‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 95 sur 186 · Tac., Ann., III · texte numérisé non relu

Tac., Ann., III

LES INSCRIPTIONS

tion d’archontes choisis dans les différentes villes, que le xoivov était déjà reconstitué ; des villes anéanties, même des plus petites comme Érochos, étaient déjà relevées, et leurs citoyens prenaient part à la vie publique. Mais il est très probable que l’amende fut intégralement payée par les Phocidiens, car le reçu le plus récent est certainement du second siècle, puisqu’il y est question des bouleutes qui étaient, avec l’archonte éponyme, les magistrats des Delphiens durant cette période.

Ce fait, qu’il n’est pas sans importance ni sans intérêt d’établir, la variété même des formules usitées dans les sept actes parvenus jusqu’à nous suffirait au besoin à le mettre en évidence. Sans doute les éléments de ces reçus sont toujours les mêmes : invocation au dieu; indication de la somme versée — 30 talents, parce que le versement avait lieu en deux annuités, l’un à l’assemblée amphictyonique du printemps, l’autre à l’assemblée d’automne ; — noms des magistrats des deux parties, celle qui paie et celle qui reçoit, servant à fixer la date ; témoins des deux parties en présence desquels s’est opéré le versement. Mais ces éléments ne sont pas toujours disposés dans le même ordre ; la somme n’est pas désignée ni chiffrée de la même manière ; les magistrats delphiens sont ici des prytanes, ici des bouleutes ; le versement se fait tantôt directement par les magistrats phocidiens entre les mains des magistrats de Delphes, ou par le trésorier de la Confédération, tantôt par l’entremise d’un banquier.

Enfin, l’aspect seul des textes épigraphiques est une confirmation nouvelle, car les caractères prennent une forme de plus en plus régulière, nette, et belle, et deux même des reçus sont gravés suivant le mode cvoiypriSov.

Nous aurons tout dit, lorsque nous aurons montré que ces reçus éclairent certains points mal connus de la constitution de Delphes, et qu’en même temps, rapprochés des autres documents d’Élatée ou de Phocide, ils nous permettent d’ajouter plus d’un renseignement précis au seul que nous avions jusqu’à présent sur l’administration du xoivov phocidien.

« A Delphes, au 11e siècle, disions-nous dans le Bulletin de Correspondance hellénique l, les magistrats sont 1° un archonte éponyme, 2° trois [iouXeoTaî semestriels, dont l’un estypa^^arsuç. Mais le ypaf/.(/.aTeôç, ou greffier, était en charge toute l’année, de

Page 1