‹ Elections des 26 mars et 16 avril 1871. Affiches, professions de foi - documents officiels clubsChapitre 13 sur 81 · CHAMBRE FÉDÉRALE DES SOCIÉTÉS OUVRIÈRES · texte numérisé non relu

CHAMBRE FÉDÉRALE DES SOCIÉTÉS OUVRIÈRES

Travailleurs,

Une longue suite de revers, une catastrophe qui semble devoir entraîner la ruine complète de notre pays, tel est le bilan de la situation créée à la France par les gouverne - Daents qui l'ont dominée.

Avons -nous perdu les qualités nécessaires pour nous relever de cet abaissement? Sommes -nous dégénérés au point de subir avec résignation le despotisme hypocrite de ceux- qui nous ont livrés à l'étranger, et de ne retrouver l'énergie que pour rendre notre ruine irrémédiable par la guerre civile?

Les derniers événements ont démontré la force du peuple de Paris; nous sommes convaincus qu'une entente fraternelle démontrera bientôt sa sagesse.

Le principe d'autorité est désormais impuissant pour rétablir l'ordre dans la rue, pour faire renaître le travail dans l'atelier, et cette impuissance est sa négation.

L'insolidarité des intérêts a créé la ruine générale^ engendré la guerre sociale; c'est à la liberté, à V égalité, à la ^lidarité qu'il faut demander d'assurer l'ordre sur de

nouvelles hases, de réorganiser le travail^ qui est sa condition première.

Travailleurs,

La révolution communale afïirme ces principes; elle écarte toute cause de conflit dans l'avenir. Hésiterez-vous à lui donner votre sanction définitive?

L'indépendance de la Commune est le gage d'un contrat dont les causes, librement débattues, feront cesser l'antagonisme des classes et assureront l'égalité sociale.

Nous avons revendiqué l'émancipation des travailleurs, et la délégation communale en est la garantie, car elle doit fournir à chaque citoyen les moyens de défendre ses droits, de contrôler d'une manière efficace les actes de ses mandataires, chargés de la gestion de ses intérêts et de déterminer l'application progressive des réformes sociales.

L'autonomie de chaque commune enlève tout caractère oppressif à ses revendications, et affirme la République dans sa plus haute expression. ♦

Travailleurs,

Nous avons combattu, nous avons appris à souffrir pouf notre principe égalitaire ; nous ne saurions reculer, alors que nous pouvons aider à mettre la première pierre de l'édifice social.

Qu'avons-nous demandé?

L'organisation du crédit, de l'échange, de l'association ? afin d'assurer au travailleur la valeur intégrale de sofl travail ;

L'instruction gratuite, laïque et intégrale ;

Le droit de réunion et d'association, la liberté absolue de la presse, celle du citoyen ;

L'organisation, au point de vue municipal, des services de police, de force armée, d'hygiène, de statistique, etc.

Nous avons été dupes de nos gouvernants; nous nous sommes laissé prendre à leur jeu, alors qu'ils caressaient et réprimaient tour à tour les factions dont l'antagonisme assurait leur existence.

Aujourd'hui, le peuple de Paris est clairvoyant; il se refuse à ce rôle d'enfant dirigé par le précepteur, et, dans les élections municipales, produit d'un mouvement dont il est lui-même l'auteur, il se rappellera que le principe qui préside à l'organisation d'un groupe, d'une association, est le même qui doit gouverner la société entière, et, comme il rejetterait tout administrateur, président imposé par un pouvoir en dehors de son sein, il repoussera tout maire, tout préfet imposé par un gouvernement étranger à ses aspirations.

Il affirmera son droite supérieur au vote d'une Assemblée, de rester maître dans sa ville et de constituer comme il lui convient sa repi'ésentation municipale, sans prétendre l'imposer aux autres.

Dimanche, 26 mars, nous en sommes convaincus, le peuple de Paris tiendra à honneur de voter pour la Commune.

Les délégués présents à la séance de nuit du 23 mars i87i : C«ogeil fédéral des sections parisieDoes de rAssociation iDternalioDale.

AUBRY (fédération rouennaise), Boudet, Chaudesaigues, Coisé, V. Demay, a. Duchêne, Dupuis, Léo Frankel, 11. Goullé, Laureau, Limousin, Martin Léon, Nostag, Gh. Rochat.

Chambre fédérale des sociétés ouTrières.

Camelinat, Descamps, Évette, Galand, Haan, Hamet, Jance, J. Lallemand, Lazare Lévy, Pindy, Eugène Pottier, Rou-

VEYROLLES, SPOETLER, A. ThEISZ, VÉRY.

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