‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 177 sur 186 · Itinera latina, I · texte numérisé non relu

Itinera latina, I

5. Glossarium mediæ et infirme latinitatis, v° Accubitus o : triclinium inquo ad mensam adcumbitur.

6. M. E. Le Blant, à qui nous devons l’indication du texte d’ Antonin, l’interprète également dans le sens que nous avons adopté.

LA PIERRE DE GANA

En rapprochant du marbre d’Élatée le texte d’Antonin, une conjecture se présente tout d’abord : ce lit sur lequel le Christ se coucha au repas des noces, et qu’au vie siècle encore on montrait à Cana, ne serait-il point identique à cette fameuse pierre de Cana, si intimement liée au souvenir du miracle? Les dimensions de la pierre ne contredisent point une telle hypothèse; la manière dont les faces latérales ont été polies indique évidemment que le marbre était placé originairement, comme un banc ou un lit, dans l’angle de deux murs: il suffisait, pour justifier pleinement l’hypothèse, de retrouver sur le marbre d’Élatée le proscynème d’Antonin de Plaisance.

J’ai soigneusement examiné la pierre d’Élatée; et, sur la face supérieure, près de l’endroit où devaient reposer la tête et le haut du corps de la personne couchée, j’ai découvert une inscription tracée à la pointe. Elle se trouve au point d de notre figure, à 0m, 1 2 du sommet de l’angle ABC et immédiatement au-dessous de l’arête CB. Les caractères, hauts de 5 millimètres et gravés peu profondément, se distinguent nettement à l’aide d’une loupe : par leur forme, ils ne sont point postérieurs au vie siècle. L’inscription, dont la première partie a été enlevée par un éclat de la pierre, présente un arrangement assez singulier : elle est disposée en colonnes parallèles, séparées par d’assez larges intervalles. La fin, qui seule subsiste, est ainsi conçue :

Il est aisé de restituer, au moins approximativement, le texte complet de l’inscription :

(-{- (Mvvjcôvjrt, K ûpis, zoO Tvazpiç) xcti zvjç pjTpoç [/.ou ’AvTom'vov -|-

A moins d’admettre une étrange coïncidence de nom et d’époque, on ne saurait voir dans l’Antonin du graffito un autre qu’Antoninde Plaisance l * *, c’est dire toute l’importance du marbre d’Élatée. Grâce au détail insignifiant mentionné par le pèlerin du vi° siècle, la fameuse pierre de Cana, comme dit l’inscription, a désormais une origine certaine et une histoire assurée. Elle vient bien de Palestine : dés le vie siècle à Cana on la montrait aux pèlerins, comme le lit sur lequel le Seigneur s’étendit au repas des noces. On comprend dès lors aussi la forme de l’inscription qui désigne cette pierre : c’est sur ce lit que le Christ était couché quand il fit le

1. On s’étonnera peut-être de voir un Occidental écrire en langue grecque

son proscynème; mais il faut considérer qu’il était en Orient, et qu’au vi8

siècle la langue grecque était d’un usage fort commun.

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