LES APOTRES PIERRE ET PAUL DEVANT LA CIRCONCISION
Nos lecteurs n'auront pas de peine à saisir l'importance des révélations du Khôdja sur la nature réelle de la circoncision au point de vue musulman.
Ce que notre auteur dit de la circoncision chez les branches chrétiennes qui se rapprochent plus du rameau hébreu que du rameau grec, est d'autant plus remarquable qu'il s'en est fallu de très peu que cette opération ne devienne le véritable baptême de toute la chrétienté.
Que fallait-il en effet pour cela ? Que le christianisme primitif, représenté par l'Eglise de Jérusalem, ayant à sa tête un des disciples directs de Jésus, l'apôtre Pierre, fût triomphant du christianisme prêché par Paul et ses adeptes.
Paul ou le paulinisme vaincu par l'Eglise de Jérusalem, qui continuait à prêcher la fidélité à l'institution nationale, c'est-à-dire le baptême par la circoncision, cette pratique devenait presque universelle, et les chrétiens, les juifs et les musulmans se retrouvaient avec la même marque symbolique !
Le triomphe de Paul, prêchant particulièrement le christianisme chez les Gentils et les Grecs, produisit, avec l'établissement de sa doctrine, le rejet de la circoncision charnelle qu'il avait su mettre bien au-dessous de la foi dans ses
DE LA CIRCONCISION iH
lettres aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates et aux Thessaliens.
Mais, tout en repoussant la circoncision et en la remplaçant par le baptême, tel que l'avaient entendu Paul et les mystiques de son époque, l'Eglise occidentale et grecque conserva, sous le nom de Circo7icision de Notre-Seiynem\ la fête qui, dans le principe, n'était que VOctave de la Nativité.
En se séparant dès son début en deux rameaux, le rameau grec, ou paulinisme, et le rameau hébreu, ou christianisme de Pierre et de l'Eglise de Jérusalem, la nouvelle religion se divisa également en deux actes de foi ou deux baptêmes : l'un, celui de Paul, se rattachant plus particulièrement à la pratique de Jean-Baptiste et des esséniens, le baptême spirituel par l'eau; l'autre, celui de Pierre, s'inféodant plus énergiquement à son origine nationale el juive, le baptême matériel et sanguin par l'ablation du prépuce.
Si, malgré tout l'effort de propagation fait en sa faveur par l'église de Jérusalem, la circoncision s'est trouvée refoulée dans ses limites naturelles, c'est que l'instinct des autres races, encore plus que le paulinisme probablement, s'est refusé à l'accepter et à s'y soumettre.
S'il n'en avait pas été ainsi, la circoncision, comme bapême des chrétiens, aurait envahi l'Europe et s'étendrait aujourd'hui sur tout le nouveau monde.