‹ El Ktab des lois secrètes de l'amourChapitre 60 sur 85 · SECRETS POUR SE FAIRE AIMER · texte numérisé non relu

SECRETS POUR SE FAIRE AIMER

Aimer et ne pas l'être est un véritable supplice.

C'est un feu dévorant, un feu de l'enfer, que les larmes •du désespoir ou la douce et tiède rosée de l'amour peuvent «eules adoucir et calmer.

L'amour sans retour, sans espérances, est un ciel sans étoiles; un homme, sans regards, errant dans la nuit de la vie, comme l'aveugle erre au milieu des fleurs, des êtres et de leurs couleurs.

C'est aussi le prisonnier qui, dans son noir cachot, privé ■de lumière, — la lumière, cette vie de la nature ! , — rêve, •éveillé, de la liberté, de ses amours, de son vaste désert aux oasis espacées et de son coursier hennissant.

Sans réciprocité, l'amour est encore comme un cerveau de poète vide de pensées ; un savant, sans œuvres; un corps dont la vie est absente; une âme égarée à la recherche de son tt^aù d'union, de son enveloppe fluidique et terrestre.

C'est encore pire que tout cela, car c'est l'horrible situation d'un vaillant qui, se trouvant brusquement désarmé devant ses ennemis, ne peut chèrement vendre sa vie, le sabre en main.

C'est à calmer, à guérir tant de douleurs et de fièvre désor- ^anisatrice, que je vais m'appliquer ici, ô hommes I

On peut se faire aimer par les soins, les égards, les tendres et discrets empressements dont on entoure l'être, la femme aimée, au visage enchanteur, entrevue à la dérobée.

On peut aussi se faire aimer par ses propres qualités physiques et morales, par la noblesse et l'éclat des regards, la distinction, la souplesse et l'élégante visibilité des mouvements du corps.

Mais, comme l'amour est fait de caprices, d'imprévus, de choses mystiques et mystérieuses ; qu'il est volage et incertain comme la pensée même; qu'il fuit, quand on le poursuit ; attaque quand on l'évite ; qu'il se manifeste on ne sait souvent pourquoi, et se refuse sans plus de motifs ; qu'il nous gouverne et nous maîtrise avec plus de puissance que le meilleur des cavaliers ne peut en développer quand il veut maîtriser son fougueux coursier ; que, d'autre part, l'amour est une force psychique, mise en nous par le Créateur, ayant ses propres lois, sa puissance et sa volonté, ainsi que chacun de nos organes dont la vie fonctionne sans la participation de notre propre volonté ; il faut bien reconnaître que, tous les moyens indiqués ci-dessus pour le faire naître, le développer ou l'entretenir, sont, la plupart du temps, dérisoires et impuissants.

Une femme, en effet, adore souvent qui la dédaigne, la méprise, et môme la bat.

D'autres fois, une femme spirituelle, douce, distinguée, aimante et caressante, se sent prise d'un amour irrésistible pour un homme commun, grossier, sans esprit, d'une basse ■et commune naissance, sans rien, en un mot, qui puisse expliquer ou faire absoudre cet amour irrésistible et profond.

La même chose peut se rencontrer, avec de nombreuses variantes, de l'homme à la femme, sans que ces anomalies puissent s'expliquer autrement que par cette sorte d'indépendance, qui est comme la caractéristique de ce sentiment universel que nous appelons V amour.

Mais tout ceci est du domaine vulgaire de la vie, et je dois vous entretenir des secrets et des choses mystérieuses de l'amour.

Ouvrons donc la porte qui conduit dans le sanctuaire de la science lumineuse et sacrée.

Tout ce qui paraît mystérieux dans les manifestations de l'amour s'explique facilement, ô hommes ! quand on sait qu'il existe deux amours ; que ces deux amours sont le plus souvent confondus par les observateurs superficiels, et tous ceux qui n'ont pas l'habitude de l'analyse des choses et des manifestations multiformes de la vie.

L'amour est donc double : il est double, car il émane des deux natures qui constituent notre W02 organique et spirituel.

Celui qui dérive de l'agent vital qui entretient les rouages de notre corps, est encore plus une sensation qu'un sentiment. Mi-physique par sa nature, il est à l'ensemble de notre moi ce que sont tous les besoins de nos sens et des organes qui en sont l'expression. Il se manifeste à l'aide des mêmes lois que celles qui président au fonctionnement de chacun de nos organes, c'est-à-dire que nous éprouvons le besoin d'aimer et de coïter, comme nous éprouvons le besoin de prendre de la nourriture, de nous réchauffer, de marcher, de nous reposer, d'évacuer les déchets de notre alimentation et de dormir.

Mais, pour que ce besoin d'aimer se manifeste dans toute sa puissance organique, il faut que cette puissance soit stimulée et attirée par une force analogue, résidant dans un organisme autre que le nôtre, et présentant des caractères physiologiques opposés, mais répondant par une sorte d'harmonie à nos besoins tentationnels.

C'est alors l'attraction de deux organismes sans la participation de la volonté, et même contre elle, c'est-à-dire l'amour sensuel par sympathie réciproque et attraction similaire.

C'est l'amour de l'animal et du végétal.

L'amour inconscient, l'amour des sens en érection, obéissant à des lois purement physiologiques et physiques, c'esîà-dire la manifestation de ce besoin de fonctions que le Créateur met en nous pour assurer, par la fécondation, la perpétuité des racés, des espèces et des variétés. Pour faire naître, développer et fortifier ce sentiment, ou plutôt ce besoin dont l'influence absolue s'empare tôt ou tard de la créature, la science et l'observation nous ont indiqué des moyens et des procédés dont l'efficacité est à peu près certaine.

Dans les cas difficiles, ces procédés sont à peu près certains, ainsi que je viens de le dire, mais dans les cas ordinaires ils sont d'une puissance absolue.

Ces procédés s'adressent aux sens, à l'organisme et à la vitalité, mais ils ne peuvent presque rien sur l'âme ou le moi de l'être.

Le premier des procédés que je vais vous indiquer s'applique aux MYSTÈRES DU SANG.

Le second s'adresse à l'imagination, cette grande puissance créatrice de tant de merveilleux phénomènes, dont le cerveau est la place forte et les nerfs les nombreux messagers.

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