LES SALLES HYPOSTYLES
FiG. 238. — Coupe transversale de la salle hypostïle, a Karnak.
(D'après Chipie^.)
(Hist. de l'Art, t. I, pi. V.)
et deux à Médinét-Habou, trois et trois au Ramesséum occidental, sept et sept à Karnak. Les colonnes de la travée centrale (fig. 236) sont souvent plus hautes que celles des latérales (fig. 238), et l'architecte a utilisé la différence de niveau qui en résultait entre les plafonds pour combiner ses effets d'éclairage :
il a garni la muraille verticale qui les réunissait de clairesvoies en pierre, par lesquelles la lumière se répandait (fig. 239). Les bas-côtés ne recevaient le jour que de soupiraux étroits ménagés dans la couverture : à mesure qu'on s'éloignait du centre, la clarté diminuait, et une demi-obscurité régnait
contre les parois latérales, ^ ^ ,
, , , Fig. 239. — La claire-voie de la salle
même aux heures les plus hypostyle, a Karnak.
éclatantes de l'après-midi. (CUche Béato.)
FiG. 240. — Les colonnes proto-doriques,
A Karnak.
(Cliché Béaio.)
Assez souvent, une salle unique ne paraissant pas suffire, l'architecte en plaçait deux ou même trois à la file, et alors il dédoublait le sanctuaire : celuici se composait donc d'un hypostyle à quatre colonnes pour la barque sacrée, et au delà d'une ou de plusieurs pièces où la statue du dieu recevait son culte journalier. Pour le reste, il ne semble pas
que le second empire ait ajouté beaucoup à ce que le premier avait
employé. Il usait des piliers nus eu plaqués
d'atlantes (fig. 231, 237), et des colonnes
hexagonales de l'espèce dite proto-dorique
(fig. 240), d'abord avec prodigalité, puis
plus discrètement, sans pourtant se désintéresser d'elles tout à fait : il y en a des
exemples après lui, sous Amasis a Eléphan-
tine, et au temple de Phtah thébain sous
les Ptolémées. Par contre, la colonne à
chapiteau campaniforme, qui était rare
auparavant, devint des plus fréquente, et
elle le disputa aux colonnes à chapiteau en
bouton de lotus ou en bouquet de feuilles
de palmier. La colonne hathonque resta
réservée aux édifices particuliers de la déesse
Hathor à Bubaste et a Déir-el-Baharî,
avec ses deux masques opposés par la
nuque et serrés au cou par une bande
simple vers l'endroit où ils s'implantent sur
le fût. Une fois seulement, au promenoir
de Thoutmôsis 111a Karnak (fig. 241), on essaya une variété plus
bizarre qu'ingénieuse de support, où la campane est renversée et
où la partie amincie du fût s'enfonce dans le socle, tandis que la
plus large se soude à l'evasement de la campane. Il semble que
cette combinaison, où tous les membres sont agencés à rebours,
Fig. 241. — Une des colonnes
DU PROMENOIR, A KaRNAK.
(D'après Chipie^.) (Ilist. de l'Art, t. I, p. S;-,)
FiG. 242. — Le temple de l'Est
A Éléphantine.
fD\Tpràs la restauration de (Jiipieni.)
(Ilist. de IWrt, t. I, p. 402.)