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blant de prendie vos intérêts dans vingt corps délibérants, et ébntinuer d'exercer sa profession dans ses onze grandes pa- . ‘tôitees, et celà sans porter atteinte à sa précieuse santé. ‘Nous vous avons déjà dit que la prernière interpellation Yaite par votre Député, lors de s0n entrée en parlement, était ‘däbs l'intérêt de là profession qu'il se. vante de pratiquer avec ‘tant de succès. C'était en 1883. En 1884 il fut présenté une oi relative à “ La falsification des substances alimentaires ” - De suite vous apercevez le Docteur debout, et en référantsà la page 1203 du Hansard de cette année. vous y verrez de dis: cours du médecin pratiquant dans onze gran paroisses.
Beaucoup de ses confrères disent que ce verbiage fut copié À peu près mots pour mots dans des auteurs bien connus de la profession, mais comme nous ng sommes pas. juge*en ces ma-. tières, disons que ses: confrères sont des malins. Nous nous appliquerons simplement à vous faire voir que le but de son digcours € sta de se faire nommer “ Analÿste en chef de la üissance ” avec ün saläire de trois milles piastres par année. Nous allons plus loin, nôùs affirmons qu’il a sollicité cette position ! S'il le nie, nous le défions de donner une déclaration solen- : nélle à cét effet. Citons donc'quelques lignes de son distours, et pour celui qui sait lire entre les lignes, il y verra de suite que c'est le quisitoire de celui qui demande la situation que | renferme le projet dé loi discuté.
Toujours, à la page 1203 et les suivantes du Hansard' de 1884, le, Docteur. parle : , L'importance de cètte question est tellement grande et mérite À un si haut degré d'attirer votre attention et d’éveiller votre sollicitude, ete., ete. En parlant de la falsification de la farine il dit : “Nous avons hos inspecteurs. de farine, mais, Je ne crois pas leurs procédés d'investigations . “ suffisante, et jé ne crois pas qu'ils soient qualifiés au point # de te de la science pour remplir pratiquement leur posi- “ tion. ?
En patlaut des viandre : ‘“ D'ailleurs je ‘considère qu'au. “ jourd’hui les inspecteurs n’ont par les qualité nécessaires pour assurer la protection voulue. ”
A la page 1207,— Hansard de 1884, « Dans sa grande “ pratique de médecin, il a eu bien es cas de maladie prove- “ ngnt de l'usage des rémèdes patentés contenant des substances ‘* délétéres, 11 désirerait que ces remèdes patentés fussent frap- ‘pés d’un droit, et il espère que cela pourra se faire une autre "s année vu qu'il est tard.”
‘Comme vous voyez, il ne manque rien dans l'intérêt de sa profession, voir mâme imposer des taxes sur les remèdes patentés dans le but, lui, de mieux distribuer ses propres remédes, dans les ‘onze grandes paroisses qui se disputent son ministère. Ce qu’il y a de malheureux en tout cela, c’est que le discours a été débité, la loi a été passée, et le grand Docteur est resté Gros
. Jean comme ci-devant.
C'est en cette même année de1884 qu'il a Vas se faire nommer Sénateur pour votre division.
L'Honorable Charles Alexandre Lesage, voyez-vous comme c’est redondant ! Il vous dira peut-être qu'il a sollicitée la position, non pour lui, mais pour le comté, cela s'entend, mais comme il se considère le seul grand, le seul digne, vous voyez de suite où il voulait en venir. Eh bien ! un autre a été nommé, et votre Député a perdu le peu d'influence qu’il pouvait posséder auprès des ministres, qui se sont dit entre eux le ridicule d’un député, qui vient d'arriver en politique sans aucune lutte de sa part, et qui veut envers et contre tous enlever ce qui appartient à ceux qui ont supporté toute la chaleur du jour. Aussi l’hono. rabie Mr. Bolduc est notre Sénateur, et ce grand homme qui voulait se débarrasser de vous sollicite encore vos souffrages, et je puis ajouter qu'il attendra encore longtemps avant que de se prélasser sur les banquéttes de velours de la Chambre Haute du
Canada.
Session 1886.
Nous sommes donc arrivée à la session toute palpitante d'intérêt pour tout le pays, et ex particulier pour Dorchester, C'est en effet à cette session que le tracé du grand chemin de fer du Pacifique pour parvenir à l'Océan Atlantique a été
choisi. Je dis que cette session présentait un intérêt tout par.
ticulier pour Dorchester, car vous vous rappelez qu'il a été fortement question de faire passer cette grande voie ferrée par la vallée de la Rivière Etchemin, qui ärrose tout votre comté. De fait des ingénieurs y firent dès explorations. Nous devions donc nous attendre à une grande assiduité de la part de votre Député, qui ne devait pas perdre une seule minute pour amener des partisans À sa cause, d'autant plus que cette cause était fortement appuyée et défendue par des ingénieurs de renommée.
Voyons un instant si notre attente a été réalisée.
Votes et délibérations de 1885. PLAN
Page 724— Vote sur le Pacifique Canadien.— Docteur, . absent. | Page 726— Vote sur le même sujet. — Docteur absent, Page 727—Vote sur le même sujet.—Docteur absent. a'age 728— Vote sur le même sujet.— Docteur absent, I] a manqué quatre votes sur ce seul sujet qui potvait enrichir toute la population qu'il représentait.
Malgré son orgueil et son outrecuidance, nous ne pensons pas que le Grand Docteur essaiera à vous faire croire que son influence se fait sentir sur les questions soumises à la députation même quand il] est absent !
Voyons maintenant ce qu'il fait dans les rares intervalles de temps qu’il dévoue"à l'exécution des devoirs que lui impose son mandat.
Nous vous ‘disons d'avancé qu'il ne peut rien par luimême, et nous tenons à vous prouvez qu’il ne fait qu'emboîter
Ps
le pas derrière les autres; qu'il a ‘étésur cette question coustamment à la remorque du député de Montmagny, M. Landry, au point de se. couvrir de ridicule. Comment appélez-vous le | quadrupède dont tout le mérite consiste À imiter ce qu’il voit he! Oui, votre Député a fait le singe, et en voici la preuve prise comme toutes les autres dns des'docnments authentiques dont nous n ‘avons pas besoin de garantir la véracité. Si quelqu’ un cependant doute d’une seule de nos citations, nous le prions de constater la chose par lui-même, et nous défions notre ami, le Docteur, d’en nier une seule.
Page 16—Votes et délibérations de 1885.
M. Landry (de Montmagny) “ fait motion demandant la « production de tous:ordres en conseil, rapports d'ingénieurs et ‘“ tous documents quelconques se rapportant au’choix d’une ‘« ligne ferrée la plus courte et la meilleure entre le terminus .: “ actuel du chemin de fer du Pacifique et l’un des ports de mer “ dabs les Provinces Maritimes.”
M. Lesage se réveille et fait la motion suivante : “ De-
:“ mande copie de tous rapports des ingénieurs du Gouvernement
‘“ faits avant et aujourd’hui relatifs à l'exploration des derniers
“ tracés projetés pour le prolongemeut du Pacifique Canadien à “ un port sur l'océan atlantique.”
N'est-ce pas la même chose demandée dans des mots un peu différents ? Ce n'est pas tout, allons plus loin. Page 544, Votes et délibérations de 1885.
M. Landry fait l'interpellation suivante :
“M. Light, Ingénieur Civil, a-t-il fait dernièrement un “ 2me rapport au gouvernment sur la valeur comparée des diffé. “ rentes lignes entre Montréal et les ports maritimes en vue du’ “choix de la ligne la plus courte et la plus acceptable, et le “ gouvernement a-t-il l'intention de communiquer ce rapport à “ la chambre ? ”
Page 544, M, Lange suit le député; de Mopinsenr, et: fait le fin fin comme suit :
“ Le Gouvernement, en soumettant les rapports des Ingé- ‘“ nieurs sur les divers tracés explorés jusqu’à ce. jour, entend-il “ produire en même temps le rapport de M. Light sur la ligne ‘ courte, connue sous le nom de ligne de combinaison par la ‘“ rivière Etchemin ? ”
N'est-ce’ pas-assez pour attirer la pitié ? Ne citons plus, c’est: trop humiliant, car ces quelques lignes ne seront pas lues | senlement par vous, électeurs de Dorchester. et il ne faudrait pas trop montrer à tout un pays que nous avons eu assez peu de clairvoyance pour placer une pareille nullité au timon des affaires. Disons notre med culpd, et ayons pleine ‘et entière contrition accompagnée d'un grand ferme propos pour l'avenir,
Retournons un peu en arrière, et examinons encore l’assi- | duité de Notre Elève, Page 141.
Voteset délibérations de 1885.
Motion Landry pour restreindre la juridiction de la Cour. Suprême. Le Docteur absent.
. Cette question de la Cour Suprême a déjà été plusieurs. fois discutée devant vous. Vous savez que cette cour est composée de cinq juges dont deux éeulément connaissent nos lois: civiles, qui sent pou la pluport tirées du Code Napoléon. ‘La, motion Landry demandait qu'il n’y eût pas d'appel à cette Cour dans les causes civiles entendues dans la Province de Québec, . S'il est une-question importante et d’un immense intérêt pour tous, c'est bien d'être jagé par un tribunal qui connaît n08 ob: le Docteur n'est pas de cette opinion. ‘
Pagé 214— Mesure relative aux voitures publiques y com. pris les chemins de fér, bateaux, etc. Absent: Page 268— Demande d'un bill de divorce. Docteur Absent. NE | dus Page 352-—Autre demande d'un bill de divorce. Docteur,
qe 2% mu
absent, Le‘ Grand. Homme ne s'occupe Li de ces pales choses-là,
: Page 409—Bill relatif aux x remployés des Fabriques et Manufactures — Absent.
Il s'agissait dans ce projet de loi de la sétiblioe de la classe ouvrière obligée de gagner son pain dans les Fabriques. Le Docteur méprise cetté classe, ne se donne pas le trouble de : lui prêter son appui.
Page 410— Bill de tempérance—absent.
Page. 474 — Bill pour refondre le service civil — Docteur absent, : | ;
Page 475— Même loi que ci-dessus—absent.
Nous sommes réellement étonné de voir que votre Député se soit absenté sur une question qui le touche d'aussi près, lui qui ne cesse de demander à se caser !
Page 472—Si aotre mémoire ne nous fait pas défaut, nous croyons qu’il était présent dans une autre circonstance où une demande fut faite pour le renvoi de ce bill qui exige des examens de la part de ceux qui désirent entrer dans le service civil, . et occuper un emploi sous le Gouvernement. Comme beaucoup de personnes, sans compter votre Déprté, fatiguaient les mi- ‘ nistres par leurs demandes de situations, ceux-ci résolurent de passer une loi par laquelle celui qui veut ainsi se casér doit subir un examen sévère. Par ce moyen on ferne la porte à bien des ambitions, car à n’y a réellement que celui quai a fait un cours d’études complet qui peut prétendre surmonter cette : épreuve. Encore faut-il qu’il soit frais sorti de l’école, car pour peu.que l’on soit.rouillé sur les études que l’on a faites, vous êtes certain de succomber. Tout cela est bel et bon pour la tranquillité des gouvernements, mais je vais vous démontrer quecette loi donne lieu à bien des injustices, et favorise une-classe qui souvent he mérite rien. Voi:i comment: vous avez travaillé de longues années pour le pari: politique de votre çhoix ;.
des malheurs surviennent ‘ans vos affaires, vous êtes avancé en âge, il vous est ‘impossible de vous créer un autre avenir. Comme bien d’autres, vous seriez capable de remplir une position qui donnerait le pain à notre famille, mais nous n'avez pas fait d’études, ou si vous en avez faites, il y a déjà bien longtemp, alors la porte nous est fermée, pas d'admission, il vous faut rester sur le pavé, nonobstant votre travail, et même les * sacrifices que vous vous êtes imposée pour le parti. La position que vous auriez pu prendre sera donnée à un jeune bambin sortant du. collège, dont le seul mérite consiste d’être capable de subir un examen. Si vos moyens ne vous ontpas perde faire instruire votre enfant dans toutes les branches enseignées dans un collége, il scra exclus de cette carrière. Cependant le Docteur est de cette opinion. Sachant son incapacité à pouvoir secourir qui que ce soit, il ne veut pas seulement être fatigué par vos demandes. C’est bien, dormez tranquille géné- “reux compatriote. Pour vous démontrer l'iniquité de ces examens, nous. nous référerons à l'appréciation qu'en faisait un journal conservateur “ Le Canadien ” du 23 novembre 1886.
Poursuivons notre tâche.
Page 485— Mesure relative aux maladies contagieuses des animaux—Abserit.
Page 490—Même mesure — Absent.
Page 491-—Même mesure — A:bsent.
: Page 492—Même mesere — Absent.
Fu Le Grand Médecin du genre humain ne s’abaisse pas jus. qu’à s'occuper de vos animaux qui sont cependant la richesse de la classe agricole.
Page 516—Une question d'ordre est soulevé— A bsent.
Page 758—Mesure relative aux mines stipendiaires du Nord -Ouest— Absent.
Page 773 — Mesure sur le Cens électoral — Absent.
Pese 900--Résolutions octroyant des euhaides à diverser He de chemins de fer-—Absent: :
C'est sûr des ‘question de cdtté naturb, qu'uti député qui a un ligne de cheinin de'fer pauvre tràversänt-sôn comité doit'se trouver à sori posth affi d’arrachier quélques' bribes d'argents’
| qui sont défnés. Non, le Doctétit aime, mieux: fumer la’ pipe ou se promenèr. Et si votre chetiin de fer cesse de fonctionner, et né s'étend pas aussi loin qu'il le devrait vous irez en pebtte chürrette : il votis faudra dépenser le double pour écouler le’ produit de votre fermé, mais tout cela, ce n’est rien à comparer au repos et au plaisir de votre Député.
| Page 910.— Encore une question de chemin dé fen Absent.
Pas mal pour celui qui devait vous donner le Pacifique à vos portes. Nécéssairement il mettra quelques temps à dévenir le Vanderbilt du Canada:
Page 911, — Représentation du Nord-Ouest. —Absent.
Page 921— Question relative à l'administration de la J Ju tice. — Absent.
Page 513—Appel à la Chambts-sar une question d'hore, . Absent..
Si nous avons bien tenu compte du nombre de votes’ niéti:qués, je crois que nous sôtminés rendu à vingt-quatré vôtob perdus jusqu'ici pour la seule session de 1885. j
Il est bien malheureux qu’il nous soit impossible dé! constater le nombre de jours manqués ici par votre Député, car comme nous l'avons déjà dit, le nombre de divisions manquées ne nous donne qu’une faible faible idée de l'assiduité d'un député, vu que la Chambre siége souvent des huitaines, même des
, quinzaines sans se diviser. Je suis certain que pérsonne d'entre vous ne peut s'expliquer ut état de choses aussi pénible, en * deux mots vous allez tout comprendre,
La session de 1885 était, comme vots l'avez vu, la session
du chemin de fer du Pacifique. Oette compagnie, pour tenir
la députetion en bonne humeür distribua des billèts de
gratis à un certain nombre de nos égislétèurs. Le Docteur nr au nombre dés heureux, de là ses promenades continuelles d'Ottawa à Montréal, et de Montréal à Québec sans que sa bourse n'eût à en souffrir aucunement. Les électeurs de Ste Claire se rappellent fort bien l'avoir vu pendant des semaines entieres au milieu d'eux ; il paraissait bien tranquille, s’occupant de faire ses semailles, "es
Ou le Docteur était à Ottawa lorsque ces votes furent pris ou il n’y était pas. S'il était à son poste,. pourquoi n’y renplissait-il pas alors son devoir ? Serait-il du nombre de ces valeureux députés qui se cachent dans les lieux d’aisence au premier son de la cloche de division? S'il n’y était pas nous prenons la responsabilité de formuler contre lui la ciarge la plus grave et la plus sévère que l’on puisse formuler contre qui que ce soit, surtout contre celui qui veut être honoré de la confiance de ses semblable, S'il était absent, nous l’accusons d’avoit forfait à sa parole d'honneur, chose sacré pour tout homme qui vêut marcher la tête haute. Voici notre accusation que nous nous efforcerons de porter le plus catégoriquement possible. D'après la loi, chaque député perd huit piastres par chaque journée d'absence ; comme vous n'êtes sensés élire que des gentils hommes, la loi ajoute que les membres feront à la fin de chaque: session une déclaration écrite et signée de leur main, sous leur . parole d'honneur, mentionnant ls nombre de jours qu'ils ont été absents, et c'est sur la foi de cette déclaration que la déduc-' tion de huit piastres par jour sera faite. Si vous jetez. les yeux à la page 88 du Rapport de l’Auditeur Général, qui contient . l'indemnité payée à votre Député pour la session de 1885, vous y verrez qu'il & reçu cette année la ronde et jolie somme QUA-
. TORZE CENT QUATRE-VINGT-DOUZE PIASTRES, PLUS SOIXANTE-UNE PIASTRES ET SOIXANTE CENTINS pour son transport, c’est-à-dire qu'il n’a déclaré sur sa parole d'honneur et sur sa propre signature qu’une SEULE ET UNI-
QUE journée d'absence, puisqu “la reçu et touché son indenmité complète, mains huit piastres pour la journée déclarée !!
Que diriez-vous d’un serviteur que vous enverriez travailler sur une de vos fermes éloignées, et qui voudrait se faire rénumérer pour quiwze jours de travail quand il n’en aurait fait que huit ? Inutile de faire plus de commentaires sur une pareille position ; je vois de suite. le rouge de la honte vous monter à la figure !
* Pour vous dérider le front et faire disparaitre les marques plausibles de votre humiliation, je vous dirai la petite anecdote, d'un.employé qui était payé à la journée, et à qui on faisait la marque qu'il intercallait ses jours d'absence dans ses comptes. 11 répliqua assez spirituellement que lorsqu'il ne travaillait pas il ne manquait pas de penser à sa besogne. Vous voyez si le Docteur a dû penser en 1885, et.combien ses bonnes ou mauvaises pensées vous ont coûté |
Le Docteur vous dira peut-être : je suis venu au milieu, de vous visiter mes malades, Cela ne le justifie pas de se faire payer double salaire, et nous ajouterons que malgré sa grande intelligence, pas plus lui qu’un autre ne peut courir deux lièvres à la fois, De plus, pusqn'il croit que ses services sont nécessaires comrne législateur, que ne favorise-t-il pas l’établissement d’un autre médecin, qui devra nécessairement y trouver son compte avec la haute protection du Grand Homme dont la pratique s'étend à once grandes paroisses. Non, la chose a été essayée, et, sans égards aucuns pour vos intérèts, M. Lesage s'y est opposé de toutes ses forces. Il veut tout accaparer, mourez sans le ‘secours de la science, peu lui importe, pourvu que son gousset soit bien rempli ! La plupa*t des politiciens exercant une profession libérale, placés dans ia position du Docteur, s adjoignent un associé afin de donner satisfaction au publie, mais le Docteur fait fi de toutes ces mesures philantropiques : c’est double récolte qu'il lui faut.
Ne nous a-t-il pas avoué lors de la grande asssmblée tenue
à Sté Claire, en juin 1886, mais cela sans le savoir, qu'il n'assistait jamais aux séances ; car il sortait de la session et il se disait pris par surprise ! ! Oui, puisqu'il brille constamment par son absence ! | -
Depuis bien des.jours, des semaines mêmes, nous n'avons vu notre député en Parlement qu'au Bureau du Comptable y retirant sa grasse indemniéj ! N'est-ce pas qu’une aussi Lo ‘absence est ennuyeuse ?
Etudions donc encore, pour un instant, les agisseménts de votre Député, quand réellement il condescend à se trouver à son siège en corps et en âme ; voyons encore une fois comme il se met bien les pieds dans les plats, éomme il est habile, combien sa conduite conséquente doit attirer de collègues à ses vues. De là le grand prestige qui l'entoure, l'immense influence dont il peut disposer à votre bénéfice.
Je vous le donne à parier en vingt, en Mebte ire . jetez votre langue aux chiens, vous êtes battus-! Vous ne pouvez pas vous l'imaginer; je me vois donc forcé de vous le dire. C'était le premier juillet 1885, le soleil était radieux, les patates plan- | tées au printemps par la main du grand homme promettaient de donner .un rendement magnifique ; les maladies qui sont géne- . ralement l’apanage du changement des saisons étaient disparues dans les onze grandes paroisses confiées à la sollicitude de votre Député. Il daigne donc se rendre dans la Capitale, et par hasard il se treuve à son siège quand une des question du chemin de fer du Pacifique est à l’ordre du jour — Nouveau Cincinnatus qui après avois labouré ses champs courrait au combat remporter de brillantes victoires pour sa Patrie, le Docteur ensrevenant croise une lance avec l'Administration.
Nous citons de son discours, que vous trouverez à la page 3087 du Hansard de 1885. Lisez attentivement; nous reproduisons textuellement, il parle de la que projetée passant par Dorchester :
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“ On s envoyé M. Light, Ingénieur Provincial, faire, uue “ exploration bærométrique; plus tard. n'étant. pas satisfait: de: “ cétté exploration, qui n'était pas: une erploration, compléée: “ de la vallée, j'ai réitéré ma demande auprès du Ministre des “chemins de fer, qui m'a répondu que satisfaction me serait ‘ donné. ”
“ Encore un peu plus tard, j'ai fait de nouvelles instances “ auprès du gouvernement, lui demandant simplement de nous ‘“ placer sur le méme pied que les autres lignes en compétition ‘en nous accordant des explorations instrumeriteles, ce qui n’a “ pas été fait. ” -
“ Encore, M. le Président, je ne fais pss de saroie au... “ gouvernement, car je sais qu'il a été bien disposé à mon « égard comme à l'égard de mon comté, sous le rapport des ex- “ plorations: baroméiriques. ”
«Il me semble que le gouvernement aurait pu retarder la
“ question jusqu’à ce que des explorations instrumentales pour
“déterminer quelle est la route la plus courte et la plus ava-
“ tageuse. Ce n'est pas avec des rapports comme ceux acttel- “ lement devant la Chambre que je mie soumettrai au verdiot
6 de ceux qui patronisent la ligne Shérbrooke. ” |
“ J'ai donné les faits puisés" aux apports des ingénieurs, - " soumis à la chambre. Je ne dis pas qu’ils, sont exacts ou “ inexacts, je ne le sais pas; mais si je puis prétendre qu "ils sont “ exacts et si d’autres peuvent prétendre le contraire, il y à un “ doute tellement sérieux ques la ares doit être étudiée # davantage. ”
Si se verbiage où un émige déclare qu'on ne lui a pas accordé les justes demandes qu'il a faites, sans cependant en faire de reproches aux auteurs de ce refus, dit quelque chose, : il affirme en maints endroits que les explorations faites sur la Rivière Etchemin sont insuffisantes, qu ’elles ne sont pas égales à célles faites sur les autres lignes. En un mot que le sujet mé-
rite d'être étudié de nouveau, ail, ‘faut des explorations instrumentales, ete., etc.
: Quelques jours plus tard l'Honorsble M. Langelier fait la motion suivante :
Page 840-—Voteset délibérations de 1885, et page 3391 du Hansard de la même année, savoir :
“ Que dans opinion de cette Chambre des études additi- “hionnellés sont requises et devraient être immédiatement “ commencés afin d'en venir à une saine décision quant à la “ route qui convient pour le, chemin de la ligne courte, et qu’il ‘“ serait prématuré d'adopter aucune ligne avant que ces nou- ‘““ velles études n'aient été faites.”
” ‘Si vous avez lu attentivement’ cette motion, vous voyez qu’elle renferme presque mots pour mots les vues énoncées par le Docteur dans le discours que nous venons de citer ; de fait, l'Honorsble M. Langelier demande de nouvelles études dans son amendement tout comme le Docteur qui se plaint, dans son discours, que la vallée de la. Rivière Etchemin n’a pas été suffsamment explorée. |
‘Eh bien ! c’est à vous jeter à la renverse, regardez à la page 3,391—Hansard de 1885 ou à la page 840 des votes et délibérations de la même année, vous y verrez en blanc et en noir le fameux Docteur voter contre cet amendement de l'Hono- k rable M. Langelier ! ! Après cela il faudrait tirer le rideau et déclarer la séance close. Mais prenons courage et allons encore un peu plus loin ; aventurons-nous sur ce sale glissant terrain, voyons jusqu'où un député du peuple peut montrer son manque de täct et de jugement devant un paÿs tout entier.
Après ce vote, il fait l'amendement suivant qui se “Hé sur la même page 3,391 ou page 841 des votes et délibérations de 1885, C'était une seconde og avoir renversé la proposition Langelier :
“ ne la Chambre ne concourt Lun melitnhut, dans ces
“ résolutions (Résolutions de la ligne courte viâ Sherbrooke) “ mais qu'elles soient référées de nouveau à un comité de toute “ la Chambre avec instructions de les amender comme suit : En “ retranchant dans, la seconde clause les mots viâ Sherbrooke, “ lac: Moosehead, Matt wankeag, Harvey, Frédéricton et Salisbury, “et ajoutant à la fin de la dite clause les mots suivants : La, “ dite subvention devant être donnée à la compagnie qui cons- “ truira la ligne qui sera trouvée la plus courte et la plus
‘“ pratieable après explorations instrumentales complètes “ de toutes les lignes pouvant prétendre obtenir ce résultat.”
N'est-ce pas en substance un amendement qui dit la même chose que celui qu’il vient de jeter pardessus bord de gaîté de :. cœur, ‘ De plus il l’accompagne de remarques qui ne sont que la répétition ‘de celles plus haut citées, il veut de nouvelles études ! ! (Voir page 3392 Hansard 1885).
“ Ce que je demande c’est une exploration munitieuse et . ‘ précise, et je ne demande que ce qui est juste. Mais on nous ‘“ impose une ligne sans nous donner d’explorations exactes, sans - “ nous donner de raisons basées sur des rapports d'Ingénieurs.”
‘ La décision prisé par de Gouvernement prouve de plus ‘ “qué nous n'avons pas ÉTÉ PLACÉS SUR UN PIED D'f- ‘“ GALITÉ AVEC LES AUTRES LIGNES EN COMPÉTI- “ TION ; j'ai souvent rappelé les promesses que le Gouverne- “ ment m'avait faites d'exploraiions instrumentales complètes “ de cette importante voie et toujours sans résultat.”
Oh Blagues des Blagues ! Fourberies des Fourberies !! Vous voilà donc dévoilé, Blagueur des Blagueurs ! Fourbe des Fourbes ! Vous voilà à découvert, votre plan était de montrer votre mo#/4/7t Lot à votre bon peuple, sans mentionner vos contradictions ; mais ici nous somme deux. Combien vous devez être decu dans vos. projets ! !
Diogène, un savant de l'Antiquité, prenait une lanterne pour trouver un honnête homme ; là lumière électrique. dont
nous nous sérvons aujourd'hui pourrait-elle nous faire découvrir un plus grand fourbe que #ôus ? non! non ! ! jamais! jamais !!
Baiïssons la toile et passons à la session de 1886. Car il est inutile de vous dire que bien que votre Député n'ait rien obtenu, il a tout de même voté la ligne courte par Sherbroke, Jusqu'à la fine fin de la session, (voir page 846 votes et délibération de l’année 1885.) N'oublions pas en effet qu'il avait dit dans une de ses élucubrations qu'il n'avait pas de reproches à faire à ceux qui lui refusaient tout.
© Nous avions donc bien raison de dire dès le début que le savant Docteur avait tout gàté, qu’il avait de propos délibéré perdu toutes vos chances d’avoir la ligne courte à vos portes. Cepen. dant tout était en sa faveur comune il le dit lui-même dans son discours, page 3188 Hansard de 1885.
“Je puis le dire ici et je ne crains pas le rapport d'aucun ‘ingénieur pour me contredire, la vallée de la.rivière Etchemin *‘ n’a pas besoin de faveurs, c'est'un lit couché par la nature “pour un chemin de fer.”
Nous avous souligné la: dernière partie, car nous avions
toujour compris que l’on se couchait sur un lit, mais nous n'a- . * . . . ® . !
vion jamais oui dire qu’un lit ‘fut couché et sutout par la nature.
La vallée de la rivière Etchemin n'avait rien moins pour plaider sa.cause que lé rapport de Mr. Light, Ingénieurs-en-chef des chemins de fer de la Province de Québec, de Messieurs Wicksteed, Vernon Smith et Sullivan, tous ingénieurs distingués, choisis par les autorités pour faire des explorations, Nous ajouterons à cela l’autorité d’un des plus grands ingénieurs du pays, d’un conservateur à toute épreuve, d’un homme qui, en maintes circonstances, a été choisi comme arbitre par plusieurs gouvernements pour décider des questions de génie civil, enfin il ne s’agit rien moins que de Walter Shanly, député de Grenville, Voici ce qu'il dit: Page 3367 du Hansard 1885...
ILest possible que l’on suppose en me voyant lever pour
he parler sur yne question de ce genre, que je vais le faire avec “quelque autorité; mais je déclarerai dès le début que je suis y complètement incapable de former une opinion concernant ce “que l'on pourrait appeler les mérites des deux lignes äù point “ de vue du génie civil. Je suis en ‘principe en faveur d’un M examen complet et approfondi. Quent aux plans et explor- “tions et tout le resté, je dis qu’il n'y a rien devant nous qui “ puisse mettre n'importe quel ingénieur en état de déclarer déli- “ bèrement qu’une ligne est meilleure que l’autre. Commé je “ pense qu'il n'y a pas de-renseignements suffisant, devant nous ,
‘ pour nous mettre en état de juger des mérites comparatifs des “deux lignes, j'agirai suivant: cette opinion et j'appuirai “ l'amendement. Je n’ai rien autre chose à dire que ceci: que “ la vraie conduite à tenir est de faire une exploration complète “et approfondie avant qu'aucun subside ne soit voté.”
Vous voyez que ce grand Ingénieur se prononce carrément, il dit bien aussi comme votre Député que. les explorations ne sont pas ‘suffisantes ; mais -il y a une petite différence, bien légère cependant entre le Docteur et M. Shanly, ‘ce dernierap-
puie ses paroles de son vote, et M. Lesage contredit ses paroles ..par son vote. M. Shanly est cependant un des fidèle appuis de | l'administration ‘actuelle, et sans rien dire de trop le gouverne- . ment eampte un brin de plus sur son influence que sur celle du grand homme que vous avez choisi comme porte drapeau “du parti dans le Comté.‘
M. Shanley a cependant voté pour l'amendement Langelier et contre BeR amis sur cette question.
N'est-il pas raisonnable de supposer que si la vallée de, si rivière Etchemin avait eu un défenseur sincère, un homme qui ne se serait pas contenté seulement de se promener avec les
‘billets que lui accordait: gratuitement cette puissante compagnie de'chemin de fer du. Pacifique, nous aurions eu'au Moins une exploration énstrumentale. Cette exploïation.nous aurait mis
en évidence, .et dans un avenir plus. ou «moins rapproché, nos
me
justes réleilions auraient été reconnnes 0 on y aurait fait droit. Aujourd'hui tout est perdu, si vous continuez à donner votre confiance à celui qui, par ses votes, a totalement compromis une “aussi belle cause. Ce grand mal peut-il être réparé ? C'est plus que je ne puis dire. En attendant, châtiez celui qui en eat l'auteur, afin que cet exemple serve à ses successeurs. Electeurs de Dorchesteur vous aurez la satisfaction du devoir accompli, vous aurez montré que l'on ne vous trompe pas impunément.