‹ Élections provinciales de 1892 [microforme]Chapitre 31 sur 47 · HECTOR LANGEVIN · texte numérisé non relu

HECTOR LANGEVIN

difficile de lire ce document, monsieur

Le témoin :

& Ceci est une lettre de crédit, je considère que € “été donnée en février.

Par M, Casgrain :

& Q, Mil huit cent quatre-vingt-onze (1891) ?

“R, Mil huit cent quatre-vingt-on7e (1591).

Par M. Büique ‘—

“ Q. Pour nn montant de mil quatre-ving!-scpt piastres ($1037.00) ?

« R, Pour une réclamation que j'avais. Ilny avait pas d'argent, et on m'a

onné cet ordre-en-conseil pour prélever mil quatre-vingt-sept piastres ($1087.00.”

“ Q, Voulez-vous nous dire si dans votre expérience, l'émission d’une lettre de crédit telle que celle au moyen de laquelle votre endossement du billet de monsieur Pacaud a été garanti est une atfaire exceptionnelle ou si ce n’est pas une chose assez habituelle ?

“R. Eh bien ! à y a trente ans que je travaille pour les gouvernements ÿ depuis douze à quinze ans je n'ai pas eu besoin d'aucune lettre des gouvernements pour obtenir ce dont j'avais besoin ; enfin, je n’en ai pas demandé ; mais je sais que c’est une habitude de donner des lettres de crédit, et j'aurais pu €n changer pour d'autres affaires qui se sont faites dans les gouvernements. Par exemple, un individu à un lot de livres pour un montant de cinq ou six cents piastres ; il n'y a pas d'argent de voté ; on lui donnera une reconnaissance comme quoi après

l'argent voté il sera payé,”

est une lettre de crédit, qui m’a »

comme tous ses congénères bleus, port des lettres de crédits. Voici ce taté dans une entrevue avec

Le gouvernement Ross, ne s’est pas gêné sous le rap que l’hon. M. Charles Langelier à cons un reporter de l'Ælecteur :

« ReportTer.—On vous fait repro ve que les gouvernements bleus n’en

che d’avoir donné des lettres de crédit. Est: dounaient point ?

L2 L 2 | H Â h: ! , CELL .

à Q 4 Se -# "4 # ] 1 À à ] ü : Ni ; na r | o | r D A nv Y À LC] Î & ’ L e-.

(M, LANGELIER.—Au contraire, ils en ont donné tant et plus. Dans ce usgee supplémentaire que j'ai sous les yeux, aux pages 8 et 9, je trouve ce qui

honorable J,J. Ross, ex-premier ministre....... ........ $ 500 00

date du 23 juillet 1886..:,.,.,,.,.,......., severe... 84, 000 00 40 Construction d’un quai à la chute St.Justin, balazce de

de l'honorable J. J. Ross, ex-premier miuistre............ $ 1, 600 00

‘ REPORTER.—S$ur quoi vous êtes-vous basé pour approuver ces comutes dont parle le Star ? :

. ‘M. LANGELIER.—Sur la coutume du département. J'étais nouveau dans le département, et avant d'approuver ces comptes, j'ai fait venir les principaux oficiers qui m'ont dit que cela s'était fait de tout temps. Et vous pouvez voir par ce que je viens de citer du budget de 1887 que ces officiers me disaient la vérité.

‘ ReporTER.—Vous prétendez donc que sous le régime Ross il y avait beaucoup de ces comptes approuvés et de ces prétendues lettres de crédit entre les mains des prêteurs d'argent et des banques ?

‘M. LANGELIER.—Oui, et je connais un prèteur d'argent, un notaire bien connu de cette ,ille, qui détenait depuis plusieurs années quelques volumes des vieilles archives françaises pour forcer le paiement de comptes ainsi approuvés qui lui avaient été transportés.

REPORTER.—Quelle est la portée de ces lettres de crédit ? Engage-t-elle la province d’une manière absolue ?

“ M. LANGELIER.—Pas du tout ; elles sont toujours sujettes à la ratification de la Chambre, et si elles ne sont point ratifiées, elles deviennent caduques. C’est, du reste, toujours bien eompris de ceux qui les demandent, ”

Comme on peut le voir par ce qui précède, l'émission des lettres de crédit est une pratique saivie par tous les gouvernements et le tapage que font les bleus avec celles qui ont été émises par le gouvernement Mercier n’est qu’une blague au moyen de laquelle ils s’efforcent de tromper le public.

Les bleus donnent comme lettres de crédit des comptes tout simplement approuvés, dans la routine ordinaire es départements et pour tromper davantage, ils doublent et triplent le montant de ces comptes. La déclaration suivante montre ce qu’il faut penser de ce truc, indigne d’un parti qui se respecte :

“ Je soussigné, VICTOR LAFRANCE, de la cité de Québec, relieur, déclare solennellement ce qui suit, savoir :

“ 1o Que j'ai pris communication du Courrie" du Canada, en date du 12 courant, et qu'après avoir lu l’article intitulé: ‘‘ Pièces à sensetion ? et en s vus titre, Une botte de lettres de crédit ” et surtout les item qui me concernent, et notamment l’item 17 qui se lit comme suit :

& Contrat d'emprunt (par billet) de M. Victor Lafrance, daté du 14 juillet 1891, ‘en faveur de la Caisse d'Economie, remboursable avant le 15 juillet 1892, ‘4 $1,000””, je déclare le dit item être une erreur ;

& 90 Que les dits comptes tels que pubiïés dans le Courrier du Canada représentent fauscement la position et semblent publiés de manière à mettre le public sous l'impression que fe gouvernement, par les items 14, 15, 16 et 17 réunis aux

comptes détaillée qui se trouvent dans la deuxième coloane du dit |; urnal, sous les titres de ‘ Première,” ‘ Deuxième” et ‘ Troisième lettre,” me doit une somme de $5,026.62 répartie comme suit, savoir :

1o Item 14 , FR ; : Séerer 8 37 50 20 Item 15...,.,..... ANT me res | PR 1,388 25 8o Item 16........ ia OR RE e 587 51 40 Item 17......:....... ; ie pas 1,000 00 5o Première lettre..,.,....., RAT 37 50 60 peuxième lettre ...,,,,.4,.,.....0.4 nel 1,388 25 %o Troisième lettre. ..,,...,..,..,..,., , À 507 61

Pot smescrerentesstte thinnentenuee $ 5,026 62

4 Que de tous les item qui précèdent, publiés dans le Courrier du Canada, il résulte que les dits item 14, 15et16 ne sont rien autre chose que la répétition, sous une autre forme, des comptes publiés en détails dans la déuxième colonne du dit journal sous les titres de ‘‘ Première,” ‘ Deuxième ” et * Troisième lettre’?

“ Que le montant total des comptes approuvés par les Départements et publiés dans le Courrier du Canada n’est que de $2,013.26, réparti comme suit :

Première lettre (compte du 5 mars 1891)....,.,,.... sehtere $ 37 50 Deuxième lettre (compte du 14 mai 1#91).......,,.,...,.....,.... 1,388 25 Troisième lettre (compte du 13 juillet 1891)..............,....44. 587 51

me me ne

“ Que les dits comptes, appelés, par le Courrier du Canada, lettres de crédit, ne sont pas et ne peuvent pas être considérés comme des lettres de crédit ; qu'ils ne sont rien autre chose que des comptes de reliure, faits et livrés au département del Instruction publique, de la manière la plus régulière et la plus honorable ; que le tout à été fait strictement au point de vue des affaires, et cela à des prix déterminés à l'avance avec les officiers du département ;

“ Qué les dits comptes n’ont été approuvés par les officiers compétents du département qu'après que les susdits officiers eurent obtenu du préposé à la réception des susdits ouvrages, un certificat constatant la réception de la reliure et le tout conformément aux instructions données par le département relativement à la susdite reliure ;

‘ Que ma transaction avec la Caisse d'Economie, relativement à ces comptes, en est une des plus ordinaires et des plus régulieres, qui s’est faite dans les circonstances suivantes :

& Ayant besoin d'argent, je me suis adressé à la Caisse d Économie pour emprunter $1,800.00 sur mon billet, et j’ai donné comme süreté collatérale les trois comptes approuvés sus-mentionnés, qui représentent $2,013.26, avec autorisation à la Caisse d'Economie de collecter les dits comptes, si mon billet n’était »as honoré à son échéance ;

“ Que ces comptes étaient pour la reliure de livres distribués en prix Sans les diverses écoles de cette Province.

Et je fais cette déclaration solennelle la croyant consciencieust FN en vertu de l’ Acte des serments extra-judiciaires.

VICTOR LAFRANO, KReli:

Prise et reconnue devant moi, ce quatorzième {| jour de janvier 1892.

J. BÉLANGER, Commissaire Cour Supérieure.

Quant à ces comptes approuvés, voici la pratique habituelle de tous les gouvernements de Québec, telle que constatée par l'hon. M. Charles Langelier :

RerortTeR—N'est-il pas habituel, dans tous les départements, d'approuver ainsi des comptes payables à même un crédit qui n’est pas encore voté ?

M. LANGELIER—Certainement : ce système a été constamment suivi par les gouvernements bleus qui nous ont précédés.

RéroRTER—Pourriez-vous citer quelques cas de ces approbations de comptes payables à meme des crédits non votés ?

M. LANGELIER—Assurément et sans aller en dehors du département que J'avais, si l’informer du Star s'était seulement donné le trouble de consulter la Correspondance du secrétariat, il aurait trouvé que lors de l’'avénement de M, Mercier au pouvoir, en janvier 1887, seulement dans le bureau du régistraire, il y avait ainsi des comptes approuvés et des dettes pour #8,065.94, laisssés par l'honorable M."Blanchet. Il n’y avait absolument rien de voté pour ces choses-là : les crédits étaient épuisés depuis longtemps, mais M. Blanchet, comme tout homme sensé, ne voulait pas arrêter la besogne du département, etil a anprouvé une foule de comptes qui ont été mis entre les mains des prêteurs d’arsent qui les ont présentés quand M. Mercier est arrivé.

RePorTEr—Le gouvernement Mercier a-t-il payé ces comptes approuvés par M. Blanchet ?

M. LANGELIER—Certainement ev nous n'avons pas trouvé un mot à redire.

Rerorrer—Ces comptes étaient-ils dûs à des adversaires politiques ?

M. LANGBLIER—Oui, pour la plus grande partie. Ainsi, il était dû à M. Augustin Côte, le beau-père de M, Flynn, propriétaire du Journal de Québec, qui faisait dans le temps une guerre acharnée à M. Mercier, $9,895.00 pour l’impression de deux volumes des “ Jugéments et délibérations du Conseil souverain,’?

REepoRTER—Comment cetté somme a-t-elle été payée ?

M. LANGELIER— Tout simplement par un crédit spécial voté dans le budget supplémentaire pour 1887 que vous trouverez dans le statut 50 Vict., chap. 1, aux pages 6 et7. L'article 12 dit ce qui suit : Transcription, impression et publi. cation des archives canadiennes, POUR PAYER DES ENGAGEMENTS DÉJA CON- TRACTÉS. $7,500.00,

J'ai laissé des engagements bien moindres que cela et si j'ai commis un crime, je demande à subir mon procès devant le juge Blanchet, qui est responsable de l'état de choses que je viens de signaler. Et permettez-moi d'ajouter que lorsqu’on a fait voter cela en Chambre, MM. Nantel, Casgrain et Flynn étaient en Chambre ctils n’ont pas eu un mot de blâme. En quoi serions-nous plus blâmables que le gouvernement Ross qui a fait pire que nous ?

ReportTer—Le gwonvernement n’a:t-il trouvé cela que dansle bureau du Secrétariat en 1857 ?

M. LANGELIER—Pas du tout. Il y en avait dans tous les départements, à tel point que nous avons dû faire voter pour payer tout cela un budget supplémentaire de 5404,074.14. Je vais vous citer quelques item :

10 Département de l'Agriculture et des Travaux Publics. .......... $ 3,050 CO

20 Pour l'Instruetion publique, dépenses contingentes aussi... 30 Département du Secrétariat de la province, dépenses contin-

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