‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 87 sur 186 · Paus., X · texte numérisé non relu

Paus., X

4. Yoy. supra, p. 104, et Tmhoof Blumer and P. Gardner, Numism. Comment. on Paus. ( Journal of liellen. Studies, 1887), p. 19 et s. ; pl. LXXIY.

LE TEMPLE ü’aTHÉNA CRANAIA.

non seulement des habitants d’Élatée, mais de tous les Phocidiens, et que dans les ruines du sanctuaire se soient retrouvés en grand nombre les monuments qui témoignent du respect et de la confiance que leur inspirait la déesse, en particulier les inscriptions. On comprend aussi que ces inscriptions puissent se classer en trois groupes distincts, présentant, à des titres divers, un égal intérêt. Les unes, en effet, se rapportent à la déesse même, et au culte dont elle était l’objet; d’autres à l’histoire et à la vie publique des Élatéens, d’autres enfin à l’histoire de la Phocide tout entière. Le temple d’Athéna Cranaia, non seulement, comme il est naturel, contenait des textes purement religieux, tels que des dédicaces d’ex-voto et des actes relatifs à l’administration des prêtres, mais encore il servait dans plus d’un cas d’archives publiques où les Élatéens et la Confédération phocidienne déposaient des copies de décrets et de traités.

Le premier de ces groupes n’est pas très riche ; il ne serait pas non plus très important si l’on ne devait y comprendre le fragment de dédicace qui porte la signature de Polyclès, fils de Timarchidès, et l’offrande à Athéna d’une statue de bronze, œuvre de Xénocratès, fils d’Ergophilos. Nous n’avons guère à signaler, en dehors de ces deux documents et de la plaque votive de Mnasiboulos, fils du vainqueur des Costoboces, dont nous avons déjà montré l’intérêt, que la base de la statue du prêtre Onésiphoros, consacrée par ses parents Thraséas et Prima ( Ap pend. I, n. 50). Ces deux noms latins, l’orthographe même de la dédicace, où les formes doriennes se mêlent aux formes de la langue commune, le type enfin de la gravure des lettres, confirment ce qu’un fragment d’inscription monumentale relative à la réparation des portiques avait déjà montré, que le culte d’Athéna Cranaia persista longtemps encore à l’époque de la domination romaine.

L’inscription, par malheur, ne nous dit rien sur le caractère ni les fonctions de ce prêtre, et nous en sommes encore réduits sur ce point aux renseignements de Pausanias : « On choisit le prêtre d’Athéna Cranaia, nous dit-il, parmi les enfants impubères, et l’on prend bien soin qu’il abdique ses fonctions avant la puberté1. » Cette institution n’est pas exceptionnelle en Grèce. A Tégée, le culte d’Athéna était aussi célébré par un prêtre enfant, qui sortait de charge dès qu’il avait atteint l’âge de

Paus., X, 34, 8 : Tbv 8b kpéa èx iratBtov aîpoüvxai xow àvrjêow, upôvoiav 7coioup.Evot 7cpbxspov xijç îepoa-jv/iç è^xeiv ot t bv -/pôvov uplv r|r(ër|<7at.

LES INSCRIPTIONS

puberté à Ægion, en Achaïe, où l’on rendait un culte à Zeus et à Héraclès enfants, on choisissait pour prêtre le plus beau des garçons de la cité ; une fois pubère, il lafcsait la prêtrise à un autre2. Les prêtresses de Poséidon à Calaurie3, d’Artémis à Patras 4 et à Ægire en Achaïe5, étaient des jeunes filles, et sortaient de charge dès qu’elles étaient nubiles. Dans d’autres sanctuaires, comme celui d’Artémis Hymnia à Orchomène d’Arcadie 6, et par suite d’idées et de sentiments analogues, les prêtres et les prêtresses devaient, pour ainsi dire, faire vœu de chasteté. C’était aussi le cas, en Phocide même, pour le prêtre d’Héraclès Misogyne 7. Le choix du prêtre d’Athéna Cranaia parmi les enfants impubères n’a donc rien de surprenant.

A propos de ce même temple arcadien d’Artémis Hymnia, Pausanias nous rapporte un détail plus singulier. Le culte était desservi par un prêtre et une prêtresse qui non seulement devaient rester chastes, mais vivre suivant des mœurs tout à fait spéciales. En particulier, leurs bains ne ressemblaient pas à ceux du commun des mortels 8. Il y avait un règlement analogue au temple d’Athéna Cranaia, si l’on en croit Pausanias. Après avoir dit que le prêtre est un enfant, il ajoute que la prêtrise dure cinq années, et que pendant cette période le prêtre vit auprès de la déesse, « ayant pour baignoires les àcàpuv Goi, suivant la mode antique 9 ».

Le mot âaâ'jAvHoq se trouve plusieurs fois dans Homère, toujours avec le sens de baignoire. Polybos, dans l’Odyssée, a donné deux àuijuvGoi d’argent à Ménélas :

"Oç MsvsXàw Sûîce Su ocpyopsa.ç à'rapuvOouç 10.

Dans un autre passage (Od., IV, 48) ll, le poète joint à ce mot

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