‹ ÉgypteChapitre 76 sur 185 · A. L ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

A. L ARCHITECTURE

Ce n'est plus sur de simples fragments que nous jugeons l'architecture : tandis qu'au-

privés. Si peu civilisés qu'on suppose les Hyksôs au début de leur domination, ils avaient apporté avec eux non seulement des éléments matériels de progrès, le cheval, le char, le carquois, la cuirasse à écailles de bronze, des armes d'un type nouveau, mais des habitudes de penser et de voir étrangères à l'Egypte d'autrefois. Certes, le levain d'originalité qu'ils introduisirent dans la pâte antique n'était pas si actif qu'il en changeât du tout la nature : il n'en eut pas moins assez d'énergie pour faire éclater les vieux moules en bien des endroits.

On saisit dès à présent dans le

FiG. 233. — Les deux obélisques DE Karnak.

(Cliché Béato.}

OBELISQUES ET PYLONES

FiG. 234. — Restes du second pylône d'Harmhabi,

A Karnak.

(Cliché Béato.)

paravant la sculpture était Fart qui nous laissait le plus de lui-même, c'est elle qui domine désormais. Beaucoup des temples qu'elle construisit sous le second empire thébain subsistent plus ou moins complets, et ils nous révèlent ses concepts, ses plans et ses méthodes d'exécution. Qu'elle fût divisée alors en écoles, il se peut, mais nous ne savons pas encore comment les définir. Presque toutes celles de ses œuvres que nous connaissons sont situées à Thèbes même ou dans des régions placées sous le contrôle artistique de Thèbes, l'Egypte du Sud et l'Ethiopie. Si quelques-unes de celles qui embellissaient alors Memphis et les cités du Delta nous étaient parvenues, nous y remarquerions sans doute des caractères qui nous permettraient de trancher la question dans un sens ou dans l'autre : jusqu'à ce jour, les débris qui en demeurent n'offrent rien de si particulier que nous ayons le droit d'affirmer, sur leur foi, qu'une école distincte de la thébaine flonssait dans le Nord.

Deux éléments nous apparaissent en plein usage, qui semblent ou bien avoir été ignorés des âges antérieurs, ou bien avoir été rarement employés par eux, le pylône avec sa paire accoutumée d'obélisques préliminaires (fig. 233) et la salle hypostyle. Le pylône (fig. 234) est une porte monumentale droite, surmontée d une corniche puissante, et qui est prise entre deux tours rectangulaires à pans inclinés. Il est la face que le temple tourne au monde extérieur, et c'est à travers son

jifiiia.

Fig. 235. — Plan

du temple principal,

A Karnak.

(Cliché Béato.)

épaisseur que le Pharaon et les fidèles passent en pompe, lorsqu'ils vont nouer des rapports officiels avec le dieu. Chaque temple n'en devait posséder qu'un, mais il arriva à Thèbes, puis sans doute aussi à Memphis et dans les villes capitales, que les rois, désireux d'agrandir la maison divine, en construisirent en avant de celui-là plusieurs autres qui furent de plus en plus larges et de plus en plus hauts : le nombre n'en étant hmité par aucune loi, il s'accroissait presque indéfiniment, sans que rien l'arrêtât, sinon l'impuissance et la pauvreté des souverains. On en compte à Kcirnak six

d'Ouest en Est (fig. 235) et quatre du Nord au Sud, qui étaient séparés

l'un de l'autre ou du corps

de l'édifice par une cour

bordée de portiques sur

trois de ses côtés, au

Nord, à l'Est et à l'Ouest.

Une salle hypostyle s'interposait d'ordinaire entre

le dernier d'entre eux et

le logis propre du dieu.

Elle consiste en une travée centrale soutenue par

deux rangées de colonnes,

et en deux bas-côtés qui ^ „ , r. .

, Fig. 237. — Les atlantes du Ramesseum,

comportent un nombre ^ Thèbes.

variable de rangées, deux iCHché Béato.) l32

Fig. 236. — La travée centrale de la salle

HYPOSTYLE AU RaMESSÉUM.

(Cliché Béato.)

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