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L'AFFAIRE LANGLAIS

Les bleus se morfondent pour faire un scandale de cette affaire qui est pourtant bien simple et bien légitime,

Il ya dans les transactions avec M. Langlais deux contrats distincts :

lo. Un pour l’approvisionnement de la papeterie requise pour tous les bureaux du gouvernement et les deux chambres :

20. Ün pour l'achat de 50,000 exemplaires d’un ouvrage sur la sylviculture, ou la culture des arbres et des forêts, écrit par J. ©. Chapais, frère du rédacteur du Courrier dy Canada.

Examinons séparément chacun de ces contrats.

Contrat pour la papeterie ù

Ceux qui ne sont pas au courant de ce qui se dépense de papeterie dans les bureaux publics, pourraient être portés à croire que le contrat donné à M. Langlais est excessif et que le gouvernement a eu tort de lui fournir le moyen de se procurer des avances d'argent pour une cinquantaine de mille piastres. Mais cette impression erronée disparaît bien vite quand on examine un peu tout ce qui s'emploie chaque année dans les bureaux sous le contrile du gouvernement. En consultant les comptes publics pour 1890, les derniers

ui aient été publiés, on constate que les sommes payées dans les différents ministères pour de l1 papeterie, durant ces douze mois, forment un total de $12,848.93, ainsi réparti :

Bureau du lieutenart-gouverneur.....…...... $ 533 “ Conseil exécutif................ 145

‘. Président du Conseil.........,.. 124 Département du Secrétaire provincial........ 515 LL Registraire remit 901 Procureur général........ 92

TOO A ue certe 1,361

Terres de la Couronne..... 5,519

Travau.. publics. .......... 2,306

Agriculture et colonisation. . 658

Iustruction publique........ 1,089

Les chiffres donnés pour le département du trésor comprennent ‘8222.95 pour la division de l’auditeur et $291.36 pour celle du contrôleur du revenu, Ceux donnés pour le département des terres comprennent $998.35 pour la division du cadastre (p. 137 des (. P.) et $908.50 pour le bureau de Hull, sous le titre Bois et Forets, à la page 159 des comptes publics.

Mais ces #12,848.23 ne sont qu’une parcelle des somines que le gouvernement paie chaque année pour la papeterie, c’est-à-dire pour le papier à écrire, les livres blancs, les diverses fournitures de bureau et le papier à imprimer. A part les fournitures pour le service intérieur, ou des départements, il y a celles pour le service extérieur, c'est-à-dire tous les bnreaux publics répandus dans les différentes parties de la province—les bureaux des protonotaires, principalement

ceux de Québec et Montréal, ceux des shérifs, des coroners, des régistrateurs, des agents des terres, des bois et forêts, la commission cen-

trale d'hygiène et plusieurs autres bureaux. A eux seuls, les greffes. ou les bureaux des protonotaires de Québec et de Montréal dépensent annuellement plus de $30,000.00 en papeterie et fournitures de bureau.

À part cela, il y a l'approvisionnement pour l'assemblée législative, au moins #15,000 par année, et pour le conseil législatif, encore $5,000 dans le petit moins. Enfin, il y a le papier pour la Gazette Officielle, l'impression des journaux et des procès verbaux des deux Chambres, celle des statuts et des rapports des différents ministères, qui coûte plus de $10,000.00 par année.

En résumant ces chiffres, on arrive à un total de $70,000 à $75,000 par année, en mettant tout au bas chiffre. Comme le contrat de M. Langlais couvre un terme de quatre ans, il s'élève donc à $280,000 au moins.

Ce contrat est-il exagéré ? Pas du tout : il ne comprend que les dépenses qui se font et se sont toujours faites réguliérement pour la papeterie. Toute la différence, c’est qu’au lieu d'acheter de vingtcinq ou trente fournisseurs divers, le gouvernement n’achète que d’un seul, ce qui est plus simple, lui donne plus de garantie et le protège contre les gaspillages, ainsi que nous le verrons plus loin.

Ce contrat est-il un job ?

Pour qu'il y eût job, il faudrait que les prix payés à M. Langlais fussent plus élevés que ceux payés aux autres libraires ou papetiers ; or ils ne sont pas plus élevés, ils sont même'plus bas, de 10 ou 15 pour cent, et sur ce point nous défions toute contradiction de la part des adversaires du gouvernement Mercier.

Pour qu'il eût job, il faudrait aussi qu'il y eût eu collusion ou corruption entre M. Langlais et les ministres ou quelqu'un d’entre eux ; or les bleus n’ont pas prouvé et ne pourront jamais prouver cela. Pour cela encore, nous leur offrons le défi le plus formel,

Le contrat Langlais est-il utile, avantageux à la province ?

Sur ce point, il n’y apas de conteste possible et M. Taillon, l’un des ministres de M. DeBoucherville, l’a admis lui-même, A la séance du 8 mai 1887, l'honorable M. Mercier faisait la déclaratiow suivante à l'Assemblée Législative :

“M. je Président, la Chambre ne doit pas s'étonner si nous n’ayons pas encore eu le temps d'opérer toutes les réformes que nous avons promises et que nous avons l'intention d'exécuter, Ainsi, nous voudrions simplifier lu dépense des départements en établissant un dépôt centra! de papeterie.”

L'honorable M. Tuillon prit la parole à la suite du premier ministre et fit aussi la déclaration que voici :

‘* Depuis l'année dernière, je m'étais préoccupé d'améliorer certains services de détail dans les départements. Ainsi, j'avais pensé qu'il serait à propos de.

créer un bureau pour contrôler certaines dépenses, et 38 VOULAIS N'AVOIR QU'UN SEUL MAGASIN D'EFFETS POUR TOUS LES DÉPARTEMENTS. ÏÎL Y À DES ÉCONOMIES À FAIRE SOUS CE RAPPORT." (Débats de la Léjjislature pour 1887, p. 1054).

l'est tout simplement ce que M. Mercier a fait en passant avec M. Langlais le contrat dont les bleus voudraient aujourd'hui tirer un scandale,

{Jelu peut donner une idée des hâbleries auxquelles ces pauvres gens en sont réduits pour trouver quelque chose à redire contre l'administration de M. Mercier. Ce que M. Taillon déclarait bon et avantageux au pays en 1887, de son siège en chambre, les journaux bleus tentent de faire croire au public en 1892 que c'est mauvais.

Pas besoin de commentaires, n'est-ce pas ?

Il est une autre raison qui nécessitait ce contrat, Beaucoup d'employés publics peu scrupuleux, c’est un fait bien connu, commercent à leur protit sur la papeterie fournie par le gouvernement, attendu que la plus grande partie du papier fourni sous l’ancien système ne portait aucune marque pour le faire reconnaître. Dans l’arrangement fait avec M. Langlais, il est entendu quele papier portera l'étampe oflicielle, dans la pâte, ce qui le fera reconnaître partout, empêcher…a les fraudes et les gaspillages qui se commettaient autrefois,

En tenant compte de toutes ces considérations, est-il un homme impartial et sensé qui puisse refuser d'admettre que ce contrat a été fait dans l'intérêt bien entendu de la province ?

Les ministres avaient-ils le droit de faire ce contrat?

Incontestablement ! Sur ce point, il n’y a pas de discussion possible, En droit constitutionnel, il est élémentaire qu’un ministre a droit de faire pour son département ou le gouvernement un contrat valide, sans l’autorisation du lieutenant-gouverneur ou de la Chambre, dc\t le seul contrôle, dans ce cus, est de refrser de voter au gouvernement l’argent nécessaire pour donner suite à ce contrat. Todd, qui fait autorité, ou plutôt qui est l'autorité en pareille matière, est positif sur ce point,

Pourquoi le gouvernement a-t-il donné tout le contrat à à un seul libraire?

Tout simplement pour mettre de l’uniformité dans les fournitures et obtenir une réduction de prix. Il est élémentaire qu'un marchand vend à d'autant plus bas prix, que les commandes qui lui sont données sont plus considérables Enfin, pourfournir du papieravec l’'étampe du gouvernement dans la pâte, il faut que ce papier soit fabri. qué spécialement : or, il est évident qu’un fabricant de papier ne consentirait pas à organiser cette fabrication spéciale sans avoir un ordre considérable, sans quoi il perdrait de l’argent, de sorte qu’en donnant des petits contrats à plusieurs libraires, le gouvernement n'aurait jamais pu s'assurer les avantages d’une marque spéciale, pour empêcher le pillage.

PT bete

» jus fe

Quelle est la nature du marché ?

La voici, celle que constatée dans la lettre du premier ministre : CABINET DU PREMIER MINISTRE

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