M. MERCIER ET LES PROTESTANTS
Si M. Mercier s’est montré juste et bien disposé envers les auto-
rités religieuses des catholiques, il n’en a pas moins rendu justice aux
rotestants, auxquels il a accordé bien des choses que ces derniers n'avaient jamais pu obtenir des bleus.
Asile protestant pour les aliénés—En 1885, le gouvernement Ross avait fait passer par l'assemblée législative une résolution accordant $15,000 pour aider à l'établissement d’un asile d’aliénés pour les protestants. Mais, comme pour bien d’autres choses, ce gouver-
nement incapable se contenta de proposer sans rien exécuter et tou t en resta là, En 1888, M. Mercier denna suite à ce projet et pour rendre justice aux protestants, fit voter les $15,000 promises trois ans auparavant,
Grâce à cet acte de justice, les protestants ont aujourd’hu leur asile et sont contents.
Part dans les biens des Jésuites—En règlant le question des biens des Jésuites, M. Mercier s’est fait un devoir de rendre pareillement justice aux protestants ; il leur a accordé la même somme par tête qu'aux catholiques et leur a payé de ce chef plus de $62,000.
Aide pour une école-L'Eglise d'Angleterre, à Québec, désirant se procurer un terrain pour bâtir une école, s’adressa à M. Mercier pour obtenir une partie de l'emplacement du Collége des Jésuites, Comme ce terrain venait d'être vendu aux Frères de la Doctrine Chrétienne, M. Merrier donna un autre terrain, près du palais de justice et une aide de $2,000 en argent. à
Chapelains protestants--Sous les gouvernements bleus, le chapelaïin protestant de la prison de Montréal ne recevait qu’une indemnité. de $100.00, tandis que le chapelain catholique en recevait une de $300. Plusieurs protestants marquants de Montréal lui ayant représenté que c'était une injustice, M. Mercier fit de suite droit à leur requête et accorda $300 à M. Borthwick comme au chapelain catholique.
Aide au Bishop's Colleye—Cette institution est dans la province l’université de l'Eglise d'Angleterre. Elles est située à Lennoxville. Après sa destruction par un incendie, ces années dernières, M. Mercier a fait voter $10,000 pour aider à sa réorganisation. Il a pareillement fait voter $10,000 pour aïder à la reconstruction de l’université de Toronto, autre institution protestante qui avait été pareille-ment détruite par un incendie.
Comme on le voit, M. Mercier a traité les protestants avec la justice la plus scrupuleuse et s’ils lui font la guerre, c’est tout simplepar fanatisme, parce qu’il a réglé la question des biens des Jésuites.
Les prétendues lettres de crédit
Dans le long réquisitoire publié dans la Gazette Officielle par le: gouverneur Angers et son digne procureur général Casgrair, on mentionne de prétendues lettres de crédit émises par le gouvernement Mercier et les bleus confondent à dessein ce qu’ils appellent des lettres de crédit, avec des comptes approuvés de la manière ordinaire.
Lettres de crédit —En quoi consistent ces lettres, et quelles obligations comportent-elles? Elles constatent tout simplement que le gouvernement reconnaît devoir une somme quelconque à une personne et la paiera quand il aura à sa disposition les fonds voulus.
Quel mal y a-t-il à cela? En quoi cela engage-t-il la législature ? &i la chambre ne juge pas à propos de ratifier ces engagements, elle ne vote pas les fonds requis pour lui donner suite, et tout en reste là. Le contrôle de la chambre sur la dépense est parfaitement conservé. £
Aussi, ce sysème de lettres de crédit à été suivi dans tous les temps et sous tous les gouvernements, ici comme à Ottawa. Cela a 411 Q « 1° CR A été établi sous serment par M. Philippe Vallière, de Québec, à la séance de la commission du chemin de fer dela Baie des Chaleurs, le 4 novembre 1891. Voici ce qu'il a juré et ce que nous lisons aux pages 699 et suivantes de la preuve imprimée :
M. Casgrain —Ce que j'ai compris de M. Vallière, c'est qu'il disait... qu'il avait déjà eu des lettres de crédit du gouvornement... ; Je demanderais à M. Vallière de produire ce document :
Le témoin :— ‘ Je ne peux pas le produire, j'en ai besoin. M. Casgrain :— ‘ Q. Eh bien ! lisez-le.
AS Le témoin déclarant qu'il lui est Béique le lit comme suit :
& CABINET DU MINISTRE— TRAVAUX PUBLICS 10 février 1891.
« Qi vous êtes en état d'avoir besoin d'argent immédiatement, je suppose que
vous pouvez en prélever urec l'ordre-en-conseil en question.