BENI-HASSAN
traînant son boucher, marche en hgne sans plus d'entrain que jadis la longue théorie des porteurs d'offrandes (fig. 192).
Le contraste est frappant lorsqu'on passe de Siout a Béni-Hassan et à Berchéh. Ces deux sites et- toute la région environnante sont en effet dans la dépendance de cette école d'Hermopolis, qui, plusieurs siècles plus tôt, témoignait d'une originalité si tranchée dans le dessin des gras et des maigres. 11 m'a semblé que ses maîtres et leurs élèves ne possédaient pas une habitude du ciseau comparable à celle des Memphites, du moins se sont-ils abstenus souvent de sculpter les scènes et se sont-ils bornés à les dessiner et a les peindre ; la pratique de la brosse et de la couleur leur laissait une liberté d'allure dont, pourtant, ils n'usèrent point à un degré égal pour tous les sujets qu ils avaient a traiter. Ils suivaient les vieux errements pour les thèmes fondamentaux, ceux qui remplissaient les carnets d'esquisses que leurs ancêtres leur avaient légués, sauf à y introduire par aventure des modifications, surtout en ce qui touche à la perspective. C'est ainsi que, chez Khnoumhatpou, un bon nombre des personnages secondaires ont une silhouette plus approchée à la réalité : placé de profil, leur buste prend parfois le raccourci convenable, ou du moins ils amènent en avant tantôt l'une tantôt l'autre des épaules, selon le geste à exprimer (fig. 193). Nous avons vu que
Fig. 197. — Scènes de luttes, a Béni-Hassan. (D'après Champollion.)