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Et cette (Chambre, enfin, regrette que dans toutes ces négociations le gou-
vernement ait sacrifié les intérêts publics et causé une grande perte pécuniaire au pays.
La majorité du gouvernement Mousseau—qui répondait par le
vote—approuva par le vote suivant ce cadeau de $30,000 à Forget & Cie : à
Pour :—MM. Bernard, Bernatchez, Boyer, Cameron, Demers, Gagnon. Joly, Lemieux, McShane, Mercier, Rinfret dit Malouin, Robidoux, Shehyn, Stophens, et Watts—15.
COXTRE :—MM. Archambault, Asselin, Audet, Beauchamp, Bergevin, Blanchet, Brousseau, Caron, Casavant, Charlerois, Désaulniers, Deschênes, Desjardins, Dorais, Duckett, Duhamel, Flynn, Frégeau, Gaboury, Garneau, Lavallée, Leduc, Lynch, Marcotte, Marion, Martel, Martin, Nantel, Owens, Paradis, Picard, Poulin, Poupore, Robertson, Robillard, Sawyer, Spencer, St- Hilaire, Taillon, Thornton et Trudel—42, (Journal de V Assemblée Législative, 1884, pages 210 215.)
Cet acte de brigandage fut approuvé de nouveau à la dernière
session par la bande ministérielle, qui écarta la motion suivante proposée par M. Gagnon :
Cette Chambre est prête et Fr à voter les subsides à Sa Majesté, mais regrette que le gouvernement n’ai pas adopté les mesures nécessaires pour faire rembourser la somme de $30,000, forfaite en faveur de la rovince, et remise, le 9 mai 1883, à W. E. Blun:lurt, procureur de MM. Forget Ë Oie., en violation de la loi et des conventions. y
Pour -—MM. Bernard, Bernatchez, Demers, Gagnon, Laliberté, Marchand, Mercier, Rinfret dit Malouin, Shehyn et Whyte—10,.
CONTRE :—MM. Audet, Bonubien, Beauchamp, Berwevin, Blanchet, Brousseau, Caron, Casavant, Charle bois, Désaulniers, Desjardins, Dorais, Duckett, Duhamel, Flynn, Frégeau, Garneau, Leblanc, Leduc, Lynch, McConville, Marion, Martel, Martin, Paradis, Picard, Poulin, Poupore, Richard, Robertson, Sawyer,
Taillon, Thornton, Trudel et Turcotte--85. (Procès verbaux de L'Assemblée Législative, 1886, pages 271-2.)
Cadeau de $5,000 à M. Lacoste
La déclaration de M. Flynn, donnée à la page 71 de cette brochure, établit hors de conteste que M. Lacoste n'avait aucun droit À ces $5,000, qu'il faut bien classer parmi les vols et les gaspiilages.
Le montant n’est pas considérable, mais la transaction est des plus scandaleuses.
Ce Cadeau de $328,000 aux propriétaires de l'asile de Beauport
Les détails de cette transaction véreuse sont bien connus. Jls mettent hors de conteste que dans ce honteux marché, le gouvernement a sacrifié, probablement moyennant considération personnelle,
au moins $328,000 des deniers publics. (Voir Debats de la Législature, 1883, page 1478).
Pension à M. Racicot
On se rappellle l’'ignoble trahison dont ce monsieur s’est rendu coupable envers le gouvernement Joly. Pour le récompenser de son infamie, les conservateurs l'ont nommé commissaire du fonds
de RÉ M
d'emprunt municipal. Comme il n’y avait plus rien à faire à l'égard de ce fonds, nos amis ont demandé en 1884 de supprimer le commissaire. Les conservateurs, sans doute pour encourag?r la trahison, se sont opposés à cela et grâce à leur vote, M. Racicot continue à toucher les émoluments de sa grasse sinécure, (voir Comptes publics de 1885, page 9), quand le gouvernement retranche 20 pour 100 sur
les octrois aux institutions de charité, sous prétexte de pénurie dans les finances.
Les $1,600 de Didace Tassé
Les détails de cette affaire nous justifient d'affirmer que le traitement de $1,600 payé à ce Didace Tassé co’ 8 inspecteur des bureaux publics n’est qu’une pension déguis:: 'est-à-dire, un vol des deniers publics.
Pension de L. A. Robitaille
Aux détails dans le cours de cette brochure, nous pouvons ajouter les suivants, sur cette sale affaire :
Cet heureux mortel, grâce a l'influence et au népotisme honteux de son frère, qui était alors lieutenantgouverneur, a pu réussir à obtenir une pension viagère de $1,278.36 par année (voir document numéro 44 de la session de 1885, page 15), sans compter ce petit bonus de $720.00 qu'on lui avait accordé en sus de son salaire, Voici en peu de mots l’histoire de cet individu et de sa pension.
M. Robitaille, fonctionnaire avant la confédération, est restéglans le service civil jusqu’au 30 novembre 1873 à $1,240 par année. Il fut obligé de donner sa démission dans des circonstances nuageuses pour lui (l’hon M. Garneau le mt à la porte parce qu’il fut constaté qu’il abusait de sa position pour spéculer) eton lui vota uñ bonus de quelques centain: s de piastrss pour le consoler.
M. Robitaille passa au bureau de M. McGrecyy et retomba dans le service civil en juin 1881 comme l’un des employés du chemin de fer, lorsque ce chemin fut transféré au gouvernement.
Plus tard, par un arrêté du conseil, le 25 novembre 1882, M. Robitaille reçu un bonus de $720 pour le rembourser de prétendues dépenses de voyage en sus de ses appointements, que l’on porta à 82,000 par année à compter du 15 juin 1840. Le même arrêté du conseil met M. Robitaille en disponibilité de retraite avec une rente annuelle de $1,278.40.
La loi déclare positivement que tout fonctionnaire qui est destitué ou qui donne sa démission »erd tous ses droits à une pension. Or, M. Robitaille ayant donné sa démissicn en 1873, ne pouvait pas faire entrer dans ses états de service les années qui ont précédé cette époque: Alors le point de départ était l’année 1881, lorsqu'il fut de nouveau admis au service du gouvernement,
Pour avoir droit à une pension il faut 1° avoir soixante ans ou être invalides 2° avoir servi dans le service civil au moins dix ans.
M. Robitaille ne se trouvait dans aucune de ces conditions. Il était à l’âge mûr, en bonne santé, et son service ne remontait pas à trois années, même en allant jusqu’au 15 janvier 1880, date mise par convention dans l'arrêté du conseil.
Le fonctionnaire en retraite a droit à autant de cinquantièmes de ses appointements qu'il à passé d'années dans le service civil, trente-einq ans étant le maximum. Si M. Robitaille eût été mis à la retraite en 1873, lorsque ses appointements étaient de $1,240, en lui comptant vingt années de service, il aurait reçu 3493.40 par année, 824.67 étant ie cinquantième de 1,240.
Cependant, au lieu de $1,240, on lui paya $1,278.36 pour l’année 1883 (document numéro 44 de la session de 1884); mais les protestations de l'opposition flrent honte au gouvernement qui, par un ordre en conseil en date du 30 juin 1883, réduisit cette pension à $880, ce qui n'empêche pas que ce monsieur à retiré $819.77 en 1884.
Est-il possible d'imaginer quelque chose de plus scandaleux ? (Voir Débats de la Législature, 1883, page 1476-7).
Cadeau de $10,486.Ë1 aux membres de la commission du service civil.
Nous avons vu, déjà que les membres de cette commission ont touché $10,486.31. Eh bien, tout ce qu'on fait ces messieurs, ça été un rapport de huit pages imprimées qui se trouvent au commencement du document numéro 76 de la session de 1884. C’est tout ce qu’ils ont fait. Les commissaires—Tellier, Stevenson et Drolet— avaient $10 par jour et les secrétaires—Ouimet et Messiah—$5.00 par jour. Ils se sont fait payer comme suit :
M. Tellier, 282 jours à #10.00......... . $2,820 00 M. Stevenson, 283 ‘ M nr ti hs 2,830 00 M. Drolet, 65% « CRETE RE AA 651 85 M. Ouimet, 299: 1: RO 1,495 00 M. Messiah, 1514 A 757 50
DONC OUEN doit $8,554 35
C'est-à-dire que, s’ils n’ont pas volé le gouvernement, il a fallu à ces cinq messieurs 1080$ jours, ce qui représente l’ouvrage d’un homme pendant deux ans, pour faire un rapport de moins de hui
pen » P RAR s pages. Est-il possible de voler plus effrontément ? Des gens qu! feraient la même chose dans les affaires privées seraient de snite
2 0 Q P envoyés au pénitencier.
Vente du contrat pour la construction de l'hôtel du parlement.
Cet acte de simonie de la part d’un premier ministre est une des plus sales affaires qu'on puisse imaginer. Comment pouvez-vous espérer que les intérêts de la province seront sauvegardés, quand vous voyez un premier ministre se faire payer pour les sacrifier ?
C’est pourtant ce qui est arrivé dans la co: ‘iusion du contrat en question. Les soumissions furent comme suit :
ds SOUMISSION DEVAIS... 4,240 sers sosoo.s $ 143,196 06 2: do ÉUOL ORTODIR A ruse sense ss Ces 0 158,189 00 3. do LORIE E RR A E rire 160,400 00 4, do Piton. Ford et McNamee.........,,........ 266,500 00 5. do Charlebois et Beaucage...,....,,,.,.,...., 197,595 60 6. do MOMIE ne Darosnate se sp énsoo ts 185,160 64 7. do Benucage:, ns. DE NV n TT 199,500 00 8. do RO rs neeann ae air da end Madiee oo 265,644 00 9 do EN CU Per ee D Te fesses 219,000 00
nt
Les plus basses soumissions accompagnées des cautions voulues étaient comme suit :
1, Levallée...,,,,,,,,,,., Mo LUXE CURE CE CLÉ NS CRE UE 143,196 00 2. Huot et Jobin................,.: A TR ER a ii 158,189 00 2. McMillan....,...,.,.,.... Etbeie re led diet le 185,160 64 4. Charlebois et Beaucage,..,,.,... ER CEE 197,595 00
Par un ordre en conseil sanctionné le 22 janvier 1883, le contrat fut accordé à Alphonse Charleboiïs, substitué à M. McMillan pour une somme de #185,160.64,
La plus basse soumission était celle de M. Levallée, MM. Huot et Jobin venaient en second lieu, et celle de M. McMillan, prise par M. Charlebois, se trouvait de #41,964.64 plus élevée que elle de M. Levallée, et de 826,971.64 plus élevée que celle de MM. Huot et Jobin.
En accordant le contrat à M. Levallée, le gouvernement aurait donc sauvé à la province 841,964.64. M. Mousseau, par l’entremise de son confident De Beaufort, avait vendu le contrat 810,000 à M. Charlebois, et toutes les autres soumissions furent écartées pour faire réussir ce marché scandaleux. Tout cela est parfaitement exposé dans la brochure publiée en 1884 par l’Zecteur et intitulé : Le scandale Mousseau. Les autres renseignements se trouvent dans le document numéro 89 de la session de 1884 et dans le fameux rapport de la commission chargée de s enquérir de cette affaire.
Cadeau de $30,960 au Québec Central de M. Robertson
Cette affaire, qui fait si peu d'honneur à M. Robertson, le trésorier du gouvernement Ross, est exposée dans le cours de cette brochure. Ce n’est, ni plus ni moins, qu’un vol commis au aétriment de la province et une de ces scandaleuses violations de la loi qui émaillent le dossier du gouvernement Mousseau.
Gratification aux cmployés du Q. M. ©. et O.
La clause 12 du contrat avec la compagnie du chemin de fer du Nord stipule que ‘“ le syndicat ne congédiera aucun des empleyés actuels sans lui donner au moins un mois d'avis ou #ne compensation raisonnable.” La clause 18 du contrat avec le Pacifique contient une disposition analogue,
Il est donc bien clair que les employés congédiés devaient être indemnisés par les syndicats. Eh bien, M. Mousseau, qui enlevait aux sœurs de charité le nécessaire pour l'entretien des pauvres paya ces indemnités pour les syndicats. Le 5 septembre 1882, il donna 8500 à M. J. B. Labelle, agent du chemin de fer, le 18 du même mois, $500 à M. Price, un autre agent ; plus tard, $1,500 à M. Davis surintendant du chemin et $720 au fameux L. A. Robitaille, l’homme à la pension ; le 22 novembre, $1,000 à M, Louthood ; le 15 septembre, $300 à E. Rodier, 8104.63 à A. Paré, $125 à A. Angers. $400 à E. À. Hoare, $225 à E. Lanthier, $195 à J. Maheux, $155.63 à M. A. McCailum, $500 à. J. B. Vanasse et $120 à A. Perron : enfin, le 9
Pt ER
octobre, $500 additionnelles à M. Prince, faisant un total de 86,976,26 (Voir, pour les détails, documents numéros 52 et 57 de la session 1883) —accordés en pur don à des employés qui avaient déjà de très beaux salaires, sous le prétexte futile que, changeant de maître, ils devaient garder un buu souvenir de l’ancien, On a prétendu dans le temps que ces employés perdaient leur situ2ti01 À raison de la vente. C'était faux ; mais en supposant que cel: vai, ce n'était pas au gouvernement à les indemniser, c'était aux :yucicats, ainsi que nous l'avons vu plus haut, (Débats de la Législature, 1883, pages 1475-6). La
censure de ces largesses fut proposée par M. Stephens, à la session de 1883 :
Que cette Chambre est prête à voter les subsides À Sa Majesté, mais elle regrette que le gouvernement au moyen de mandats spérionv : 10 Ait ayé à d. B. Lebelle, agent général &es passagers sur le chemin de fer de Québec, Montréal, Ottawa et Occidental une gratuité de 8500.00 en sus de son salaire annuel de $1,600.00 et ce, et vertu d'un arrêté en conseil portant le No, 260, en date du 27 juillet 1882 ;
20 Ait payé à L. A. Robitaille, payeur sur le même chemin de fer, un bonus de 8720.00 en sus de son salaire annuel de 82,000 et ce, en vertu d’un arrêté en conseil portant le No, 481, en date du 22 novembre 1882 !
30 Ait payé à À. Davis, ingénieur en chef sur le même chemin de fer, un bonus de $1,500.00 en sus de son salaire annuel, et ce, en vertu d’un arrèté en conseil portant le No. 484 en date du 22 novembre 1888 :
40 Ait payé à A. Louthw:od, comptable sur le même chemin de fer, un bonus de $1,000.00 en sus de son salaire annuel sans même aucun arrôté en conseil pour appuyer «te paiement ;
Que dans l'état actuél des finances de ja province, ces bonus etc., au montant de 83,726, ne sont pas justifiables.
Que cette Chambre désire qu’à l'avenir aucun bonus ou augmentation de salaire ne soit accordé ou donné sans un vote spécial préalable de la Chambre et A es deniers ne seront payés au moyen de mandats spéciaux, sice n’est
ans le cas d'urgence imprévus, conformément “u statut en pareil cas fait et pourvu,
Cette motion fut repoussée par le vote suivant :
Pour : Bc:nard, Bernatchez, Demers, Dorais, Gagnon, Laberge, Marchand, McShane, Mercier, Rinfret dit Malouin, Stephens et Watts-—12.
CONTRE : Archambault, Asselin, Audet, Beauchäamps, Bergevin, Blanchet, Brousseau, Caron, Casavant, Charlebois, Désaulniers, Desjardins, Duckett, Duhamel, Faucher de Saint Maurice, Frégeau, Garneau, Gauthier, Lavallée, Leblanc, Leduc, Marcotte, Marion, Martel, Martin, Mousseau, Nantel, Paquet, Paradis, Poulin, Poupore, Richard, Robillard, St-Hilaire, Trudel et Wurtele—36, (Journal de l'Assemblée Législative, 1883, p. 225).
C’estun vote d'autant plus inique que ces présents, comme le dit M. Stephens, avaicnt été faits sur des mandats spéciaux, Comme dans un cas d'urgence. On ne sait vraiment comment expliquer une telle conduite. Les ministres qui font des choses semblables, les députés qui ont la lâcheté de les approuver, le lieutenant-gouverneur qui signe de semblables mandats mériteraient d'être hués et siflés publiquement. (Discours de l'hon. M. Mercier à Saint-Jean, page 19).
Pour montrer ce que nous a coûté cet abominable système, nous résumons dans le tableau suivant les vols et pillages que nous venons d’exposer :
1. Perte sur la vente du Q. M. O. et O. en n'acceptant pas la soumission Alland-Rivard, afin d’avantager M. Sénécal. .…. HAE 83,897,200 00
2. Perte dans le règlement avec la ville de Québec, pour avantager la compagnie du chemin de fer du Nord. ......... Fe ire 431,000 00
ms 5 us
3, Remise illégale du dépôt de Forget & Cie ,,,...4,..., Tr 30,000 00 Ge CRE RE AGDE One cs vuri : due de Eu LEE 5e ét eV É 5,000 Of 5. Cadeau aux propriétaires du l'asile de Beauport. ...,,.. Es 328,000 00 6. Cadeau à la commission du service civil. ..,,..... bike dvd 10,486 81 7. Vonte du contrat pour la construction de l'hôtel du par- ST Eee CH EU PR ON QU PS ee te side 41,966 64 8. Cadeau à M, Charlebois pour l'ameublement temporaire des VDO rene der ui ed RFI te RU CE FN UE 10,168 58 9, Cadeau au Québec Central, ,.,.,,, .,.4..,,.., AN 30,960 00 10. Cadeau à la ville de Sherbrooke, sur sa dette au fonds d'emprunt munioipal.;ss.,..4,,., 4, euros due ble MORIN 96,587 15 11. Cadeau au district de Saint-François, pour la prison de L BORD OOM dar le ner de de ce Éthre coudiicée 31,569 71 12. Cadeau à M, Fabre, affaire Demolon ..,.,.,.... TR Te, 8,000 00 13. Gratitications aux employés du Q. M. O0. et0,,,..,.,.,.,. 6,976 20 14. Sur les 815,000 à M. Dansereau, perte, au moins..,,....... 4,471 50 15, Vol du comptable Gale, ...... ART NO Re Per CAE due 51,527 3 HR tds .... 84,984,408 41
Si les électeurs veulent maintenir ce système de pillage, il n’ont qu'à laisser les conservateurs au pouvoir et leurs désirs seront accomplis au centuple,
Les seuls reproches que l’on faisaitt à l’'hon. M. Mercier en 1886
Incapables de trouver quelque chose de fondé, les plus violents adversaires du chef de l’opposition ont inventé contre lui les reproches suivants :
1° M. Mercier a fait payer 85,000 pour arrêter la déqualification de M. Mousseau ;
2 M. Mercier veut laïciser l'éducation ;
3° M. Mercier n’a pas voté sur la vente du chemin de fer Q., M., O. et O,
Voilà tout ce que l'esprit en délire d’adversaires acharnés pouvait trouver contre l’hon. M. Mercier.
Quant à l’affaire des $5,000, voici l'accusation telle qu’elle a été formulée en Chambre par le Dr Martel, député de Chambly, le 7 mai 1884. (Journal de l’Assemblée Législative, page 356.)
Qu'au commencement du mois de mai 1883, l'honorable Joseph Alfred Mousseau était premier ministrs de cette province et représentant du comté de Jacques- Cartie: dans l’Assemblée Législative ;
Que son élection, pour le dit comté, était contestée devant les tribunaux par des procédures dans lesquelles sa déqualification était demandée, procédures instituées à l’instigation de l'honorable Honoré Mereier, représentunt, dans cette Chambre, le district électoralde St-Hyacinche, non pour revendiquer le respect des lois, la morale publique et la dignité de la Lécislature, mais dans le but de se pr'oeurer des sommes d'argent pour son profit el avantage personnels ;
ND
Que, de fait, le ou vers le 5 mai 1883, le dit Honoré Mercier a demandé et acecpté une somme de cinq mille plastres, moyennant laquelle fl s'ongagen À discontinuer les pr'océdures ftiatituéus À son Instigntion, pour conduire à in dé. Qualification de l'honorahle Josenh Alfred Moussean :
Qu'en const uonce, il soit resolu que l'intérêt public et l'honneur de cette Chambre exigent qu'un comité spéelal soit nommé pour s'enquérir et faire rapport sur les diverses matières contennes ct alléguécs dans la susdite déclaration,
Cette demande d'enquête fut formulée le 7 juin, Or, une dizaine de jours auparavant, le 27 mai, le Dr Murtel lui-même (voir son vote, page 248 du Journal) avait voté contre une proposition de l’hon. M, Joly qui déclurait « pouvoir établir par des preuves satisfaisantes qu'en prévision de la législation de 1882 À l'effet de sanctionner la vente du dit chemin de fer (Q., M., O. & 0.) L. A. Sénécal a avancé des sommes considérables pour aider à l'élection de ministres et de leurs purtisans, À l'élection générale de décembre 1881 ” (Journal, 1889, page 247.) Comme on le voit, M, Joly déclarait tout simplement que M. Sénécal avait acheté les ministres et la majorité ministérielle pour leur faire sanctionner la vente du chemin de fer, il offrait de faire Ja preuve de cette accusation. de simonie, la plus grave qu'on puisse porter contre des députés et après avoir voté contre cette enquête, le Dr Martel vient en demander une contre M. Mercier, pour une aflaire où celui-ci n'avait pas agi comme député, mais seulement en qualité d'avocat, sous prétexte que l'intérêt public et l'honneur de la Chambre l'exigeaient, Etait-il possible d’être plus fourbe et plus effronté ! L'honneur de la Chambre ! c’est quand M. Joly offrait de faire la preuve que les ministres et la majorité des députés s'étaient vendus, qu'il fallait le revendiquer, pas quand M. Mercier n’était en cause que Comme avocat, que sa conduite ne relevait que du barreau. Le Dr Martel a pareillement voté, en 1885, contre une demarde d'enquête pour établir que vingt députés s'étaient vendus à M. Sénécal, ce que M. Tarte avait en 18S2 défié le gouvernement de le mettre en état de prouver,
Tout cela montre bien clairement que la demande d'enquête du Dr Martel n'avait Pas pour but de revendiquer l'honneur de la Chambre, mais tout simplement de persécuter M. Mercier et de tenter de l’intimider pour l'empêcher de flageller comme il le faisait la bande COrrompue qui faisait queue au gouvernement, Cela, du reste, à été établi à l’enquête par le témoignage de M. Stébenne, qui n'a pas été contredit, Voici :
Q. Connaissez-vous le Dr Martel ?
R. Oui, je le connais intimement.
d Fi un de vos amis politiques ct personnels ?
Q. Avez-vous eu occasion de l'entendre parler de l'accusation portée contre M. Mer ier... veuillez Tappeler ce qu’il eu a dit ?
R. Dans une conversation que nous avons eue ensemble, peut-être dans deux ou trois..,.le docteur m'a répondu que dette enquête n'avait été demandée que dans le but de pairer avec celle de M. Mousseau.
Q. A:t.il dit ce qu’il pensait de l'accusation portée contre M. Mercier ?
R. 11 m’a laissé entendre que ce n’était pas des affaires sérieuses (page 551 du rapport de la commission d'enquête),
mn NT
Dans su déclaration, le Dr Martel affirme que les procédures furent instituées à l’instigution de M. Mercier pour se procurer des avantages personnels, Ceci est carrément démenti par le témoignage de M. Geoffrion, qui n’a jamais été ni contredit, ni réfuté, Voici ce qu’à juré M. Geoffrion, l’un des avocats les plus respectables e* ‘8 plus respectés du barreau de Montréal :
De concert avec M. Mercier, j'ai aidé, tant que j'ai pu, à organiser la contes. tation de l'élection de M, Mousseau, J'y tonais d'autant plus qu’à cette époque. là on contestait l'élection de mon frère dans 'e comté de Verchères et je tenais À avoir un autre otage que ceux que j'avais déjà. J'ai contribué moi-même à une partie du dépôt et j'a aidé à procurer les fonds pour le reste,
J'avais comme pétitionnaire dans la contestation de l'élection de M. Girouard — qui était l’un des députés que j'avais contestés pour protéger mon frère—un
client du nom de Bélanger, ...J'ai suggéré cette personné à M. Mercier.,,.,.par l'entremise de M, Gariépy, je le fls venir de Lachine et je le conduisis moi-même à M. Mercier, ..., C'est moi qui, comme je viens de le dire, lui ai fait demander
de venir. (Rapport de la Commission d'enquête, pages 280 1),
Comme on le voit, c’est à l’instigation de M. Geoffrion que les procédures furent instituées, ce qui prouve lu fausseté de l'affirmation du Dr Martel.
Quant au fuit lui-même de l'acceptation des $5,000, voici ce qu'en dit M. Lemieux, un des commissaires à l’enquête, dans son rapport à la Chambre,
Si l’on admet la prétention du Dr Martel, à savoir : que 85,000 ont été payes à M. Mercier comme prix de sa reuonciation à la déqualification de M, Mousseau, on ne peut échapper à la conclusion que ce dernier....s’est rendu coupable du crime deshonoraut d'avoir suborné l'avocat qui était chargé de le faire punir et de le faire déqualifier.
Ce n'est pas M. Mercier ni aucun de ss amis qui ont pris l'initiative des démarches qui ont amené le retrait de la demande en déqualification de M. Mousseau, mais cette initiative a été prise par les amis de M. Mousseau lui-même (voir le témoignage de M. David, page 195 de l'enquête) au nombre desquels figuraient des membres influents du clergé, qui ont fait appel à la pitié de M. Mercier en disant que si M. Mousseau était déqualifié, son avenir était perdu, luimême était déshonoré et sa famille ruinée et mise dans le chemin.
Le fait reproché à M. Mercier, en le supposant vrai, serait attentatcire à son honneur comme avocat et mériterait son expulsion du burreau, Or, bien que cette accusation ait été portée et discutée à satiété publiquement, et particulière. ment à une grande assemblée publique à Saint-Laurent (en 1883), aucune démarche n’a été faite ni par son accusateur actuel ni par qui que ce soit pour le traduire devant le consell du barreau de Montréal dont il relève, (au contraire, M. Mercier a été élu bâtonnier du barreau de Montréal en 1885 et 1886, ce qui est le plus grand honneur que les avocats puissent conférer dans leur ordre) mais il appert que le barreau, bien que connaissant l’accusation, ne s’en est jamais occupe,
Un grand nombre d'avocats les plus éminents du barreau de Montréal, entendus comme témoins, ont été unanimes à dire que la somme de $5,000 n’était pas une rénumération trop élevée pour le travail, les démarches, le trouble et les dépenses d'argent de M. Mercier dans la contestation de l'élection en question.
La Chambre était au courant de cette affaire longtemps avant que le Dr Martel portât son accusation et elle ne pouvait la laisser planer sur un de ses membres, s'il était convenable qu’elle s’en occupât, De plus, il est à remarquer que l'accusation n’a été portée que dans les derniers jours de la session et à la suite d’une autre accusation portée par M. Mercier contre M. Mousseau,
Voilà des faits sur lesquels la preuve faite devant la Commission ne permet pas d'avoir deux opinions, tant ils sont inébranlablement établis.
Voyons maintenant quelle est la preuve offerte à l'appui de l'accusation.
Pas uu seul témoin n’a prouvé d’une manière légale que M. Mercier eûtrecu la somme en question comme prix de la renonciation à ja demande de déqualifcation... Le seul témoin qui ait parlé sur ce sujet, Benjamin Trudel (qui-du reste a été déciaré Pas Croyable sous serment) déclare lui-même que toute l'affaire était réglée lorsqu'il est arrivée À Montréal et que M. Mercier ne luvait mandé que pour recevoir l'argent pour lui (volr page 293 du rapport de la commission). Ce
w’il dit de l’objet pour lequel l'argent aurait été payé, il le déelare d’après M. énécal, qu’on n’a pas fait entendre comme témoin et qu’il était du devoir du Dr Martel de faire entendre, si M. Sénécal était en état de répéter sons serment ce qu’il avait insinué dans un moment de mauvaise humeur etdans une couversation
M. L. O. David, le seul qui ait pris part à la transaction et qui en ait suivi les détails du commencement À la fin, dit positivement (voir pages 202 ot 215 du rapport de la commission, que la somme payée à M. Mercier n'avait absolument rien à faire avec la renonciation à la déqualification Il a dit que cette renonciation avait été obtenue par les sollicitations pressantes des amis de M. Mousseau,
& en tête desquels il était lui-même. Il ajoute que lorsque M. Mercier et ses amis ont décidé de renoncer à la déqualification, ‘la été unanimement entendu qu'il ne le ferait qu’à la Condition, si naturelle et si raisonnable que la lettre Soi, que M. Mousseau poicrait tous les frais de la contestation.
Le Dr Martel a beaucoup insisté sur le fait que les frais taxables de M. Mercier ne s’élevaient qu’à la somme de $1,500, à peu près. Ceci n’a rien à faire ayec la question, M. Mercier avait.il droit à 85,000 pour ses honoraires et déboursés ? L’affrration est tellement bien établie, qu’elle est hors de doute ; on n’a
Il a été prouvé devant la Commission qne l'honorable M. Lacoste, un des
aÇorats' du Dr Martel, a eo $5,000 du gouvernement (il ait constaté À la page
TL äe cette brochure qu’il était l'avocat du Syndicat, qui a dû lui payer autant)
Our l'examen du contrat: de vente de chemin de fer du Nord à M. Sénécai,
our prétencre que l’on doit SoupÇonner que M. Mercier n'a pas reçu les $5,000 seulement pour ses honoraires et déboursés, il faudra dire également que M, Lacoste n’a pas reçu ces $5,000 seulemect pour ses services profsssionnels, mais
à omme prix de complaisance pour M. Sénécal, dont il était l'avocat,
Constatons en passant que ce qui aggrave le cas de M. Lacoste, c’est la déclaration de M. Flynn (voir page 71) de cette brochure, afflrmant positivement en Chambre que M. Lacoste agissait comme avocat des acheteurs, pas du tout comme avocat du gouvernement, d’où il faut bien conclure que ce monsieur s’est fait payer, pour ces complaisances envers les ministres, $5,000 que la province ne lui devait point,
Mais, en supposant même que cette accusation fût fondée, est-ce que pour cela M. Mercier serait bien plus coupable que le Dr Ross, le premier ministre actuel, qui à vendu son mandat à M. Chapais pour une place de conseiller législatif, que le Dr Ross qui, abusant de sa position de ministre Pour pratiquer la simonie, a vendu $2,000 à M. Dumoulin le shérifat de Trois-Rivières? Ces faits sont incontestables, puisqu'ils sont établis par l’organe actuel du premier ministre, le Jourral des Trois-Rivières, qui disait en 1872, le 20 juillet :
Notre voisin nous accuse d’injustice à l'égard du Dr Ross. Or nos lecteurs se Fpelgnt qu’il wy a pas très longtemps le Constitutionnel nous RAHTRDBI que 21. le Dr Ross avait vendu son Cor.‘ à un nommé Jean Charles Chapais, alors ministre de Québec.
Nous lui demandons si c’est ce qu’il appelle être d’une vie exemplaire et d'une Prohibité reconnue.
Nous pourrions rappeler les cfforts tentés Dour livrer Berthier et Champlain ; au besoin nous pourrions mettre . le Shéri en cause et demander à notre voisin sè
toutes ces transactions sont une recommendation en faveur du Dr Ross, une preuve de son dévouement et de son désintéressement ? Enfin si c’est par de tels actes qu'un homme donne des preuves de sa probité. ;
Avant d'attaquer M. Mercier. que ses adversaires nous parlent donc aussi des $4,000 de M. McMaster, le député conservateur de Glengarry. La maison McLachlan & Cie., de Montréal, a été convaincue d’avoir fraudé la douane de $100,000. Pour se tirer d'affaire, cette maison employa ce M. McMaster, qui est avocat. puis obtint par son entremise une réduction de $64,000 sur le montant réclamé et constaté par les officiers de douane. Il n’y a eu ni procès, ni longues procédures, ce qui n'empêche pas que M. McMaster a reçu $4,000 pour leur avoir obtenu du gouvernement fédéral le règlement pour $36,000 d'une réclamation de $100,000. Quand les conservateur auront expliqué cette retenue de $4,000 payée à un député, sous prétexte qu’il est avocat, mais au fond comme compensation de son iufluence po'itique, ils pourront parler des 85,000 de M. Mercier, mais pas avant ! Et les $32,600 de M. Langevin !....ÆEt les centaines de piastres payées à M. Mousseau par de Beaufort, l'agent de Charlebois... . Et la plus grande partie de ces fameux $5,000 payé à M. Mercier pour le compte de M. Mousseau, Trudel (voir rapport de la commission d'enquête, p. 340) ne dit-il pas dans son témoignage qu'il l’a eue de ces mêmes Forget & Cie auxquels le gouvernement Mousseau a remis un dépôt $30,000 qui appartenait à la province ? N'est-il pas évident que c’est une partie du prix pa, !. Mousseau pour obtenir de lui le fruit de cette fraude au détriment de la province ?
Quant à l’instruction compulsoire, voici la réfutation que M. Mercier à donné lui-même de cette calomnie, à la séance de la Chambre
du 22 mai 1886 :
Je désire, avant que la Chambre procède aux ordres du jour, attirer son attention sur un rapport bien inexact que je trouve dans l’Ztendard du 20 courant.
Une dépêche de Québec à ce journal dit : ‘ Sur l’item de l'éducation primaire, l’hon. M. Mercier a prononcé les paroles suivantes : Je crois que toute l'éducation primaire devrait être entre les mains des laïques.’
Je n’ai jamais prononcé ces paroles J'ai fait un discours le 19, sur la question de l’instrnetion publique et ce discours a duré près d’une heure, et le correspondant croit me rendre justice en résumant tout ce discours dans la phrase cidessus.
Ce système est regrettable et ne fait pas honneur à la presse canadienne.
Dans cette occasion, on se le rappelle, j'ai parlé, en termes justes etflatteurs, de l’inluunee bénigne que le clergé avait toujours exercée et exerçait encore sur l'instruction publique eu Ce pays. ?
Mes remarques n'ayant pas été mises par écrit, il m'est impossible de les donner textuellement, mais j'avais alors sous les yeux le Hansurd de 1883, et j'ai tâché de m’en tenir à la déclaration que je fis le 22 janvier 1883, et que je trouve à la page 48.
e meilleur moyen de corriger la fausse assertion du correspondant est de répéter ici ce que j'ai dit &ans cette occasion, Voici mes paroles qui sont encore aujourd’hui l'expression fidèle de m2 pen.ée et de celles de mes amis :
t Si j'en crois les journaux, le chef du gouvernement aurait fait par écrit ‘ d'importantes déclarations. Pour ma part, j'applaudirai de bon cœur à ce ‘ déclarations si e les ont pour objet d'assurer au conseil de l'instruction publique, ‘€ aux comités catholique et protestant, l'influence qu’ils ont droit .d’exercer sur ‘4 notre système d'éducation. :
D me ete pre
‘* Et à ce propos, qu’.l me soit permis de dire que nous devons redoubler * d'efforts pour assurer À nos enfants une instruetion pratique et chrétienne. ‘{ Tout en travaillant efficacement à leur donner les counaissances qui en feront “ plus tard des citoyens utiles à leur pays, nous ne devons pas oublier qu’en né- ‘{ gligeant la partie morale et religieuse de cette instruction, nous servirons à ‘’ répandre bientôt au sein de notre société ces doctrines perverses et ces principes ‘ dangereux dont l’application met au jeu, dans le vieux monde, les sociétés les ‘ plus fortes et les mieux organistes. i
‘ N'oublions pas qu'une instrnction athée peut bien faire àes socialistes et ‘* des révolutionnaires, mais non d'honnêtes citoyens et des patriotes dévoués : “ qu’elle peut bien inspirer l’usagé de la dynamite, mais non l'amour du travail ‘* qui moralise, ni le dévouement au pays qui fait les grands patriotes. Que cette ‘ instruction que nous offrons à nos enfants soit done comme une nourriture saine ** et abondante ; que cette instruction soit morale et chrétienne ; et pour obtenir ‘ ce résultat désirable nous ne craisnons pas d'accepter avec déférance et respect, ‘ mais sans abdication de nos droits, les avis sages et prudents des hommes dis-
“ tinvués qui, dans le conseil de l'instruction publique, peuvent nous aider à rem. ** plir auprès de nos enfants la mission si difficile, mais si nuble, d'en faire de bons ‘ citoyens et de bons chrétiens, ”
Quant à la troisième accusation, en voici la réfutation.
Dans son discours programme, prononcé à Sainte-Thérèse le 3 novembre 1881. M. Chapleau avait fait la déclaration suivante :
Messieurs, pour qu’il n’v ait pas de doute, pour que vous sachiez ce que nous entendens faire, ie dois vous dire que nous avons des offres aujourd’hui pour notre chemin de fer, mais je vous dirai aussi que nous le vendrons jamais à noins de $8,000,000 .,,, Les montunts que nous devrons retirer des municipalités seront aussi portés à notre crédit, en à Compte Sur ce que nous avons payé. (Débats de la Législature, 1881, p. 1095. ;
M. Chapleau s’engageait donc positivement à ne pas vendre le
j | D, © eo é ; chemin de fer pour moins de $8,000,000 et à conserver les souscriptions municipales pour rembourser la province d’une partie de ce qu'elle avait dépensé pour la construction du chemin.
Tous les hommes sincères acceptèrent cette proposition et l’hon. M. Mercier l’accepta comme les autres. Il ne pouvait pas lui venir à l'esprit qu’il y eût un premier ministre assez malhonnête pour rompre un engagement aussi solennel, aussi positif et naturellement il laissa faire, bien convaincu qu’une vente dans ces conditions serait
bien préférable à l'exploitation telle qu’elle se faisait par le gouvernement. Sur ce point, il n’est pas un homme impartial et sensé puisse prétendre que M. Mercier n’avait pas raison.
Puis, si c’est un crime de ne pas avoir voté sur la vente du chemin de fer Q., M., O. et O., comment se fait-il que ceux qui font ce reproche à M. Mercier ne le fassent pas égalément à M. Robertson qui, après avoir parlé contre la vente, n’a pas donné un seul vote pour l'empêcher ? M. Mercier, étant favorable à Ja vente telle qu’annoncée par M. Chapleau, pouvait et avait raison de s’exempter de voter, au lieu que M. Robertson, qui avait parlé contre la vente, devait voter, s’il était sincère dans ses dénonciations de cette transaction. Donc, M. Mercier n’est toujours pas plus coupable que M. Robertson : or, ce dernier ayant la confiance des conservateurs, puisqu'il est ministre, l’hon. M. Mercier mérite autant la confiance et lon n’a pas le droit de l’accuser quand on exonère M. Robert st dans le méme eus, à propos de cette affaire.
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D'ailleurs, il faut tien remarquer qu’en 1882 M. Mercier n’était pas chef de l'opposition et qu'en sa qualité de simple député de Saint-Hyacinthe, il était obligé de suivre l'opinion de ses commettants et de son district, qui étaient en masse en faveur de la vente aux conditions mentionnées par M. Chapleau dans son discours de Saint-Thérèse. Toute sa faute, ça été d'ajouter fois à la parole d’un premier ministre qui s’est fait prévaricateur. Et, dans tous les cas, ceux qui crient depuis dix ans que cette vente à été une excellente affaire, ont assurément bien mauvaise grâce à reprocher à M. Mercier de ne pas avoir parlé et voté contre cette même vente.
Résultats de la mauvaise administration des bleus
Lorsque M. Mercier est arrivé au pouvoir, à la fin de janvier 1887, il a trouvé les finances de la province dans la position la plus pénible. La caisse était vide, il y avait plusieurs mandats en soutfrance, le compte de la Banque de Montréal était surtiré, le subside fédéral du mois de janvier était déja dépensé, enfin les affaires étaient dans un état tout simplement abominable.: Voici l'exposé que M. Shehyn en a fait dans son premier discours sur le budget :
‘: Nous avons prêté le serment d'office le en charge 16 31. En arrivant au trésor, j'ai de rier, un état de la caisse ainsi que des recettes et des dépenses poûr le reste de l'exercice en cours, Je constatai q'ie tout Ce que nous avions en banque d'argent disponible pour payer les dépenses ordinaires du service public, c'était l'énorme Somme de $19,240 49, c'est-à-dire 815,540.86 à Ja Banque Union et 53,699.63 À la Banque des Cantons de l'Est, Je constatai, d'un autre cÔt6, que le 81 janvier, le compte du gouvernement à la Banque de Montréal aceusait un découvert de $21,568.05, qu'il y avait au bureau du trésor pour $14,832,88 de mandats en souffrance et un ordre en Conseil autorisant le paiement d‘une somme de $30,000 à la compagnie du chemin de fer de la Baie des Chaleurs, à compte de son subside. c’est-à-dire Qu'il y avait pour 871,400.98 de réclamations dues et exigibles et seulement $19,240.49 en disponibilité pour acquitter ces dettes, de sorte qu'il y avai un découvert de $52,160.44.
. . La perspective pour les trois mois compris entre le 1er février et le 1er mai était encore plus désolante que l’état de la caisse. Le sous-trésorier m’informa que Pour ces troïs mois, il fallait faire face à un déconvert de $638,369.44 ; il me sou- Mit un état constatant que les paiements s'élèveraient à $1,049,439.93 et les recettes seulement à $411,090.49, y compris les $19,240.49 d'argent en banque et disponible le 31 janvier 1887. Voici l'éntumération des paiements et des recettes formant les totaux que je viens de donner :
‘* Découvert dans le compte de la Banque de Montreal, le 31 jan-
viér 1887. dns en Rio TS RENE sos... 8 21,568 05
29 janvier et nous sommes entrés 2man(lé à M. Machin, le sous-tréso-
TPE MR 0 ne Une 14,832 88 Législation, y compris les dépenses d'élections et le crédit pour les Débats de la dernière session... MN at nue rides 84,550 C0 Administration de la JUBIOR on ae RO El OS 83,000 00 Institutions de réforme et écoles d'insdustrie ....,,...,..,,...,. é 20,500 00 nspection des bureaux publics... OC a ON ours 1,000 00 Asiles dans, sn auciceue D RS ee or 31,000 00
Ie doi 38,000 00
Gouvernement civil, dépenses contingentes............sessseeee Instruction publique. ......esssssesssseseseseseseressreneererttttt Temes de ln Couronne. ....,....s.esvmessessssesseseeseerereneees Immigration et repatriement............sessessseecesserenesrett ARPICUIDUPE ss eos enr edasmoemete nano tre deseeeetpege ser enter Chemins de colonisation.............. AA CAT OT CD Travaux et édifices publics, loyers et réparations........-.-seer Hôtel du parlement et palais de justice (en su Intérêt sur les emprunts de 1874, 1876 et 1878, sant-le 1er mai 1887................+e0e.. PRE 267,136 00 Frais et commission sur cette SOMME...........sssessesre verser 1,800 00 Intérêt sur emprunts temporaires...... : 14,000 00 Cherain de fer Q. M. O. & O., réclamations... Htoeutes us 8,00 00 Subsides dé chemins de fer, y compris 835,000, dont pæiement autorisé par ordre en conseil SR te one 150,000 00
Faisant un total de........... 81,049,459 93
Les recettes à encaisser étaient loin de couvrir ce montant, ainsi que le font voir les chiffres suivants :
Ænunération des recettes du 31 janvier au 16) mai 1957
Argent en banque et disponible, le 31 janvier … $ 19,240 49 Terres de la Couronne re 14 50,000 00 Timbres judiciaires et d'enregistrement tres DE 50,000 00 Licences et autres revenus 50,600 00 Intérêt sur le prix de vente du € 182,000 00 Intérêt pour 6 mois sur le subside
meut fédéral. Hoi 59,850 00
Cela peut donner une idée de la manière dont les bleus administrent les affaires de la province.
Pourtant, ce n’est qu'une partie du tableau. De 1880 à 1886, les ouvernements bleus avaient contracté deux emprunts permanents—\: celui de 1880, pour #4,275,883.34 et celui de 1882, pour #3,500,000.00, faisant en tout 57,779 853.34 Tout cela était dépensé et lors de Pts , l'avénement de M. Mercier au pouvolr, le 31 janvier L887, il y avait une dette flottante de 83,788,434.32, se composant d'obligations claires, nettes et indiscutables. De plus, il y avait pour $4,534,4 1.96 d'obligations ou de réclamations contestées, dont plusieurs avuient été soumises à la décision des tribunaux. Pour payer tout cela, il n’y avait qu'environ #400,000.00 d’actif sûrement réalisable, M. Shehyn, dans son discours sur le budget, établissait ainsi la situation : & Nous nous trouvons donc, pour ce qui regarde la dette fiottante et l'actif que nous avons pour la liquider, ea face de la situation que voici : Montant des obligations incontestables formant la dette flottaite le 31 janvier 1SST Fe $ 3,788,434 32 Montaut d'actif réalisable pour étel ne de CR DRE 400,000 00
Montant net de lu dette flottante le 31 janvier 1887 $ 3,388,434 32
En ajoutant à cette somme les obligations éventuelles résultunt de la lég'islation de la dernière session, Cestà dire les #1,794,275.00 représentées par les derniers 35 cts sur les subsides de terrains convertis en argent, Gn trouve un total de $5,182, 70.32, déduction faite des $400,000 d’actif que je viens d'indiquer,
k Hu
1879, ils avaient eu chaque année des déficits.
Inutile de diro que depuis le retour des bleus au pouvoir, en En voici le tableau :.
Années Recettes Paiements Déficiis
1879.80.. 82,342412.32 82,830,522.80 8487,610.48 1880-81.. 3,191,778.99 3,566,612.07 374,833.08. ISSI-42.. 3,419,370.04 3,628,229.16 208,858,22: 1882.83. 2755707.21 3006943297 341,236.06:
Comme on le voit, l'administration bleue du Dr loss augmen-tait le déficit de la façon la plus alarmante, c'est-à-dire qu elle nous menait à grands pas à la ruine. On peut en juger par le fait que durant les deruiers dix-neuf mois de son existence, elle avait augmenté la dette nette de #2,573,736.60, ainsi que le fait a été constaté par M. Shehyn.
Enlin, quand M. Mercier est arrivé au pouvoir le 31 janvier 1887, la dette contractée par les bleus et restant à payer se «écomposait comime suit :
Dette fondée, non rachetée. niet $18,155,013.33 Dette flottante, indis écutable. : D Lee 7 EE “e 1 discutable. .,....,..,,.,.,, NOR TUR Re Can êverre DA0 477 045.61
Voilà la dette que les conservateurs avait contractée en treize: ans, c’est-à-dire de 1874 à 1887.
Quatre années d'administration nationale
Ainsi qu'on peut le voir par ce qui précède, les affaires de la province étaient dans une position épouvantable, lorsque M. Mercier fut appelé au pouvoir, le 31 janvier 1887, à tel point qu'un homme moins courageux que lui eût reculé devant la tâche que lui imposait la réparation de tous ces désastres.
Le chef du parti national, avec cette énergie et cette habileté qui le distinguent, se mit résolument à l’œuvre. Il comnença par aviser aux moyens d'augmenter le revenu, sans augmenter d'un sou les charges sur le peuple, principalement les populations de la campagne. Par ces réformes, 1l fit cesser les déficits et inauguta l’ère des surplus, ainsi que le fait voir le tableau suivant des dépenses et des recettes ordina:
1287.:3., 83,738,768.39 83,365.032.36 9373,736.03 isnes9.. 8,627,932.90 3,543,618.64 84,565.56
D ee
is
res années de son administration, le
Donc, dans les deux premiè e refouler le courant et d'ac-
gouvernement national a trouvé moyen d cumuler un surplus de $458.301 .99.
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Les causes du déficit de 1890 et 1891.
La balance a tourné pour les deux années suivantes : il y a eu un déficit de 8345,177.16 pour 1890 et d'environ $600,000.00 pour 1891. Voici les causes de ce déficit :
1° Pour payer la dette flottante indiscutable que luiavaientléguée les bleus, le gouvernement Mercier & été obligé de fare un emprunt de $3,500,000 ; à 47, l'intérêt sur cet emprunt s'élève à $140,000 par année, ce qui prend autant sur le revenu et augmente d'autant le déficit. Mais ce sont les bleus qui sont responsables de cette somme, puisqu'elle est dépensée pour payer l'intérêt sur les dettes contractées par eux.
2% Pour améliorc: la situation, je gouvernement Mercier a fait loi autorisant à faire la conversion de la dette fondée contraetée par les bleus. Cette conversion avait pour but de réduire d'au moins 1 pour 100 ou dx cinquième, le taux de l'intérêt que nous payons sur la dette consuiife contractée par les bleus, Comme cette dette s'élève à 817,948,666.67, une diminution de seulement de 17 sur ce chiifre reduirait les dépenses de la province de $179,486.66
par année.
Quels sont ceux qui ont fait manquer cette opération, si avantageuse pour le pays 9 Les bleus. En Chambre et dans leurs journaux, ils ont remué ciel et terre pour empêcher M. Mercier de réussir. La presse anglaise tory, principalement le Montreal Gazette, ont soulevè tous les préjugés en Angleterre et rendu ainsi impossible cet excellente transaction, qui aurait augmenté notre revenu de $180,000 à 8200,000 par année.
30 Réaqjustemen interprovinciale, M. Mercier les grandes provinces de la co
passer une
+ du subside fédéral—Au moyen de la conférence avait réussi à s'assurer l'appui de toutes nfédération pour obtenir du gouvernement fédéral une augmentation de subside de $347,968.80. Depuis une dizaine d'années, les torys d'Ottawa enfouissent des millions dans le Nord-Ouest. Comme cet argent est fourni par les vieilles provinces, M. Mercier et les premiers ministres des autres provinces voulaient en avoir au moins une petite part. Mais, pour les bleus, toucher au gouvernement fédéral ou lui demander de nous rendre justice, c’est un crime. Aussi, ils ont fait tous les efforts possibles pour empêcher la réussite du projet si patriotique de M. Mercier, et la conséquence, c’est qu'il nous ont fait perdre cette augmentation du revenu de
$347,968.80 par année.
Donc, par l'opposition fanatique et anti-patriotique des bleus, nous avons perdu l'augmentation du revenu provenant de la diminution de l'intérêt sur la dette, au moyen de la conversion, et l’augmentation du subside fédéral, c’est-à-dire $179,486.66 de la première source ct $#347,968.80 de la seconde, en tout $527,455.46 par année.
M. Mercier, qui avait trop de cœur et de patriotisme pour croire que les bleus seraient assez fanatiques et assez hostiles à la province pour faire manquer des projets aussi évidemment dans notre intérêt, avait organisé son administration en comptant sur cette augmentation de revenus de $527,455.46 par année. Mais les bleus, traîtres à leur pays en cela comme dans tout le reste, ont fait tout manquer en s'alliant aux fanatiques des autres provinces pour nous priver de tous ces avantages. Ce sont donc eux, et eux exclusivement, qui sont responsables des déficits des deux dernières annéees. En 1890, le déficit à été de $8345,177.16. Si nous avions eu l'augmentation du revenu que les bleus ont empêchée, au lieu de ce déficit, les opérations de l'exercice 1889-90 se seraient soldées par un surplus de $182,278.30,
Telle est la situation dans toute sa vérité. Si elle n’est pas aussi avantageuse qu’on pourrait le désirer, c’est la faute des bleus.