AVANT-PROPOS XV
confondant avec la religion, mes lecteurs ne devront pas s'étonner en voyant les choses saintes mêlées à chaque instant aux choses profanes. Mahomet, ou plutôt Mohammed, n'a-t-il pas fait dire à Dieu : « L'homme ne voit-il pas que nous l'avons créé d'une goutte de sperme * » ?
« Si donc », ainsi que l'a fort bien dit saint Augustin, auquel j'emprunte la fin de cet avant-propos, « quelqu'un lit ceci avec des sentiments peu chastes, qu'il accuse la corruption de l'homme, et non sa nature ; qu'il condamne l'impureté de son cœur, et non les paroles dont la nécessité nous oblige de nous servir, et que les lecteurs chastes nous pardonneront aisément, jusqu'à ce que nous ayons terrassé l'infidélité sur le terrain où elle nous qonduit. Celui qui n'est pas scandalisé d'entendre saint Paul parler de l'impudicité monstrueuse de ces fejnmes « qui changeaient l'usage qui est suivant la nature en un autre qui est contre la nature (Rom., I, 16) lira tout ceci sans scandale- »,
Et maintenant, avant d'aller plus loin, avant de soumettre à la critique les pages du fameux Livre des lois ou règles secrètes de l'amour du vieux savant arabe, je prierai les
< Koran, chap. xxxvi, — las, — verset 77. 2 La cité de Dieu, livre XIV, chap. xxiii.