‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 12 sur 186 · Pans., X, 3, 1 et · texte numérisé non relu

Pans., X, 3, 1 et

3. Demosth., TUpl itapaitpîffôeiaç, p. 361. — Æsch., in Ctesiph., 113. — Plut., Demosth., XVIII, 2. Ce fut en 343 ou eu 344, car en 346 les Athéniens n’envoyèrent pas de représentant à l’assemblée amphictyonique.

LA VILLE D’ÉLATÉE.

des Amphictyons, évacua la plaine du Géphise, et Pausanias nous apprend que quelque temps avant la bataille de Chéronée, grâce à la protection des Athéniens et des Thébains, les Phocidiens étaient rentrés dans leurs villes; quelques-unes seulement ne purent être reconstruites à cause de leur peu d’importance d’autrefois ou de la détresse présente des habitants i.

Élatée sans doute fut une des premières relevée et repeuplée ; mais sa situation la destinait à redevenir bientôt la proie de Philippe, qui voyait en elle la clef de la Grèce centrale et par conséquent de l’Attique et d’Athènes. La prise de notre ville, dans les derniers mois de 339 2, est le fait le plus connu de son histoire, et le plus digne de l’être. Si l’on en croit Démosthène, le roi de Macédoine caressait dès l’année 344 le projet de s’emparer d’Élatée, et de la fortifier3; du moins, par de savantes manœuvres, des mouvements de troupes clandestins, des progrès lents et d’apparence inoffensive, avait-il peu à peu enserré la Phocide dans un cercle de camps et de places fortes; les points dont il n’était pas maître, comme la ville locrienne de Nicæa, étaient aux mains de ses alliés thessaliens ; il occupait luimême les Thermopyles, et au moment où ses agents obtenaient son intervention dans la seconde guerre sacrée sous le vain prétexte de châtier Amphissa, il était prêt. Des Thermopyles l’armée macédonienne pouvait gagner Amphissa en faisant route parla Doride d’abord, puis à travers le Corax et le Parnasse; le roi dirigea ostensiblement des troupes par cette voie; mais tout à coup, sans que rien fît pressentir ses projets ni sa marche, il s’engagea dans les défilés du Callidromos et du Cnérnis, surprit Élatée, l’occupa, la fortifia, et s’établit dans un camp retranché au dessous de la ville 4. Désormais il était maître de la Grèce. « De là, dit Curtius, il dominait la plaine du Géphise, dont la plus grande largeur s’étendait entre Élatée et Tithora, située en face au pied du Parnasse. Sa retraite était couverte, ses communications avec la Thessalie et la Macédoine assurées : il avait de plus à sa disposition toutes les ressources d’une vallée fertile, les meilleurs pâturages pour sa cavalerie, et un terrain favorable aux mouvements de ses troupes. D’un côté, en effet, il avait en remontant la vallée du Céphise une communication

ï. Paus., X, 3, 3. — Cf. Curtius, Hist. Grecque (trad. franç.f, V, p. 403.

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