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LE SOI-DISANT DORIQUE PRIMITIF

représentant non plus seulement la porte de l'appartement du mort, mais la maison entière, le tombeau, il n'était que juste qu'on lui en prêtât l'aspect. Tandis qu'à Memphis les sculpteurs demeuraient fidèles a la forme carrée, déduite du mastaba, dans la Haute- Egypte et même en Abydos, ils préférèrent la forme arrondie du sommet, qui leur rappelait les voûtes de l'hypogée. Un autre point où les architectes s'accordent, c'est le nombre et la variété des supports. A peine avons-nous recueilli dans les nécropoles memphites deux ou trois exemples de colonnes :

a Béni-Hassan et à Berchéh, il n'y a pas de tombe importante qui ne nous en fournisse plusieurs. En abattant les pans d'un pilier carré, on le métamorphosait en un prisme octogonal, puis, en recoupant les huit pans nouveaux, on obtenait un prisme a seize faces : ces fûts polygonaux, implantés dans un socle bas arrondi en disque, et terminés par un tailloir carré qui les relie à l'architrave, constituent ce que Champollion appela par à peu près un dorique

primitif. Ils paraissent pour la première fois à Beni-Hassan, à côté de colonnes à chapiteau lotiforme d'un type particulier : dans deux ou trois tombes, le bas en est demeuré brut, ou bien il a été retouche à grands coups, de manière a simuler l'attache des racines d un palmier. Est-ce hasard, ou l'artiste a-t-il voulu que le fût rappelât l'aspect d'un tronc d'arbre réel ? Cette variante ne s'est pas rencontrée hors de Béni- Hassan.

Nous sommes mieux renseignés sur la peinture et la sculpture, et ce qui nous y frappe tout d'abord, c'est qu'elles semblent relâcher les liens qui les avaient attachées l'une à l'autre aux temps primitifs : non que la statue ou le bas-relief perdent leur habit de couleur, mais après la VI' Dynastie, les peintres se sont enhardis a supprimer les dessous de sculpture qui paraissaient indispensables â leurs

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i88. — Peinture sans dessous

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