LA CONJURATION PAR LE SANG
Le sang est, comme le sperme, mais à un degré moindre, un liquide composé d'une foultUude de petits mondes, de formes ovales et rondes, très influençables par la lumière ou principe vital, et possédant, comme l'aimant et l'ambre, des propriétés attractives et répulsives. C'est lui qui donne aux nerfs une partie de leur puissance et leur pondérabilité. Mais, s'il leur donne cette force organique et fluidique, il reçoit d'eux les impressions qui proviennent du cerveau et de l'imagination, cette véritable sultane capricieuse de notre être.
C'est cette force, encore plus fluidique qu'organique, force intelligente comme toutes les autres, qui a fait dire intuitivement aux peuples :
« Le sang parle. Le sang a parlé ».
Étant donc un élément vital et intelligent, le sang est apte à percevoir les influences extérieures et les effluves d'une volonté puissante ou tout au moins sympathique.
Quand il a été influencé par cette volonté, il agit sur tous les organes du corps et, par l'intermédiaire des nerfs, leur «uggère des désirs ou des besoins divers.
Le désir de coïter avec la personne qui a su agir sur le sang «st une de ces suggestions.
Pour l'obtenir, voici comment il faut opérer.
Quand un homme a su attirer l'attention et les regards d'une femme dont il veut être aimé, mais qui résiste à son désir, il doit envoyer toute sa volonté dans l'expression de ses yeux, et, tout en fixant ceux de la femme, se faire sur le bras gauche des entailles suffisantes pour faire couler le sang. Si la voix peut être entendue de la femme aimée, il prononcera ces paroles pendant que le sang jaillira :
« Il n'y a de Dieu que Dieu ! Et aussi sûr qu'il en est ainsi, tout mon sang s'écoulera avant que s'éteigne mon ardeur de te posséder ».
Cette marque de volonté amoureuse donnée à la femme, même à travers l'espace d'une rue ou d'une pla'3, influencera tellement son imagination que cette dernière deviendra un avocat habile et plaidera sans cesse la cause de l'amoureux 1 .
Or, quand l'imagination d'une femme est fortement surexcitée, elle produit dans ses organes une telle irritation que ces derniers finissent presque toujours par devenir les maîtres du logis et lui font faire ce qu'ils veulent. Et, comme parmi ces organes l'utérus est le plus impressionnable et celui qui possède le plus de pouvoir sur le cerveau, il en résulte que c'est lui qui précipite la chute de la femme dans les bras de l'homme.
Si une première conjuration du sang par le sang ne donne pas le résultat voulu, on la recommencera une seconde et même une troisième fois, en ayant soin de tenir l'attention de la femme éveillée en rôdant autour de sa demeure et, si on le peut, en lui envoyant des fleurs rouges sur lesquelles on aura soufflé trois fois de suite, avec la volonté de déposer dans leur calice tous les désirs dont on est allumé.
< Ce procédé est très connu des Arabes. Je l'ai vu mettre en pratique plusieurs fois en Algérie (P. de R.).
Le procédé pour s'adresser à l'imagination de la femme consiste à l'influencer par le regard, à la fasciner et à lui commander, mentalement ou par la parole, de vous aimer et d'être à vous.
S'il est impossible de la voir de près et de lui toucher le front avec l'index ei^ lui parlant, on pourra lui suggestionner l'amour en faisant caracoler son cheval sous ses fenêtres, en se livrant, sous ses yeux, à une fantaaia ardente, ou en venant se poster à des heures régulières sous sa fenêtre, que l'on fixera avec tenapité.
Le chant et la musique sont également un puissant moyen de conjuration intellectuelle ; mais, ce qu'il faut, avant tout et toujours, c'est frapper vivement l'imagination de la femme dont on veut être ain^é ^
Faire vibrer son cerveau sous une hantise incessante bonne ou mauvaise de votre volonté, tout est là!
< Ceci se pratique encore dans toutes les provinces de l'Espagne où les amoureux se livrent à des sérénades nocturnes sous les fenêtres de leurs belles (P. de R.)-
DE LA FASCIiNATION ET DE LA SUGGESTION
\ — Certes, il est d'autres moyens que la conjurcjion du sang par le sang pour se faire aimer ; mais ces moyens, basés encore sur les propriétés du sang, étant indiqués dans ma Médecine occulte^ je n'y reviendrai pas.