moments l'activité de ses ateliers, mais en revanche les autres cités de l'Egypte moyenne et supérieure, Héracléopolis, Monait-Khoufouî, Hermopolis, Kousit,
FiG. 173. — L'intérieur
DU TEiMPLE DE KOM-ES-SaGHA.
(Cliché Schwei II flirt.)
Siout, Abydos, Coptos, Thèbes, Eléphantine, se mêlèrent de plus en plus heureusement à la vie artistique de la nation. Elles devinrent pour la plupart le siège d'écoles particulières, dont les unes procédaient de la thinite ou de la memphite, mais dont les autres furent la suite et l'épanouissement d'écoles provinciales demeurées jusqu'alors à l'état embryonnaire, faute de ressources.
Leurs monuments ne sont pas encore aussi nombreux, tant s'en faut, que ceux des temps antérieurs. Néanmoins, il en subsiste assez pour que nous puissions déterminer les tendances générales de chacune d'elles. Celle deThebes domina dans l'entourage des Pharaons, comme il était naturel, mais elle n'exerça qu'une influence médiocre sur ses rivales, et leur originalité ne souffrit point de sa prépondérance.
11 y a peu a dire des temples. Les Pharaons de la XVIir et de la XIX"^ Dynastie les démolirent pour la plupart, ou ils n'en conservèrent que des portions insignifiantes. Il se pourrait pourtant que la chapelle qu'on voit à Kom-es-Sagha, sur l'ancienne berge septentrionale du Birket-Kéroun (fig. 1 73-1 74), en soit un spécimen unique jusqu'à présent.
On est tenté de le croire quand on considère la coupe élégante des blocs de calcaire et le soin avec lequel ils sont assemblés, mais comme ils ne portent ni sculptures, ni inscriptions, nous n'avons pas le droit de l'affirmer.
Les débris mis au jour par Pétrie en Abydos et au Sinaî, et par notre
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FiG. 174. — Le temple de Kom-es-Sagha. (Cliché Schweinfurt.)