UE PARTICULIER
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
FiG. 224. — SOVKOUMSAOUF.
(Musée de Vienne.) (Cliché Bergmaiin.)
l'auteur incontestable de ces sphinx de Tanis que Mariette attribua par erreur a des Pharaons Hyksôs (fig. 216).
On comprend, à les voir, qu'il se soit senti désorienté et qu'il ne se soit pas résigné à leur attribuer une origine égj'ptienne. L'é-
nergie surabonde dans ces corps de lions nerveux, robustes, ramassés sur eux-mêmes plus que celui des sphinx ordinaires. La face est osseuse, le nez aquilin et la narine écrasée légèrement ; la lèvre inférieure avance, l'oreille d'un taureau pointe hors de la crinière de lion qui encadre le visage et qui habille les épaules et la nuque. La facture est celle des Thébains, et c'est de Thèbes, en effet, que ]e crois dérivée cette école tanite ; mais on y sent une inspiration
Fig. 225. — Statue
DE PARTICtILIER.
(ClichéE. Brugsch.)
FiG. 226. — Pectoral de Sanouasrît III. CMusée du Caire.) (Cliché E. Hruffsch.)
indisciplinée encore et presque barbare. Les populations à peine civilisées des marais orientaux du Delta imposèrent aux conceptions de leurs maîtres un caractère de brutalité qui leur est particulier. Les sphinx d'Amenemhait III nous révèlent assez clairement l'idéal qu'elles se proposaient : elles n ont rien produit qui les surpasse, mais nous possédons d'elles plusieurs œuvres assez remarquables sous la XI L dynastie d'abord, puis entre la XI T dynastie et les débuts du second empire thébain. Les statues en granit noir de Nafrît, la femme de Sanouasrît II (fig. 217), ont un charme particulier, malgré la disgracieuse coiffure hathorienne qui leur alourdit le visage. La tête colossale à provenance de Bubaste (fig. 218) et les colosses de Mirmashàou (fig. 219), qui sont aujourd'hui dans l'atrium du Musée au Caire, ont été tirés à grands plans d'un granit rebelle, et le modelé n'en est pas mené très loin : il est pourtant d'une justesse comparable à celle des bons morceaux thébains. Le visage est mutilé ; on y démêle dans ce qui reste une énergie pres-
que égale a celle qui éclate sur la face des sphinx. On souhaiterait quelques pièces de plus qui nous renseigneraient sur les destinées de cette école ; par malheur, les monuments de la XIIL et de la XIV^ dynastie sont SI clairsemés qu'il est impossible d'en déduire même les éléments d'une histoire de l'art.
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Fig. 227. —Pectoral d'Amenemhait III.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
FiG. 228. — Choix de bijoux
DE Dahchour.
(TsUi&ée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)