‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 47 sur 186 · Aristopli., Lys · texte numérisé non relu

Aristopli., Lys

l’idée de tête à celle de sommet montagneux, et, surtout lorsqu’il s’agit de la Grèce, de l’idée d’élévation à celle d’aridité. On comprend de plus que le mot Kpavy.oi en soit venu à désigner les Athéniens; ce sont les descendants du roi Kp.ocvxoç, personnification des hauteurs rocheuses et desséchées de l’Attique l.

Cela dit, devrons -nous prétendre que le nom xi KpSLvai signifie : la montagne, la montagne aride, ou bien : les cornouillers, la montagne des cornouillers ? Nous ne le croyons pas, attendu que le pluriel serait dans le premier cas assez difficile à expliquer, et que dans le second il faudrait admettre une forme à part et locale du mot qui désigne l’arbuste. Nous sommes plutôt d’avis que êv Kpàvxiç n’est que la forme dorienne de êv Kpnvoaç, et que le mot xpfjVY] est ici employé avec son sens ordinaire de source. Nous avons dit que tout autour du pic où s’élevait le temple les replis de montagnes cachent de frais torrents, et que tout près du sommet, à l’endroit où a été signalée plusieurs fois une vasque de pierre au milieu d’une petite construction en ruines, s’échappe du roc une eau vive et claire. Cette source bienfaisante, où venaient sans aucun doute s’approvisionner les prêtres et les servants du temple, a bien pu suffire à donner son nom à la montagne. D’ailleurs les noms géographiques où le mot xp7)VY) entre comme racine ne sont pas rares. Un lieu voisin d’Argos Amphilochicon, en Acarnanie, s’appelait Kpnvou ; Philippes, en Macédoine était à l’origine nommée KpYivîSsç ; Kpvjviàsç fut aussi une ville de Bithynie. Enfin on sait que les tragiques ont plusieurs fois parlé de la « Porte des Sources » (Kpvivxïai xuXou, Kpavaia wjXï]), à Thèbes ; Pausanias n’a pas manqué de la signaler (IX, 8, S) 2.

Il ne faut donc pas rapprocher le surnom de Cranaia du surnom d’Acria, par exemple, qu’Athéna reçut à Argos 3, ou de celui de Coryphasia, qu’on lui donnait à Pylos4; mais il n’en reste pas moins probable que si les Élatéens ont choisi « les Sources » pour y construire le temple, c’est que le lieu était fait

1. Cf. pour le sens de Kpavoda Bull, de Corresp. hellén., 1887, p. 319, où nous avons exprimé les mêmes idées.

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