‹ Elections des 26 mars et 16 avril 1871. Affiches, professions de foi - documents officiels clubsChapitre 16 sur 81 · A NOS CONCITOYENS · texte numérisé non relu

A NOS CONCITOYENS

Nous, députés de Paris, adressons la commuzdcatior ^ suivante :

Un appel à la conciliation a-t-il encore quelques chance" d'être écouté?

Malgré les passions aveugles mises en jeu, il nous ^ semblé que le moment était précisément venu où l9^ esprits pouvaient et devaient entendre le langage de la. raison.

Quelle que fut Tattitude de la majorité de l'Assemblée nationale, personne ne pouvait supposer que, résistant aux impérieuses nécessités de la situation, nos législateurs allassent jusqu'à rejeter les légitimes réclamations de Paris; et cependant, en n'indiquant les élections municipales que pour le 10 avril, n'est-ce pas comme s'ils voulaient ouvrir la porte à deux battants à la guerre civile ?

Que demande, en effet, le peuple de Paris? Son droit, rien que son droit.

Les points sur lesquels porte le désaccord, en apparence, le voici : c'est l'institution d'un conseil municipal à Paris et l'élection des chefs supérieurs de la garde nationale ; en réalité, c'est une lutte entre la monarchie et la République. A quel titre, sans cela, Paris pourrait-il être

niis hors la loi commune, et moins bien traité que le dernier village de France?

C'est ce que personne ne comprend dans les faubourgs et dans les quartiers du centre, le scrutin de liste par arrondissement assurant à chaque quartier l'équitable représentation de ses intérêts particuliers.

Quant à l'élection de l'état-major de la garde nationale, elle répond à des habitudes, à des traditions, à des principes qui datent de 1789 ; et si l'on considère les déplorables choix faits depuis le 4 septembre par le pouvoir exécutif, on se demande comment l'adoption du système électif pourrait donner jamais d'aussi tristes résultats. Ensuite, venait la question des échéances, si malencontreusement résolue par l'Assemblée, ainsi que celle des loyers, que la main paternelle d'un conseil municipal pourra seule liquider à la satisfaction commune.

Ces demandes sont tellement fondées qu'on aurait peine à concevoir la résistance qu'elles rencontrent dans l'Assemblée de Versailles, si, comme nous l'avons dit, ce n'était pas un prétexte choisi par les amis de la monarchie pour comtaltre la République.

Si l'Assemblée avait adhéré dans le principe, et sans réserve, à l'institution républicaine, l'entente eût été bien facile. Loin de là, nous voyons la majorité refuser avec éclat d'insérer le mot de République dans ses proclamations, et manquer à toutes les convenances quand il arrive à la gauche de le prononcer.

C'est là qu'est le véritable nœud de la difficulté, et tout ce que le pouvoir a fait pour envenimer les dissentiments et pousser à la guerre civile n'a d'autre but que de préparer une restauration monarchique. La réaction n'en veut,

dit-elle, qu'aux faubourgs ; cela n'est pas vrai : elle en veut à toute la population parisienne, parce que la population parisienne est, dans son immense majorité, décidée à conserver la République envers et contre tous. Est-ce que nous calomnions le grand parti de Tordre? Il suffit de remarquer Taccueil injurieux que la droite vient de faire aux représentants des municipalités parisiennes, qui, frappés de suspicion pour la plupart, dans le parti populaire, n'en sont pas moins bafoués par les intraitables de la Réaction.

Les journaux de la conspiration monarchiste ne se gênent pas, d'ailleurs, pour annoncer la chute prochaine de M. Thiers et son remplacement par le duc d'Aumale, en attendant l'intronisation du comte de Paris.

Oui, voilà pourquoi, depuis trois semaines, on a tout fait pour semer la discorde dans Paris ; voilà pourquoi on a repoussé toutes les transactions, pourquoi on veut armer les citoyens les uns contre les autres ; car il ne faut pas l'oublier, si du sang a été versé, c'est la réaction qui a armé les bras et porté les premiers coups à Montmartre comme à la place Vendôme.

Puisque l'Assemblée de Versailles n'a pu se résigner à accepter pour dimanche l'élection du conseil municipal de Paris» non pas sur des bases décisives présentées par le ministre Picard, niais dans des conditions d'autonomie régulière et complète, en ce qui touche les intérêts municipaux de Paris, nous ne saurions trop engager nos concitoyens à ne pas perdre un moment pour choisir leurs candidats et créer les listes d'arrondissement. S'ils veulent écouter nos conseils, ils se garderont d'être exclusifs; ils comprendront que pour diriger une administration municipale aussi compliquée que celle de Paris, il ne suffît pas

d'afficher des opinions démocraliques ; il faut encore posséder l'esprit d'ordre et la connaissance des affaires.

Il faut surtout que les noms placés sur les listes républicaines soient irréprochables ; car, pendant que la réaction a des trésors d'indulgence pour les plus grands misérables, voleurs publics, faussaires ou traîtres, du moment qu'ils servent à leurs passions, elle est merveilleusement habile à exploiter contre les républicains les calomnies les plus infâmes.

Ceux qui se rattachent à l'action du Comité central, comme ceux qui ne l'acceptent pas, ont un intérêt égal à chercher dans la libre expression du suffrage universel une solution légale et pacifique.

Devant les nouveaux élus, le Comité de l'Hôtel-der-Ville s'efface aussitôt, et Paris, représenté par ses mandataires, n'obéit plus qu'à lui-même.

Alors tout devient facile, tout est sauvé; autrement, c'est le chaos, c'est l'abîme et la guerre civile.

Donc, au nom de la patrie, au nom de la République, au nom des femmes et des enfants qui ont souffert mille morts pendant le siège, nous supplions nos concitoyens de voter pour des candidats républicains.

Pas d'autre moyen d'arrêter l'incendie qui, sans cela, peut s'allumer d'un instant à l'autre; pas d'autre moyen de sauver la République et la liberté, de nous épargner les effroyables malheurs d'une bataille fratricide dans nos rues.

Gourons aux urnçs, et que la manifestation qui en sortira soit assez éclatante en faveur de la République pour que s'évanouissent du même coup les projets de restauralion monarchique et les projets de guerre civile qui en sont les préliminaires habituels.

\ 1 oimiisr niK jb ii?tn -gifs àm 4 septembre, tetraft uu. e iî* ;tur-'JHr. me Irm» Pms d la France aux Pn aeo^. i«iiiL 2ii:-:c* ifL icirriÊT- Cela seul dit anxélede Ltt rir^ riL I*» iQC TT» i r-jpŒTre, q[ai ont support iiiULS lit jeir^ sTjm»* ^ni iî«r preniier devoir esl 'lOf!: -T iTim>* HL SSL ïiids^ie |!oar on conseil muM riaiiinii ain.

Fr. CgoEKT. Oi. Deleîoxze, E. Bj

de 11 Seine.

CiaiTÊ CEITIAL

CiinTEKS,

LacTLLj** Ziiz 2j:cr>i anknt désir de conciliation, h( irr r^ijser lîfcrf : iîL:c^ b-st incessant de tous nos ( "■: ..^ iT:c5 - : yil-f El**!!* o^iiTert i ceux qui nous combî 11. f z.j^i iriifr'z-rlle. M:iis ta continuité de cerlaim -Ori^r^rs. -r: criiT.rif L.Î I-r transfert nocturne de i Ir-fcs i *.i ir.iirie iu iï* arrondissement, nous obi c:,ii:i:.r!i:r cotre rès/iitioct première.

L'T T:tè aun lie^ disianche :26 mars.

Si UTILS n^us sommes mépris sur la pensée de ne saines, n«:>us les invito-cs à nous le témoigner, en s* à nous dans le vole commun de dimanche.

HtMel-de-ViUe, 25 mars iST!.

Les tuembres du Comité ce

CSuivent les signatures.)

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Liberté, Égalité, Fraternité.

Paris, 25 mars i871.

Citoyens,

Dans Paris, où le pouvoir législatif a refusé de siéger, d'où le pouvoir exécutif est absent, il s'agit de savoir si le conflit qui s'est élevé entre des citoyens également dévoués à la République doit être vidé par la force matérielle ou par la force morale.

Nous avons conscience d'avoir fait tout ce que nous pouvions pour que la loi ordinaire filit appliquée à la crise exceptionnelle que nous traversons.

Nous avons proposé à l'Assemblée nationale toutes les Diesures de conciliation propres à apaiser les esprits et à éviter la guerre civile.

Vos maires élus se sont transportés^ à Versailles et se sont faits l'écho des réclamations légitimes de ceux qui veulent que Paris ne soit pas tout à la fois déchu de sa situation de capitale et privé des droits municipaux qui appartiennent à toutes les villes, à toutes les communes de la République.

Ni vos maires élus, ni vos représentants à l'Assemblée nationale, n'ont pu réussir à obtenir une conciliation.

Aujourd'hui, placés entre la guerre civile pour nos concitoyens* et une grave responsabilité pour nous-mêmes, décidés à tout plutôt qu'à laisser couler une goutte de ce sang parisien que naguère vous offriez tout entier pour la défense et l'honneur de la France, nous venons vous dire : Terminons le conflit par le vote, non par les armes.

Votons, puisqu'en votant nous nous donnons le conseil municipal élu que nous devrions avoir depuis plusieurs mois.

Votons, puisqu'en votant nous investirons du pouvoir municipal des républicains honnêtes et énergiques qui, en sauvegardant Tordre dans Paris, épargneront à la France le terrible danger des retours offensifs de la Prusse et les tentatives téméraires des prétentions dynastiques.

Nous avons dit hier à l'Assemblée nationale que nous prendrions sous notre responsabilité toutes les mesures qui pourraient éviter Teffusion du sang.

Nous avons fait notre devoir, en vous disant notre pensée.

Vive la France ! Vive la République !

Les représentants de la Seine présents à Paris.

No 33.

Les députés de Paris, les maires et adjoints élus réintégrés dans les mairies de leurs arrondissements, et tes membres du Comité central fédéral de la garde nationale, convaincus que, pour éviter la guerre civile, Teffusion du sang à Paris, et pour affermir la République, il faut procéder à des élections immédiates, convoquent les électeurs, demain dimanche, dans leurs collèges électoraux.

Le scrutin sera ouvert à huit heures dix matin et fermé à minuit.

Les habitants de Paris comprendront que, dans les circonstances actuelles, ils doivent tous prendre part au vote, afin que ce vote ait le caractère sérieux qui, seul, peut assurer la paix dans la cité.

Les représentants de ta Seine présents à Paris : G. LocKROY, Ch. Floquet, g. Clemenceau, Tolain, Greppo.

No 34.

Le Comité central de la garde nationale, auquel se sont ralliés les députés de Paris, les maires et adjoints, convaincus que le seul moyen d'éviter la guerre civile, l'effusion (iusang à Paris, et, en même temps, d'affermir la République, est de procéder à des élections immédiates, convoque, pour demain dimanche, tous les citoyens dans les collèges électoraux.

Les habitants de Paris comprendront que, dans les circonstances actuelles, le patriotisme les oblige à venir tous au vote, afin que les élections aient le caractère sérieux qui, seul, peut assurer la paix dans la cité.

Les bureaux seront ouverts A huit heures du matin et fermés à minuit.

Vive la République !

Les maires et adjoints de Paris :

ièT arrondissement : Ad. Adam, Méline, adjoints. — 2e arrond, : Emile Brelat, Loiseau-Pinson, adjoints.

— 5® arrond. : Bonvalet, maire ; Ch. Murât, adjoint.

— Je arrond. : Vautrain, maire; de Chatillon, LoiSEAU, adjoints. — 5« arrond. : Jourdan, Collw, adjoints. — 6« arrond. : A. Leroy, adjoint. — 9« arrond. : Desmarest, maire ; E. Ferry, André Nast, adjoints. — iO^ arrond. : A. Murât, adjoint. — //e arrond, : Mottu, maire; Blanchon, Poirier, ToLAiN, adjoints. — i^ arrond. : Grivot, maire ; Denizot, Dumas, Turillon, adjoints. — i3 arrond. : Combes, Léo Meillet, adjoints. — iô^q/rond. : Jobbé- DuvAL, Sextus Michel, adjoints. — iô^ arrond. : Chaudet, Sevestre, adjoints. — iV arrond. : F. Favre, maire; Malon, Villeneuve, Gacheux, adjoints.

— i8^ arrond. : Clemenceau, maire ; J.-A. Lafont, Lefèvre, Jaclard, adjoints. — i9^ arrond. : Devaux, Satory, adjoints.

Les représentants de la Seine présents à Paris :

LocKROY, Floquet, Tolain, Clemenceau, V. ScHŒLCHfiR,

Greppo.

. Le Comité central de la garde nationale :

Avoine fils, Ant. Arnaud, G. Arnold, Assi, Andignoui, BouiT, J. Bergeret, Babick, Boursier, Barou, BiLLioRAY, Blanchçt, Castioni, Chouteau, C. Ddpont, Fabre, Ferrât, H. Fortuné, Fleltiy, Fougebbt, C. Gaudier, GouniER, H. Géresme, Grelier, Grolard, Jourde, Josselin, Lavalette, Lisbonne, Maljournal, E. Moreau, Mortier, PrulhommE) BoussEAu, Ranvier, Varlin.

No 35.

Page 1