DES DEVOIRS DE L HOMME ENVERS LA FEMME
ces dispositions, vous pécheriez, ô musulmans! contre votre conscience et contre les lois de la chasteté.
^ — De même, si vous voulez vendre une esclave, vous cesserez de coïter avec elle au moins un mois avant de la faire passer sous l'autorité d'un autre.
^ — Parlons maintenant de la K'ah'ba^ que nos nombreux contacts avec les juifs, les idolâtres et les chrétiens ont fini par faire pénétrer et accepter dans certaines de nos grandes villes et dans Stamboulda ^ en particulier.
La K'ah'ba est contraire aux lois de l'Islam et aux principes moraux de pudeur qui doivent nous diriger dans nos relations avec la femme. Aussi cette prostitution de la femme était-elle inconnue pendant les premiers siècles qui suivirent la prédication de Mohammed. Si donc on trouve aujourd'hui, dans une tribu de l'Afrique soumise aux Français, des filles qui vont faire commerce de leur corps dans les grandes villes, pour revenir après se marier et s'installer dans leur pays 3, il faut ne voir dans ce fait qu'un exemple déplorable de la profonde ignorance dans laquelle sont tombés plusieurs de nos frères et de nos sœurs.
Jb — Les avis sont très partagés au sujet du coït avec la K'ah'ba, qui fait ouvertement commerce de son corps.
' Putain ou prostituée.
^ Stamboul ou Constantinople.
3 Le Khôdja veut ici parler des Oulad Naîl dont la tribu est située dans les environs de Biskâra, province de Conslantine. Les filles de celte Iribu indigène, nullement arabe d'origine, livrent leur virginité à un jeune compatriote — gratis pro Deo — et vont, de ville en ville, jusqu'à Alger, Conslantine et Oran, où elles se livrent à la prostitution dans des maisons particulières, en compagnie de femmes kabiles, espagnoles, mahonaises, italiennes et maltaises. Ces filles débutent dans des maisons mauresques où ne se trouvent que des musulmans. Très peu consentent à commercer avec des juifs, quelques-unes mêmes ne se livrent aux chrétiens qu'avec une répugnance visible. Ce n'est qu'après un certain temps de pratique, alors qu'elles se sont adonnées aux liqueurs fortes, telles que l'anisette juive et d'Espagne, le rhum et l'absinttie, qu'elles arrivent
Les uns disent qu'il est permis de coïter avec elle, pourvu qu'on la paie généreusement et que cet acte soit considéré comme un acte d'hygiène et de santé, en dehors de toute perversion génésique ; les autres soutiennent que le coït pratiqué avec ces malheureuses est absolument illicite et contraire au Koran.
Jb — Mon opinion est que la vérité se trouve entre ces deux manières de voir et de juger.
c. — En principe, il n'est pas permis de coïter même avec des infidèles, car ce seul fait entretient la prostitution et la souillure qui pourraient en résulter plus tard pour nos femmes et nos filles; mais, comme nous sommes obligés de vivre au milieu d'une foule de croyances, et que les prostituées qui nous entourent appartiennent toutes à ces croyances, je pense qu'il nous est licite de cohabiter avec elles, si cette cohabitation peut nous faire éviter l'inceste et l'adultère.
Le Très-Haut est tout-puissant et miséricordieux !
à négliger ou à oublier les préceptes religieux qui leur ont été enseignés, et tombent dans les lupanars internationaux, en compagnie de femmes étrangères et chrétiennes.
Quand ces femmes des OuladNaïl sont parvenues à réaliser des économies, elles retournent dans leur pays, s'y marient, le plus souvent avec 'homme à qui elles ont donné leur virginité, et finissent leurs jours entourées d'une certaine considération, absolument fidèles à leur compagnon. Mais pour une qui arrive ainsi à son but, combien échouent dans nos hôpitaux (P. de R.).