LES MASTABAS-PYRAMIDES THEBAINS
FiG. i8o. — Plan du tombeau
DE Mantouhatpou.
(D'après Xauille et Hall.)
SOUS la W^ Dynastie, greffant sur le mastaba l'obélisque du Soleil. Les seigneurs à demi indépendants ou les courtisans qui furent ensevelis près d'Abydos ou à Drah abou'l - Neggah (fig. 1 78) paraissent en avoir donné les premiers exemples. Ce sont des bâtisses en grosses briques crues, composées d'un mastaba sur plan carré ou rectangulaire, dont le côté le plus long dépasse rarement quinze mètres : la pyramide s'y implante comme sur un socle haut de dix ou douze mètres au plus. Parfois une chambre unique voûtée en encorbellement occupe l'intérieur à la fois du mastaba et de la pyramide, et le sarcophage ou le cercueil y est déposé : souvent aussi le caveau est pratiqué dans le mastaba, et la pyramide ne contient qu'un four de décharge (fig. 1 79). Lorsque les barons thébains eurent usurpé la royauté, ils substituèrent la pierre à la brique, et ils agrandirent les proportions de leur monument. Celui des Mantouhatpou qui réunit l'Egypte entière entre ses mains installa le sien dans le repli méridional du cirque de Déirel-Bahari(fig. 180).
On y accédait de plainpied, par une cour que deux portiques de piliers carrés bornaient vers l'ouest, et, entre les deux, par une rampe aboutissant à une terrasse en partie rapportée de pierre libre, en partie taillée dans la roche vive.
Le mastaba s'élevait au milieu, un rectangle de Fig. i8i.- Tombeau de Mantouhatpou,
quarante mètres de long, restauration par Somers Clarke. io3
FiG. 182. — Pyra.midion de Dahciioir.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.j
revêtu de dalles en calcaire sculpté, et garni sur ses côtés de portiques semblables à ceux du plan inférieur. La pyramide coiffait pour ainsi dire le mastaba, mais elle était pleine : le caveau royal se cachait sous la terre, et l'on y accédait par une galerie secrète dont la porte s'ouvre assez loin dans la plaine, en avant de l'édifice. Derrière la pyramide, dans le temple même, les chapelles funéraires des femmes du harem étaient rangées en ligne, et, derrière elles, une seconde cour a portiques, se déployant vers l'Ouest, s appuyait â la falaise (fig. 181). Est-ce une chambre dépendant de la sépulture ? Est-ce un sanctuaire mystérieux, cette cellule en granit et en albâtre d'une ordonnance merveilleuse, à laquelle on parvient après avoir parcouru le couloir de cent soixante-dix mètres dont la porte baille au fond de la cour ? 11 date en tout cas de la même époque. Les Pharaons de la XI IT Dynastie et des Dynasties suivantes qui reposent a Thebes furent enterrés dans des mastabas à pyramides jusqu'au début du Nouvel Empire ; ceux de la XI T et de la XI IT qui résidèrent dans la Moyenne- Egypte préférèrent les pyramides simples a la mode de Memphis, avec leurs ensembles de temenos dallés et de chapelles tournées vers l'Est. Les éléments extérieurs ont beaucoup souffert, mais les masses du tombeau proprement dit subsistent à Dahchour, à Licht, à Illahoun, près de Haouara. Celles d'Amenemhait T' et de Sanouasrit T' à Licht sont en calcaire ou en granit. Celles de leurs successeurs à Dahchour et au Fayoum sont en
, . I-IG. i83. — Restes du portique
briques crues avec une ^^ S.ranpouÎt l-.
pointe en granit noir (cuché Morgan.)
LES HYPOGEES PRIVÉS
FiG. 184. — Plan
DU TOMBEAL- DE SiRANPOUÎt II.
(D'après Morgan.)
(fig. 182), mais peut-être étaient-elles habillées de calcaire a l'origine. Elles différent de leurs modèles memphites par des détails d'agencement intérieur, destinés à rendre l'accès au sarcophage plus difficile encore que par le passé, et elles sont si dégradées pour la plupart qu'elles ne laissent aucune impression d'art sur le spectateur. Une seule d'entre elles témoigne de quelque effort vers l'originalité, la pyramide septentrionale en pierre, a Dahchour. A mihauteur, ses faces se brisent, et leur inclinaison passe brusquement de 54", 41 sur l'horizon à 42", 59 : c'est un mastaba à mansarde géante. Les particuliers ne s'écartèrent pas plus des modes locales que les Pharaons, mastabas du vieux type dans la nécropole memphite, mastabas à pyramides à Thèbes ou en Abydos, et ailleurs hypogées dans la montagne. L'arrangement de ceux-ci varie selon la région. A Assouàn, chez Siranpouit I'^'^ (fig. 183), il était précédé d'un portique : six piliers réservés dans le roc soutenaient les architraves et le plafond rapporté. La porte donne sur une première salle, d'oii un couloir voûté conduit à la chambre des statues qui remplace le serdab des Memphites. Le portique est absent chez Siranpouit II (fig. 184), et l'on pénètre directement dans une salle à piliers que continue un couloir à trois niches sur chaque côté : elles renferment les statues momiformes du maître. Suit une salle à piliers, et, dans le fond, une niche pour la stèle funéraire. Le caveau est sans ornement, et les puits qui y descendent affleurent au sol, tantôt dans une des salles, tantôt a l'air libre sur l'esplanade du dehors. Dans la Moyenne- Egypte, à Siout, à Berchéh, à Béni-Hassan, le plan ne diffère d'une localité à l'autre que par le détail.
Hapîzaoufi abrite son
FiG. i85.
L'hypogée de Khnou.mhatpou.
(D'après Lepsius]
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FiG. i86.
Plan de l'hypogée dAmonî, a Béni-Hassan.
(D'après Xeu'lierry.)
entrée sous un véritable porche en plein cintre, haut d'environ sept mètres ; sa première et sa seconde salle sont réunies par un couloir voûté, mais elles sont elles-mêmes sous plafond droit.
A Béni-Hassan, les deux hypogées de Khnoumhatpou et d'Amoni opposent à la vallée leur portique soutenu de deux colonnes polygonales (fig. 185). La chapelle comporte une salle hypostyle divisée en trois travées voûtées par deux rangées de deux colonnes chacune : la nef centrale aboutit à la niche où les statues siègent dans l'attente de l'offrande (fig. 186). L'hypogée n 7, qui était, pour commencer, une salle à voûte très surbaissée, avec six colonnes en trois files, fut plus tard élargi sur la droite, et l'excavation nouvelle, revenant en equerre vers l'Ouest,
y forme une ^____
aile à couverture plate avec quatre colonnes. Tous ces monuments tendent a remplacer par un toit courbe le plafond des hypogées et des mastabas memphites, et il en va de même pour la stèle.
C'est une conséquence naturelle du progrès
d. 1 . !• FiG. 187. — Intérieur peint du tombeau
es idées reli- ^u.^ ,.
D Harhatpou.
gieuses ; la stèle CMusée du Caire.) (Cliché E. Brugscli.)