COMITE DE CONCILIATION
Citoyens,
En face des effroyables périls qui menacent la patrie et la République, qu'importe une question de forme et de vaine légalité?
Le scrutin seul peut mettre un terme à une crise qui serait autrement sans issue. Le scrutin seul peut calmer le^ esprits, pacifier la rue, raffermir la confiance, assurer l'ordre, créer une administration régulière, conjurer enfîa une lutte détestable où, dans des flots de sang, sombrerait la République.
Nous adjurons les maires d'appeler eux-mêmes Paris au scrutin et de convoquer, au nom du salut public, les électeurs pour dimanche.
Nous adjurons les représentants de Paris d'appuyer et de soutenir cette initiative des maires.
Nous adjurons tous les républicains de s'unir à nous dans notre œuvre d'apaisement et de conciliation.
Vive la République !
A. Rang, ancien maire du 9^ arrondissement, ancien représentant de la Seine ; Ulysse Parent, antien adjoint du 9e arrondissement; Georges âvenel, publiciste; Léonce Levraud, docteur-médecin, etc., etc.
No 29.
Paris, 24 mars 187i.
Citoyen rédacteur,
J'appuie de toutes mes forces l'avis du comité de conciliation et la lettre de Malon.
Depuis le premier jour, j'ai dit à tous et partout qu'il fallait aller au scrutin.
Des élections sont la seule solution possible — la seule qui puisse donner à Paris les garanties auxquelles il a droit, et nous sauver de l'escamotage qu'on prépare à Versailles — en évitant de plus la guerre civile.
Le 18 mars n'était pas une révolution dans le sens ordinaire du mot, le mouvement provoqué par l'attaque du gouvernement ayant adopté un programme essentiellement parisien et municipal ; — mais le 48 mars avait créé une situation révolutionnaire dont il fallait sortir vite et bien. Ceux qui ne le comprennent pas ont manqué de sens politique, et compromettraient tout, s'ils persistaient daiis un amour inopportun de la prétendue légalité. Il faut voter dimanche.
. Que tout le monde aille au scrutin : — les uns, parce que le Comité central le demande ; — les autres, par amour de la patrie et du travail ; — tous, parce que c'est un droit absolu et une nécessité de premier ordre.
Si l'on avait adopté cette résolution sage et patriotique dès le début, il y a maintenant huit jours que Paris serait rentré dans son état normal, avec quelques libertés essentielles de plus — après avoir rempli un grand acte de légitime défense et sauvé la République.
Salut fraternel. Arthur Arnould,
Ancien adjoint du 4» airondissement»
No 30.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE