C. I. Gr
LES INSCRIPTIONS
sans que l’on s’astreignît à choisir chacun d’eux dans une ville différente. D’ailleurs, il est impossible de les assimiler aux Phocarques — il n’y aurait eu qu’un simple changement d’appellation — puisque le collège des Phocarques ne comptait que quatre membres.
Mais l’autre reçu (n° 58) ne voit figurer qu’un seul archonte, Thrasyboulos, fils d’Aischrion, d’Élatée. On peut faire à ce sujet trois hypothèses :
1° Si l’acte 58 est plus ancien que l’acte 59, il y a eu, dans l’intervalle de temps qui les sépare une modification de régime ; l’archontat paraissant trop lourd pour un seul, ou bien donnant à un seul trop de pouvoir, on lui adjoignit trois collègues.
2° Si l’acte 59 est plus ancien que l’acte 58, on a modifié le régime dans l’intervalle, mais dans un sens diamétralement opposé à celui de l’hypothèse précédente.
3° L’acte 58 étant plus résumé que l’acte 59 — négligeons le problème d’antériorité — on n’a nommé dans le reçu que celui des quatre archontes dont les attributions comprenaient les questions de finances. Mais cette supposition nous plaît moins, car dans un autre reçu (n° 60) qui très probablement est contemporain des deux premiers, le versement est fait par un fonctionnaire financier du xoivèv dont la mention est jusqu’ici unique, le rx^îa; roi; (Po)x.eüoi h
1. On trouvera à la fin du volume ( Appencl . Y), un tableau de toutes les formes dialectales qui, dans les inscriptions d’Élatée et du temple d’Athéna Cranaia, sont de nature à intéresser les grammairiens.
CONCLUSION
Élatée ne fut jamais que la seconde ville de la Phocide, bien modeste, obscure presque à côté de Delphes, la ville sainte, au nomretentissant, aux annales fameuses. Cette cité, que les textes anciens, que quelques documents épigraphiques nous montrent comme une sorte de capitale, ne semble pas avoir dirigé la politique des cités unies avec elle par les liens de la race ou des intérêts communs; son histoire, que nous avons essayé de reconstruire, se confond le plus souvent avec l’histoire des autres villes confédérées de Phocide.
Et pourtant son nom ne se perd pas dans l’oubli, comme les noms de tant de cités voisines ; il n’est pas besoin pour le faire vivre des investigations des archéologues. C’est qu’un jour une effrayante nouvelle partie d’Élatée souleva dans toute la Grèce, à Athènes surtout, une rumeur dont l’écho n’est pas encore affaibli : Philippe de Macédoine l’avait brusquement attaquée et prise. Ce jour-là, — un jour des derniers mois de 339 — fut vraiment un jour de deuil pour les cœurs vaillants où vibrait encore l’amour de l’indépendance hellénique ; Démosthènes a trouvé dans les terribles craintes que soulevait en lui ce coup de théâtre un des plus beaux élans de son éloquence; car Philippe maître d’Élatée, c’était Philippe à Thèbes, c’était Philippe aux portes d’Athènes, c’était l’asservissement fatal de la Grèce.
Cet événement fameux nous a révélé l’importance d’Élatée : la vallée du Céphise est le passage naturel des invasions du Nord dans la Grèce centrale ; Élatée est la clef de la Phocide, car elle commande, avec les Thermopyles, les passages venant de Thés-
CONCLUSION
salie. De là, pour elle, peu de gloire et beaucoup de malheurs. Elle lutte aux temps anciens contre les brigandages de ses voisins du Nord, de ses pires ennemis, les Thessaliens ; elle est brûlée par les Mèdes; elle est rasée à la suite de la Guerre Sacrée; à peine relevée de ses ruines, elle est prise par Philippe, et désormais son histoire n’est qu’une succession confuse de sièges et d’assauts; le siège le plus célèbre est celui que lui imposa Taxile, lieutenant de Mithridate, l’assaut le plus terrible, celui de Flamininus.
Cette situation dangereuse à la tête des défilés du Callidromos et du Cnémis, qui explique les faits les plus saillants de l’histoire d’Élatée, explique aussi sa destruction complète et l’état misérable de ses ruines, que nous avons explorées avec soin, où nous avons fait ensuite quelques fouilles sommaires. Pausanias, qui vit la cité debout encore avec ses temples, ses statues, son agora, son théâtre, et les voyageurs modernes, ceux du moins qui ne s’étant pas mépris sur l’emplacement de la ville antique ont cherché comme nous au milieu des décombres amoncelés entre Leuta et Drakhmani les vestiges du passé, nous ont servi de guides. Nous avons contrôlé, souvent complété, quelquefois corrigé leurs récits et leurs descriptions ; nous croyons avoir résolu, autant qu’il était possible, les questions topographiques qui se posaient, et par quelques sondages — nos ressources nous obligeaient d’ailleurs à nous restreindre — avoir acquis la certitude que des fouilles plus complètes n’obtiendraient que des résultats sans proportion avec les dépenses nécessaires.
Nos recherches dans les ruines, ou, pour mieux dire, sur l’emplacement d’Élatée n’étaient pour nous que secondaires, et comme une suite des fouilles que nous avions entreprises au temple voisin d’Athéna Granaia. Nous n’avons à regretter ni le temps ni l’argent de cette campagne accessoire; car si nous avons, à vrai dire, constaté d’abord notre impuissance à retrouver le plan de la ville ou de ses monuments, à recueillir des œuvres d’art — nous négligeons quelques terres-cuites dont une pourtant n’est pas vulgaire, — nous avons pu du moins former un Corpus d’inscriptions élatéennes dont plusieurs ont suffi à nous payer de nos peines.
Tout ce qui nous rappelle la vie politique ou sociale des peuples antiques, ou la vie privée des citoyens, tout texte épigraphique, soit-il le plus humble et le plus banal, épitaphe d’un homme inconnu ou dédicace d’un pauvre dévot, est digne de
CONCLUSION
notre attention et mérite d’être pieusement recueilli; tel fragment informe qui nous semble aujourd’hui méprisable, excitera demain nos réflexions; inutile à neuf archéologues, il intéressera peut-être les travaux d’un dixième ; et dans ce sens, quand l’origine des documents est certaine, quand ils sont lus avec soin et transcrits avec prudence, les plus modestes collections sont précieuses. Mais il y a, comme il est juste, des degrés dans la valeur des inscriptions ; quelques textes privilégiés ont par euxmêmes, par la nature des questions auxquelles ils se rapportent, une importance exceptionnelle ; il en est de ceux-là, parmi les Élatéens.
Un épisode fameux, mais jusqu’à présent douteux et d’apparence légendaire, des luttes entre la Phocide et la Thessalie est confirmé par les détails d’une dédicace à Poséidon ; deux institutions, dont l’une, la proxénie, est dans son principe commune à toute la Grèce, mais varie dans ses applications suivant les pays ou suivant les villes, dont l’autre, l’affranchissement des esclaves garanti par les dieux, est particulière à la Grèce du Nord, peuvent être étudiées dans une série de décrets dont Élatée n’avait pas encore donné de modèles *, et ces décrets, par surcroît, dont quelques-uns émanent de x,otvov phocidien, et peuvent être datés avec une certaine rigueur, nous fournissent les» premiers éléments d’une histoire des variations de ce y. otvôv.
Enfin, tandis que quelques lignes précieuses et jusqu’à présent perdues de l’Édit de Dioclétien, le chapitre de l’or, donnent vraiment la clef de ce document de premier ordre, puisqu’elles permettent de calculer avec une entière précision la valeur de l’unité monétaire usitée dans le tarif, la pierre de Gana, témoin du premier miracle du Christ, cette relique mystérieuse dont la découverte inattendue dans les ruines informes d’une petite église byzantine, au pied du Parnasse, si loin de Galilée, prolonge jusqu’au temps des Croisades la vie d’Élatée^ et joint par un lien singulier la ville païenne à la ville du Moyen-Age, la pierre de Cana éveille les plus curieux problèmes.
Non plus que la ville d’Élatée, le temple d’Athéna Granaia, connu par la description de Pausanias, retrouvé dès les premières années de notre siècle par le voyageur anglais Dodwell, n’a pas trompé les espérances que nous avions conçues lors d’une première et rapide visite.
1. Il faut faire exception pour les actes d’affranchissements découverts par Curtius ( Append . I, nos 16-18).
CONCLUSION
Le pacte qui engageait les Phocidiens et les Béotiens à prêter à leurs biens un mutuel asile en cas de guerre, dont M. Lolling avait retrouvé la copie dans l’enceinte du sanctuaire, nous avait fait soupçonner qu’on avait déposé là plus d’un acte et plus d’un décret important sous la garde de la déesse. De fait, nous avons recueilli nombre d’inscriptions qui ont enrichi de la façon la plus heureuse la collection des textes élatéens.
Au premier rang vient la série de sept reçus constatant le paiement à Delphes, par les Phocidiens, de l’amende annuelle de soixante talents que leur avait infligée le conseil amphictyonique à la suite de la Guerre Sacrée. Ces reçus, nous avons essayé de le montrer, ont plus qu’une valeur d’érudition et de curiosité ; ce sont des pièces désormais historiques, qu’on sera forcé de citer, comme des preuves à l’appui du témoignage des annalistes anciens, aussi souvent qu’on évoquera le souvenir de cette guerre fameuse où se prépara l’assujétissement de la Grèce à la puissance de la Macédoine. Mais de plus cette constitution ou aoivôv phocidien, dont les décrets de proxénie trouvés à Élatée nous avaient appris quelques détails, les reçus du temple d’Athéna Cranaia nous en révèlent les variations successives depuis la fin du ive siècle, et pour peu que les recherches et les fouilles des archéologues dans la région du Parnasse aient à l’avenir quelque succès, on peut espérer que les lacunes que nous avons signalées nous-mêmes seront peu à peu comblées, que les dates restées douteuses seront fixées avec certitude ; nous revendiquons seulement le mérite d’avoir ouvert la voie, et planté des jalons.
Le décret de la Confédération en faveur des Téniens, et la reconnaissance du droit d’asile au temple de Poséidon et d’Amphitrite nous ont montré la courtoisie diplomatique des Phocidiens envers les peuples amis, et la bienveillance de leur hospitalité ; le procès-verbal de l’affranchissement de l’esclave Stéphanos nous a renseignés sur la constitution encore ignorée d’Élatée, le jeu de ses assemblées et le rôle de ses magistrats ; joint à un autre affranchissement de même nature, mais de rédaction différente, il nous a appris qu’en dehors des règles généralement en vigueur, telles que les textes trouvés à Élatée nous les avaient fait connaître, il pouvait y avoir une procédure d’exception dont nulle part encore il ne s’était rencontré d’exemple.
L’épigraphie n’a pas seule profité de nos fouilles au temple
CONCLUSION
d’Athéna Granaia. Plus heureux sur cette cime montagneuse protégée par son isolement et la raideur abrupte de ses approches, nous avons retrouvé l’emplacement du sanctuaire, et, sur l’emplacement, des débris encore debout de constructions. Nous avons pu, sous les chênes verts et la terre amoncelée depuis des siècles, mettre à nu le roc industrieusement aplani et prolongé par une terrasse solide pour recevoir les fondations ; nous avons reconnu et restitué le plan de l’édifice, et nous sommes rendu compte comment l’architecte a vaincu les difficultés que lui imposaient la nature et la configuration du sol. Bien plus, grâce aux débris d’architecture recueillis çà et là dans l’enceinte sacrée, grâce aux chapiteaux, et aux bases de colonnes encore en place, nous nous sommes essayé à restituer l’élévation du monument et, quel que soit le succès de cette entreprise, nous avons pu du moins montrer, avec l’originale conception de cet édifice, où l’architecte a su marier avec goût, comme dans plusieurs temples d'Olympie ou de Sicile, la terre-cuite polychrome à la pierre poreuse, la pureté des proportions et l’élégance de la décoration extérieure.
Les Élatéens, qui n’ont donné jusqu’à présent aucun nom de sculpteur ni de peintre à l’histoire des beaux-arts helléniques, nous sont apparus du moins comme des gens de goût, qui faisaient volontiers appel au talent des artistes en renom. Deux maîtres attiques, dont quelques œuvres étaient célèbres, les fils de Polyclès, vinrent sculpter l’image d’Athéna. Granaia. L’œuvre a été brisée en mille éclats, mais nous en avons retrouvé quelques fragments, bien reconnaissables à certains détails caractéristiques, qui nous ont permis, avec toute prudence, d’imaginer et d’apprécier le style de cette statue colossale, sculptée à l’imitation de la Promachos de Phidias. A côté de cette œuvre principale se trouvait une autre statue qu’avait signée un artiste de la même famille, et le fragment de cette signature nous a mis à même d’établir d’une façon définitive, sans doute, l’arbre généalogique de ce qu’on peut appeler la dynastie des Polyclès.
Mais ce qui, plus encore que ces renseignements précieux pour l’histoire de la sculpture grecque, au même degré que les inscriptions, fait l’intérêt de nos fouilles, et peut-être du livre que nous leur consacrons, c’est, croyons-nous, la découverte, au pied du mur de soutènement du temple et sur toute la surface du téménos, d’un riche trésor d’ex-voto de terre cuite ou de métal. Vases, figurines d’argile ou de bronze, cônes, disques et
CONCLUSION
pyramides, fibules, objets de toilette, ustensiles de toute sorte, qui se sont rencontrés par milliers, ont subi par malheur les outrages du temps et des barbares; ils ont été mutilés et broyés comme avec acharnement. Pourtant plus d’un débris est précieux encore. Les images archaïques d’Athéna, les têtes, non plus seulement mélancoliques, mais désolées de la déesse, ont arrêté notre attention d’archéologue ; mille têtes au moins, gracieuses, coquettes ou sévères, de jeunes filles, d’enfants, de femmes voilées, nous ont rappelé les plus jolies des petites Tanagres ; des masques estampés, profils graves et purs de Déesses-Mères, ont excité notre admiration, et par la certitude presque complète de leur provenance, nous ont donné l’occasion de rendre ce qui leur est dû aux coroplastes locriens : nombre de Baubos obscènes et grotesques, où s’égayait l’imagination libertine des modeleurs, et que la dévotion naïve du peuple offrait à la déesse comme dons propitiatoires, nous ont fait songer aux modèles importés avec les superstitions de l’Orient.
Et quand, négligeant ces études de détail, nous avons considéré l’ensemble de cette collection unique dans son genre par la certitude de son origine, le grand nombre et surtout la variété des objets qui la composent, nous avons tiré de cet examen des arguments nouveaux et de force singulière à l’appui d’une théorie générale, qui, nous le pensons, prendra chaque jour plus d’autorité, sur le sens des figurines de terre cuite. Gomme M. Pottier dans un livre récent *, par la comparaison des figurines
1. Nous faisons ici allusion à la thèse latine de M. Pottier : Quam ob causant, etc., car le chapitre de notre livre relatif aux ex-voto, écrit pendant l’hiver de 1890, était imprimé au mois de décembre, lorsque nous avons reçu le nouveau volume de M. Pottier : Les Statuettes de terre cuite dans l'Antiquité (Paris, Hachette, 1890). Nous regrettons vivement de n’avoir pu profiter de cette étude précieuse, où notre ami s’est montré une fois de plus savant à l’érudition profonde, aux vues aussi claires que sagaces, artiste do goût, écrivain de talent. Nous voulons du moins, ne fût-ce que dans une note, dire que nous avons été heureux de nous trouver absolument d’accord avec lui sur la question du sens des terres-cuites, et nous ne résistons pas au plaisir de citer la page où il formule sa théorie, qui est aussi la nôtre : « L’industrie céramique n’a pas pour objet unique les rites » d’ensevelissement. Elle a quatre débouchés, d’une importance à peu près » égale : les jouets d’enfants, l’ornementation des chapelles privées dans » l’intérieur des maisons, les offrandes apportées aux dieux dans leurs » temples, les dons faits aux morts. Chacune de ces catégories donne nais- » sance à un groupe spécial de terres cuites : tel genre de statuettes a un » rôle bien marqué de jouets, un autre s’associe de préférence au culte des » dieux pénates, un troisième est fabriqué à l’usage particulier des pèlerins
CONCLUSION
trouvées dans les tombeaux et des terres-cuites trouvées dans les temples, ces dernières trop peu remarquées encore à notre gré, nous sommes arrivé à cette opinion que 4es terres-cuites, sauf de rares exceptions toujours explicables, n’ont en ellesmêmes aucun sens ni funéraire ni religieux ; elles sont, en principe, indifférentes ; l’intention seule de celui qui les achète pour les consacrer à une divinité ou les enfermer dans le tombeau d’un parent leur donne l’une ou l’autre valeur; elles ne sont votives ou funéraires que par destination. Il en est d’elles comme de ces innombrables bibelots que nous avons trouvés mélangés avec elles, de même qu’on les trouve dans quelques nécropoles; l’assimilation doit être complète entre les figurines, les fibules, les boîtes à fard et les coquilles ; funéraires, elles n’ont pas à priori plus de rapport avec le culte des morts que le mobilier funéraire-, votives, plus de rapport avec le culte des dieux, Athéna Cranaia ou tout autre, que le mobilier religieux.
Nous sommes allé plus loin, nous avons tiré de ce principe des conséquences rigoureuses. Nous avons refusé de trouver dans un certain nombre d’objets ce que des archéologues sont convenus d’appeler l'idée de la substitution, et nous avons renoncé à chercher dans les cônes, les pyramides et les disques de terre cuite récoltés en si grand nombre dans les tombeaux et dans les temples autre chose que ce que nous avions trouvé dans
» qui se rendent dans les sanctuaires, un quatrième s’adresse exclusive - » ment à la clientèle des nécropoles. Mais, en dehors de ces produits dont » l’attribution est déterminée, les modeleurs en fabriquent un bien plus » grand nombre qui, n’ayant aucun caractère précis, sont à même de satis- » faire à tous les besoins du public. C’est un domaine commun où chacun » puise à son gré, une catégorie neutre, de plus en plus pourvue de sujets » familiers à partir du iv° siècle ; l’art s’y exerce en pleine liberté, sans » autre guide que sa propre inspiration ou les leçons de la statuaire con- )> temporaine. Les types qui en font partie représentent la vie humaine » sous tous ses aspects. Ils n’ont aucune destination spéciale dans l’esprit » de celui qui les façonne. C’est l’acheteur qui leur donnera une signiüca- » tion précise, eu les plaçant dans une maison, dans un temple, dans un » tombeau. Ces images seront un cadeau d’amitié, une idole protectrice du » foyer, un ex-voto pieux, une offrande funéraire, suivant l’intention du » donateur » (p. 278).
La lecture du chapitre d’où sont extraites les lignes précédentes, nous autorise aussi à constater que nos ex-voto élatéens ont vraiment l’importance que nous avions cru pouvoir leur attribuer. M. Pottier a bien voulu le reconnaître (p. 286) et faire à quelques-unes des têtes tanagréennes que nous avons publiées l’honneur de les reproduire (fig. 91).
CONCLUSION
les figurines et les bibelots de toute espèce, des objets d’origine et d’usages divers à qui chacun donnait à son gré une valeur pieuse, d’offrande religieuse ou funéraire.
Ainsi, notre livre effleure bien des sciences, géographie, histoire, architecture, épigraphie, plastique ; c’est son défaut, c’est peut-être aussi son mérite. Dans cette variété, dans cette multiplicité d’études juxtaposées nous n’avons pas tenté d’introduire une unité factice. L’unité, l’harmonie, s’il en faut une, nous voudrions qu’on la trouvât dans l’idée même qui a inspiré nos recherches et nous a décidé à en publier les résultats ; c’est que tout ce que nous avons écrit se rapporte à Élatée, à son histoire politique et sociale, à sa constitution, à ses lois, sa religion, ses monuments et ses arts. Ce n’était pas une cité puissante, ni dont le rôle ait jamais été bruyant ou glorieux ; elle n'était pas cependant méprisable; et s’il est vrai que l’histoire se fait peu à peu, de recherches patientes et d’études de détail ; si les monographies précises et consciencieuses sont comme les pierres d’appui de l’édifice historique, nous espérons qu’on nous saura gré d’avoir entrepris une monographie d’Élatée antique.