‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 26 sur 186 · Dodwell, op. et loc. laud · texte numérisé non relu

Dodwell, op. et loc. laud

32 LA MLLE d’ÉLATÉE.

dément enfoncée dans le sol qui est ornée de l’acrotère habituel, et porte l’inscription :

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C’est certainement l’inscription déjà publiée par Mélétios et Hobbhouse, mais la copie de Stéphani est aussi mauvaise que ses restitutions i. Dans le livre de Stéphani nous trouvons pour la première fois le nom de Drakhmani donné au village que les voyageurs précédents appelaient Dragoman, Dhragomano ou Tragomano ; ces trois dernières formes ne sont plus usitées, et la forme Drakhmani (Apa^pxvtov) est officiellement adoptée aujourd’hui 2. Stéphani, on le voit, ne parle plus de Leuta ou Éleuta; c’est que, sans doute vers l’époque à laquelle nous sommes parvenus, les habitants l’ont abandonnée pour se joindre aux Drakhmaniotes 3. Il est facile de s’expliquer pourquoi.

Éleuta, bien située, il est vrai, sur le bord d’un torrent propre à faire tourner quelques roues de moulins (la construction la moins ruinée est encore un moulin), mais presque perdue dans les premiers replis du Cnémis, se trouvait en dehors de toutes les routes; Drakhmani au contraire, établi au centre de la plaine sur le passage des courriers qui se rendent en Thessalie en venant de Thèbes, de Livadie ou de Delphes, devait assez rapidement absorber le hameau voisin.

Peut-être même s’est-il accru aux dépens d’un autre village, très ancien celui-là, qui se trouve plus au Nord, que les Grecs appelaient Turco-Chorio, et les Turcs Esed, et qu’ont traversé, nous l’avons vu, tant de voyageurs après Spon et Wheler. Ce gros bourg, le plus important autrefois de toute la plaine, est de nos jours, sans doute depuis l’émigration des Turcs, en complète décadence; il n’y a plus là que quelques familles grecques, dont la fortune, l’intelligence et la civilisation le cèdent de beaucoup à celles des habitants de Drakhmani.

1. Stéphani, Reise durch einiqe Geqenden der nordlichen Griechenland (Leipzig, 1843), p. 61.

2. Buclion (La Grèce continentale et la Morée. Voyage, séjour et études his-~ toriques, en 1840 et 1841. Paris, 1843, p. 306) appelle le village Drakhmana.

3. Bursian, Géographie, I, p. 163. « Die Stadt stand an der Stelle des jetzt verlassenen Dôrpfchens AeOta. »

LES RUINES D'ÉLATÉE d’aPRÈS LES VOYAGEURS.

Notons enfin que Ross, dans ses voyages, est passé par Turcho-chorio, qu'il connaît l’emplacement d’Élatée, mais ne semble pas avoir visité les ruines. « Le chemin, djt-il, (il venait de Lamia) nous conduisit par des défilés de montagnes et de forêts malaisés mais pittoresques à Turcho-chori, qui se trouve au centre de la plaine de Phocide, entre Élatée et Tithorrée, au pied du Parnasse, non loin du Céphise *. » Ross ne fait mention ni de Drakhmani, ni d’Éleuta; ce dernier village est pourtant inscrit sur sa carte, et ainsi orthographié Eleptha.

L’emplacement d’Élatée est désormais connu avec la plus rigoureuse précision; toutes les cartes l’indiquent avec exactitude, mais nous devons une mention spéciale à la grande carte de Grèce dressée en 1832 par l’État-Major français. Cependant les voyageurs, de plus en plus nombreux, qui ont parcouru cette région, ont négligé de décrire des ruines dont l’aspect, il est vrai, rendait bien incertain l’espoir d’études ou de recherches fructueuses.

L’épigraphie même d’Élatée reste d’une pauvreté misérable. Le Bas, il le dit expressément, a traversé la Phocide, sans doute en 1843 1 2; l’itinéraire indiqué sur la carte annexée à son voyage archéologique laisse Élatée à droite; cependant il a recopié les trois inscriptions publiées par Mélétios et quelques-uns de ceux qui sont venus après lui; il a même donné pour la première fois la disposition exacte de l’épitaphe de Romæos 3. Pour trouver un nouveau texte, il faut arriver à l’année 1881 ; encore cette inscription, une épitaphe en deux distiques, n’a-t-elle aucun intérêt. Elle a été copiée par M. M. Baudoin à Drakhmani, où elle sert de marche d’escalier dans une maison 4.

En 1882 notre regretté camarade J. Bilco fit un assez long séjour à Drakhmani avant d’entreprendre le voyage de Thessalie qui lui fut fatal. Dans ses papiers n’ont été retrouvées que deux inscriptions provenant de cette partie de la Phocide; l’une avait été copiée dans les ruines, où nous l’avons retrouvée;

1. L. Ross, Reisen des Kônigs Otho und der Konigin Amalia in Griechenland, Halle, 1848, t. II, p. 140 (date : 12-19 octobre 1844).

2. Le Bas, Voyage archéologique, Itinéraire, Avant-Propos, p. 1.

3. Le Bas, Voyage archéol., Inscriptions, t. II, p. 111, nos 819, 820, 821 (sans commentaire). — Notons ici que dans le Corpus Inscriptionum Græcarum, au tome Ier (paru en 1828), Bœckh a reproduit seulement les trois inscriptions de Mélétios, d’après le géographe lui-même (nos 1731, 1735, 1742).

4. M. Baudoin, Bull, de Corresp. hellén., 1881, p. 430. — Cf. Bechtel, Die lokrisclien undphokischen Inschriften, n° 1533. — Append. I, n° 41.

LA VILLE d’ÉLATÉE.

c’est un fragment de testament1. L’autre avait été apportée à Drakhmani du village voisin de Sfaca; c’est un règlement religieux relatif à l’entrée et au séjour des étrangers dans un sanctuaire des Dioscures2.

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