Pottier et Reinach, La Nécropole de Myrina, p
2. Cependant, dans la belle édition illustrée de l 'Histoire des Grecs de Y. Duruy (t. III, p. 216) quelques-unes des têtes dont nous parlons ici out été reproduites.
et le fini du modelé, les plus beaux exemplaires qu’il nous ait été donné de voir au Louvre ou à Athènes, telle autre (PL IX, il), aux mêmes qualités d’exécution joint des mérites plus personnels. Ce n’est plus une jolie fille coquette qui s’embéguine de son voile pour une promenade, c’est une dame respectable déjà ; son visage sérieux et serein, encadré dans les plis simples et sans recherche d’un voile épais seyant à sa beauté grave, révèle l’épouse et la mère ; c’est là, malgré sa petitesse, une œuvre de grand style. Toutes les autres n'ont pas cette beauté, — le mot ne nous semble pas trop fort — toutes ou presque toutes ont quelque mérite original ou délicat. Le coroplaste tantôt s’applique sinon à modifier ou à renouveler un type devenu banal (PL XI, îs, 16 ; IX, 6, 7), du moins à lui donner par d’habiles retouches un peu de vie et de grâce personnelle ; tantôt sa fantaisie s’égaie à créer de nouveaux personnages. C’est surtout à coiffer ses petits modèles qu’il s’amuse librement, et l’humble artisan devient artiste; les rubans, les bandelettes s’enroulent, se croisent, se nouent dans les chevelures; les ondulations, les torsades et les tresses, les bandeaux et les chignons se parent de diadèmes et de couronnes de fleurs ; les bonnéts coquets se campent galamment sur les nuques, et les résilles aux formes rares emprisonnent les chignons. Parfois aussi le caprice s’aiguise de malice; le coroplaste sourit de son modèle, la poupée devient caricature; deux cornes en tire-bouchon qui se dressent sur l’occiput témoignent que partout et toujours la mode a ses erreurs et ses extravagances (Pl. X, 12).
Pourtant, et malgré ces rares mérites, ce n’est pas des ateliers de Tanagra que sont sortis les ex-voto les plus remarquables, croyons-nous, du temple d’Athéna. Ceux-là sont de fabrique sinon phocidienne, du moins locrienne; on les reconnaît à la couleur rouge de la terre qui est fine et d’un grain serré, un peu savonneuse, à certains détails techniques, comme l’a*bsence de retouches au sortir du moule, surtout au choix des sujets et au style.
M. Paul Girard a publié des observations très précises et très intéressantes sur les nécropoles de la Locride Opuntienne, Livanatais et Hagios-Théologos1 ; il conclut à l’existence, dans cette région, d’un centre de fabrication et d’ateliers dont il définit fort justement le caractère. Nous ne connaissons Livanatais et