CHAPITRE II
Sommaire : La circoncision dans l'histoire et chez les Juifs. — L'Islam et la circoncision. — Est-elle un acte religieux? — Du baptême des musulmans. — Comment on peut être bon croyant sans ôtre circoncis. — La circoncision et l'onanisme. — La circoncision au point de vue du coït, de l'hygiène et de la médecine. — La circoncision et la syphilis. — Effet moral et social de la circoncision. — Appendice : Les apôtres Pierre et Paul devant la circoncision.
! — Dieu est savant !
Il est le maître absolu, la lumière des lumières, la vie des vies, le fécondateur par excellence ; il est le commencement et la fin, le fini et l'infini !
,^ — Vous venez de voir le premier secret des lois de l'amour; voici, ô vous qui croyez île second. Ouvrez bien les oreilles de votre entendement, écoutez, et faites votre profit de ce que je vais vous dire.
Oj — Beaucoup pensent que la circoncision est un acte purement religieux, imposé par notre saint Prophète, que son nom soit à tout jamais béni ! à ceux qui suivent les lois de rislam ou de la résignation à Dieu.
vj;^ — C'est là une erreur, ainsi que je vais vous le démontrer, s'il plaît à Dieu.
La circoncision existait chez les juifs comme marque de
leur foi et signe de leur baptême, avant, bien avant la venue de Mohammed; mais les juifs n'ont pas eu l'initiative de cette opération. Avant eux, des peuples du continent asiatique la pratiquaient, sinon au point de vue religieux, du moins au point de vue hygiénique et social.
. — C'est aux Egyptiens, un des peuples les plus anciens^ que les Israélites empruntèrent cette opération, dont il& firent, par la suite, le signe indélébile de leur croyance. Elle constitua plus tard le véritable baptême national et devint ainsi l'acte religieux le plus important du judaïsme.
Quand Mohammed nous apporta la bonne nouvelle de l'Islam, la circoncision, pratiquée suivant le mode Israélite, ou suivant différentes méthodes employées par 4es tribusde toute la presqu'île arabique^, existait à l'état de coutume générale. L'histoire de la circoncision se perd dans les tempsmythiques.
Les chrétiens et les sabéens faisaient seuls exception. Quant aux disciples de Jean-Baptiste, ils étaient alors circoncis^ comme ils le sont encore, mais, chez eux, cette opération ne s'est pas transformée en baptême, ils ne la pratiquent qu'au point de vue hygiénique et comme marque de leur origine Israélite. Il en est de même des chrétiens abyssins.
— — Mohammed, béni soit son nom ! ayant constaté les bons effets hygiéniques et sociaux de la circoncision, la laissa aux croyants, mais sans en faire une obligation absolument religieuse.
< Il existe encore dans certaines tribus des environs d'Aden, mais un peu dans l'intérieur des terres, des familles entières où la circoncision est pratiquée du haut en bas du pénis, par l'enlèvement de tout l'épiderme dont l'extrémité forme le prépuce. J'ai vu à Constantinople, entre les mains d'un médecin polonais au service de l'armée turque, une pièce analomique constituée par un de ces pénis, pris par mon confrère sur le cadavre d'un homme issu d'une des tribus dont je viens de parler (P. de R.).
^ — C'est donc un tort de voir dans l'opération du prépuce un sacrifice rappelant, même de loin, ceux qui se pra-» tiquaient à La Mecque par les idolâtres.
ù — C'est également un tort, vous le savez, ô vous, les véritables croyants ! de voir dans cette ablation une cérénionic religieuse, conforme à celle des juifs.
i — La circoncision n'est ni un baptême pour nous, ni une affirmation de notre foi. C'est un acte d'obligation imi* tative, dont on peut cependant se dispenser en cas de danger ou d'empêchement naturel *.
j — Ceci dit, pour répondre plus particulièrement aux assertions mensongères des juifs, des chrétiens et des idolâtres, j'ajoute que cette opération, exécutée généralement par un barbier public, doit être vivement recommandée à tous les bons musulmans comme une pratique légale, hygiénique et même religieuse, si on juge convenable de l'appuyer de l'autorité de la loi.
j — Mais la circoncision, telle que nous la pratiquons,
* Celle affirmation du Khôdja paraîtra peut-être très osée à beaucoup <le nos lecteurs.
On va voir qu'elle est absolument conforme à l'esprit de l'Islam et à son culte : en efïet, conformément au code d'Ibrahira-Haleby, le jour de la circoncision n'est pas celui où l'on donne un nom nouveau à l'enfant, ou au néophyte, c'est-à-dire le jour où l'on pratique la cérémonie qui se rapproche le plus du baptême, tel que l'entendent les juifs et les chrétiens.
Celte cérémonie peut avoir lieu pendant les quarante jours qui suivent ia naissance de l'enfant ; mais l'usage veut qu'elle se fasse le jour même de sa naissance, après les trois premières heures canoniques qui la suivent. Point n'est besoin de l'iman de la mosquée pour la pratiquer: le père de l'enfant, ou à son défaut le tuteur naturel, a le droit de procéder à cet acte et de donner à l'enfant le nom qu'il lui plaît, mais non sans avoir au préalable pris l'avis de la mère.
Dans les villes, c'est généralement l'iman qui procède à celle cérémonie ; mais, je le répète, sa présence n'est pas indispensable et obligatoire.
Rien de plus simple, du reste, que celte formalité.
Si c'est l'iman qui l'opère, il n'a qu'à s'approcher de l'enfant et à prononcer à son oreille droite les paroles de VEzann et à celle de gauche
a des vertus singulières qui font que, si on peut être bon musulman, fidèle à la loi de l'Islam, sans être circoncis, il n'est pas moins vrai que tout croyant doit faire circoncire ses enfants, et cela pour les causes et les motifs qui suivent :
I — 1° L'enlèvement du prépuce, tout en facilitant le développement du Dkeur et en augmentant sa puissance, ou plutôt sa force, préserve l'enfant des démangeaisons produites par l'accumulation de la matière sébacée sécrétée par la muqueuse qui enveloppe la base du gland. En le préservant de ces démangeaisons irritantes, il lui enlève le désir de se frotter \q Dkeur et, par conséquence naturelle, toute idée, toute pratique et tout désir d'onanismC
r — 2° Plus tard, chez l'adulte, ou le jeune homme pour lequel se lève l'aurore des plaisirs du coït, la circoncision, en facilitant le développement et la force du Dkeur, le mettra à même de mieux profiter de ses ablutions, et de
là prière de Vlkameth*; ces deux prières prononcées, l'iman ou le père ou le tuteur, s'adressant à Tenfant même, lui dit :
« Ibrahim... (ou Ali, ou tout autre des noms indiqués par le père et acceptés parla mère) est ton nom ».
On voit qu'il y a loin de cette simple cérémonie au baptême proprement dit des juifs ou des chrétiens.
Ou peut certainement pratiquer la circoncision le jour même où l'on a donné le nom à l'enfant, mais aucun texte de loi n'en fait une obligation.
J'ajoute que la circoncision est si peu un baptême qu'elle n'est jamais imposée aux chrétiens adultes qui embrassent l'Islamisme.
On peut lire à ce sujet ce que j'ai raconlé dans la Turquie officielle relativement à l'abjuration de la religion arménienne par Chabaz effendi, un des jurisconsultes les plus érainents de l'empire Ottoman (Voir Turquie officielle, chap. x, pages 249 et suivantes).
* VEzann est une des prières instituées par le Prophète, c'est à proprement parler rannoncc des heures canoniques. En voici les paroles : « Dieu très liaul ! Dieu très haut ! Dieu très liant 1 Dieu très haut ! J'atteste qu'il n'y a point de Dieu sinon Dieu; j'atteste que Mohammed est le prophète de Dieu; j'atteste que Mohammed est le prophète de Dieu. Venez à la prière ; venez à la prière ; venez au temple du salut. Grand Dieu ! Grand Dieu ! il n'y a point de Dieu sinon Dieu ! »
Vlkamelh n'est qu'une simple répétition de VE:ann, à laquelle on ajoute, après les paroles : « Venez au temple du salut », « Certes, tout est préparé pour la prière ».
pratiquer la copulation avec moins de danger pour sa santé et plus de plaisir pour la femme, dont les premiers organes seront frappés par un Dkeur tout à la fois ferme, doux et de forme parfaite.
r — 3° Enfin, si le jeune homme pratique le coït dans un réceptacle malsain, il sera moins exposé que les incirconcis ; et, s'il devient malade, son affection sera plus facile à soigner, car elle ne pourra se compliquer ni ào^ phimosis^ ni de parapfiimosis.
^ — Mais ce ne sont pas là les seuls avantages de la circoncision : il en est d'autres qui, pour être plus moraux que physiques, n'en doivent pas moins être pris en sérieuses considérations, ainsi qu'on va le voir.
1^ — Chacun sait qu'en religion comme en politique, il suffit d'une marque suggestive pour rappeler, par son symbolisme, les bases des principes adoptés par tous les membres appartenant à la même tribu, à la même famille, au même dogme religieux, à la même espérance, à la même foi et aux mêmes coutumes.
j^ — Si ce signe est imprimé sur notre chair, son symbole s'incarnera dans notre cerveau avec une telle puissance qu'il deviendra pouvoir agissant pendant toute la durée de notre existence, et sera transmis aux œuvres que nous créerons avec une puissance d'autant plus grande que ces œuvres seront issues de notre sang et de notre volonté.
(ji9 — Or, par l'organe sur lequel s'opère la circoncision, organe en sympathie directe avec le cerveau, celui-ci sera fortement imprégné des stigmates moraux représentés par ce signe indélébile, et ces stigmates influenceront à tel point la cerveau humain qu'il ressemblera à un véritable microcosme dont les fonctions, plus ou moins diversifiées, obéiront à l'ensemble des forces psychiques et idéales, symbolisées par l'opération de la circoncision.
L — Sous la sug^gestion de cette opération, tous les individus se fondront en une seule race, possédant les mêmes caractères généraux, intellectuels et physiques.
J» — Il est probable qu'avec le temps ces caractères disparaîtraient pour se fondre ou, tout au moins, s'estomper au contact des qualités et des défauts des autres peuples. Mais, comme la circoncision se renouvelle sur les enfants des circoncis, il en résulte que tout ce qu'elle renferme d'ordre moral* et sociologique se perpétue de père en fils, en conservant la même puissance d'unification et de suggestion.
c. — Ainsi considérée, la circoncision est un acte aussi social que politique ! •
ç. — C'est un signe qui réunit ceux qui en sont marqués dans l'espérance d'une même foi et des mêmes principes.
V 9 — Par lui, et avec lui, les générations se succèdent en
conservant les mêmes idées, les mêmes lois et les mêmes qualités, bonnes ou mauvaises.
^ — C'est cette loi d'atavisme qui, seule, peut expliquer et explique, en effet, la perpétuité du caractère juif à travers les dispersions et les nombreuses persécutions qu'ont subies les enfants d'Israël depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.
vj/" — Alors que tout a changé autour d'eux, ils sont restés au fond ce qu'ils étaient dans le principe.
Socialement et politiquement, ils n'ont rien oublié et rien appris, et se sont toujours élevés, avec le même esprit révolutionnaire, contre tous les pouvoirs établis.
J — En fait, ils ne sont d'aucune nationalité.
Ils n'obéissent à personne, ils ne connaissent qu'une chose, c'est qu'ils sont circoncis et Israélites.
^ — Ils ne sont ni Syriens, ni Ottomans, ni Algériens, ni Allemands, ni Anglais, ni Portugais, ni Russes, ni Espagnols, ni Français , ils sont les circoncis de Jéhova !
Et ils sont les circoncis de Jéhova parce que la circoncision est, pour eux, un signe tout à la fois religieux et politique. . — Religieux, parce qu'il représente leur baptême et l'ensemble de leur foi ; politique, parce qu'il est l'expression de leur aspiration révolutionnaire à la domination matérielle du monde.
» — Tout autre est pour nous, enfants de l'Islam, la circoncision dans son influence morale et suggestive : n'étant point un baptême, ni le symbole absolu de notre foi, elle ne peut s'opposer ni aux progrès de notre race, ni au développement de l'Islam à travers les peuples et les nations.
^ — Toute sa vertu se résume dans ses propriétés hygiéniques et dans la puissance virile qu'elle contribue à nous donner en nous sauvegardant de l'onanisme quand nous sommes enfants, et des immoralités ithyphalliques quand nous sommes adultes.
^ — Certes, il existe bien en elle une suggestion islamique qui forme comme un lien entre nous tous ; mais cette suggestion, n'étant plus du même ordre que celle des juifs, n'influence que très peu la diversité des caractères et des types physiologiques qui se rencontrent dans les divers peuples ayant embrassé l'Islamisme.
C'est également ce qui se rencontre chez les chrétiens abyssins et coptes qui, comme les disciples de Jean-Baptiste et les sabéens, ont conservé la circoncision sans y attacher le principe religieux qu'ils ont transporté à leur baptême, véritable et seul symbole de leur foi en Jésus, fils de Marie.
Faites donc circoncire vos enfants pour toutes les raisons que je viens de vous donner, mais n'imposez pas cette opération au nouveau membre de l'Islam !
Telle est, ô vous qui croyez ! la seconde clé occulte des lots secrètes de l'amour et de tengendrement des individus^ des espèces, des types et des races l
APPENDICE