Bull, de Corresp. hellén., 1885, p
2. Noua ajouterons à la longue liste dressée par MM. Pottier et Reinach :
1° Trois disques bombés qui sont importants à cause des inscriptions
qu’ils portent, et qui ont fait partie de la collection de M. Rayet (Catalogue de la collection d’antiquités de M. Olivier Rayet — 3 mars 1886. — (Jette brochure est sans doute postérieure à l’impression de La Nécropole de Myrina) : N° 37. Disque de terre cuite ; graffito BIBIAC ; (diamètre 0,07).
N" 38. Disque de terre cuite; les lettres en relief B A (diamètre 0,07).
N” 39. Disque de terre cuite ; une roue à neuf rayons, en creux (diamètre 0,07).
2° Dans la collection Prosalinda, à Corfou (Dodwell, A class. and topog. tour through Greece, t. I, p. 34). « The following inscriptions on cônes of terra-cotta are also from tbe Prosalinda collection
OPOI AOPOAEI A!02
OYAAKOI TH MHA02I0Y
These cônes are about tbree inches and ahalf high; the perforation at the top sbews that tbey were atached to something. »
Deux de ces cônes ont servi à marquer les limites d’un territoire sacré; le troisième était peut-être un simple ex-voto à Aphrodite, et mérite ainsi d’être rapproché de ceux d’Élatée.
3° Un certain nombre de disques trouvés à Tarente et édités par M. Arthur J. Evans (Journal of hellenic studies, 1886, p. 41 et 42).
LE TEMPLE d’aTHÉNA CRANAIA.
ils laissent la solution en suspens, ou tout au plus pensent que la solution, devant être cherchée dans les croyances de l’ancien Orient, reste en dehors de leur compétence.
Au temple d’Athéna Granaia plus que partout ailleurs le caractère votif de ces menus objets est nettement marqué, puisqu’une pyramide porte le grafflto ©eSwpiç ’AOâva (Catalogue, Pyramides et cônes, n° 2) et un disque bombé les lettres AK, en monogramme, qui sont certainement les lettres initiales de la dédicace ’AOàva Kpavàa. Il nous semble dès lors que la réponse à toutes les questions posées par nos prédécesseurs est bien simple. Nous avons essayé démontrer comment une infinie variété de choses, par exemple les instruments de toilette féminine, épingles, broches, spatules et boîtes à fard ont pris un sens religieux par la seule intention des dévots qui les consacraient à la divinité ; pourquoi n’en serait-il pas exactement de même des cônes, pyramides ou disques en terre cuite ? Il suffit qu’un tisserand ou un pêcheur ait déposé dans un temple, en ex-voto, un des instruments de son travail, pour que l’habitude d’agir de même se soit répandue, pour que les coroplastes, par la suite, aient tenu dans leurs boutiques des objets de la même nature à la disposition des dévots. De plus, le grand nombre de ces objets que l’on trouve dans les tombeaux ou dans les temples s’explique par leur manque absolu de valeur; ils devaient être à si vil prix que les plus pauvres pouvaient se les procurer.
Il est donc inutile, à notre avis, de chercher bien loin une explication qui est à notre portée, et, pour notre part, nous renoncerions même très volontiers, en ce qui concerne les cônes, les pyramides et les disques trouvés dans les tombes, à y voir des objets symboliques, ou des objets de substitution b
Si ces idées, à qui leur simplicité même peut donner quelque valeur, méritaient d’être prises en considération, les fouilles du temple d’Athéna Granaia n’auraient pas été sans résultat.
D’ailleurs, pris en lui-même, et si l’on étudie la provenance et le style des ex-voto, surtout des terres-cuites, ce modeste trésor a son intérêt.
En rédigeant le catalogue, nous avons eu soin d’indiquer toutes les fois qu’il nous a été possible, la couleur de la terre et les détails particuliers de la fabrication. On peut voir, d’après ces
1. Voy. pour ce que nous disons des objets de substitution, des disques, cônes et pyramides, du mobilier religieux en général, Bull, de Corresp. hellén., 1887, p. 414 et s.
LES EX-YOTO.
renseignements sommaires, que les ex-voto du temple d’Athéna Cranaia avaient les origines les plus diverses. Un grand nombre d’ateliers diffère ntk'Sbnt représentés par dds spécimens plus ou moins nombreux.
Le genre qu’on est convenu d’appeler tanagréen est le plus souvent sinon le mieux représenté; l’œil le moins habile reconnaît à l’instant, parmi toutes les autres, ces figurines d’une facture, d’un style, et cl’une terre à part, et d’ailleurs nous avons recueilli un certain nombre de ces plaquettes sur lesquelles les coroplastes de Tanagra fixaient, en guise de socles, leurs statuettes.
Si l’on en juge par la grande quantité de tètes et de fragments de corps qui ont été retrouvés, il devait y avoir dans le temple un véritable musée de figurines tanagréennes, surtout des jeunes filles et des femmes drapées dans les attitudes les plus gracieuses -et les plus variées, modèles qu’avaient particulièrement aimés les ouvriers béotiens. On sait du reste quelle était la diffusion des types imaginés par les modeleurs de Tanagra ; on a retrouvé dans toute la Grèce et jusqu’en Asie Mineure, à Myrina surtout, l’importation des moules tanagréens h Élatée est à si peu de distance de Tanagra qu’on peut admettre que les figurines tanagréennes trouvées au temple d’Athéna Cranaia proviennent des fabriques mêmes de cette ville.
On a tout dit sur le charme piquant et l’élégance spirituelle de ces coquettes « petites Tanagres »; les fragments d’Elatée n’ajoutent rien à leur juste renommée. Alors que nos Musées sont riches de tant de figurines intactes, parées encore de leurs tendres couleurs, et choisies parmi les plus jolies et les plus précieuses, nous n’espérons pas que l’attention s’arrête longtemps sur notre collection de débris 1 2. Cependant, pour ne parler qu,e des têtes dont les planches IX et X reproduisent les plus curieux modèles, quelques-unes méritent qu’on les signale. Ce sont d’abord les têtes d’enfants rieurs, aux cheveux bouclés, pleins de grâce ingénue (PL IX, 14), puis, et surtout, les tètes de femmes voilées. Si telle ou telle (PI. IX, 12, 13; X, 13), rappelle simplement par la délicatesse aimable de son visage, la jeunesse et la douceur de son sourire, aussi par la précision