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SUR QUELQUES EXPÉRIENCES RÉCENTES

MM. Sarrazîn ci de la Rive ont fait au mois de mai dernier [Archives de Genève, juin i890, t. XXIII, page 557) des expériences dont rimporlance est considérable. Ils ont fait interférer Tonde émanée d'un excitateur avec la même onde réfléchie sur un mur. C'est la répétition de Texp^^rience classique de M. Hertz, mais ils ont opéré avec des excitateurs et avec des résonateurs différents et ils ont vu ainsi que la longueur d'onde observée dépend des dimensions du résonateur et est à peu près indépendante des dimensions de Texcitaleur. C'est le phénomène de la résonance multiple sur lequel je reviendrai dans la note suivante.

Mais voici le point sur lequel je désirerais attirer l'attention. Opérant avec l'excitateur de Hertz et avec un résonateur de 75 cenlimètres de diamètre, c'est-à-dire à peu près semblable à celui de Hertz, les savants Genevois ont obtenu un internœud de 3 mètres ; M. Hertz avait trouvé 4", 80. Le premier de ces deux résultats s'accorde sulFisamment avec la théorie, il n'en est pas de mémo du second Mais toute considération théorique mise à part, il y a lieu de s'étonner de voir des expériences exécutées dans des conditions en appa-

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reiicc identiques donner des rt-sullals aussi divergents. 11 y a donr. lieu de réserver ses conclusions en attendant que en point ait été élucidé.

Uann une lettre que M. Merlz rn'a fait l'honneur de m'adreaser, et qu'il vi-ut bien m'autoriacr à eitcr ici, l'illustre physicien s'exprime ainsi à ce sujet :

« 11 m'est difUcilc de croire que Je me soU trompé dans la deuxième méthode au point de trouver 4", 80 au lieu de 3 mètres. miiis puisque loute Invraisemblance théorique est du ciMé de MM. de !a Hive et Sarrazin, J'ai bien songé à ce qui en pourrait ftri^ la cause et voïlA deux manières dont on peut expliquer In dilîérencR. Les ondes se produisent entre deux Taces parallèles d'une salle ; je n'ai lenu compte que d'one seule face dite réfléchinsanle. Supposons d'abnrd que la longueur de la «aile soit égale h un multiple exact de la longueur d'onde, disons h troit; lungiieurs d'onde. Noua aurons deux nœuds très prononcés qui auront Ih dislitnce exacte. Si la longueur de la salle est égale A quatre longueurs d'onde, nous aurons trots nœudstrés prononcés. Mais supposons que la longueur de la salle ait une valeur intermédiaire et plus rapprochée de la première, nous aurons deux nu<uds moins distincts dont lu distance sera plus grande que la véritable longueur d'onde. t>tte explii-atîon me paraîtrait bonne, si la ditTérence n'était pas trop grande.

» L'autre est celle-ci : Ma table de zinc ré liée bissante était établie dans une niche du mur, il serait possible que les points proéminents du muraient eu l'eireld'éluigner les uu'uds du mur et de donner une longueur trop grande aux longueurs mesurées des ondes. Hais il est vrai au^^^i que la niche ét.iil I large de 9 ti 6 mètres et il ne me semblait pa^et neseBiblcpu

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très vraisemblable que cette circonstance ait eu un grand effet.

» Je ne saie donc pas exactement la cause de mon erreur, mais je crois qu'il y en a. J'ai depuis longtemps cherché en vain pour trouver une cause plausible pour la différence de la vitesse dans Tair et dans les fils, j'ai trouvé moi-même, avant MM. Sarrazin et de la Rive, qu'il n'y a pas de différence pour les ondes courtes de 30 centimètres de longueur ; enfin les expériences de ces messieurs donnent la même vitesse aussi pour les ondes de grande longueur et contredisent mes expériences. »

Devons-nous donc croire que, les dimensions de la niche étant du même ordre de grandeur que la longueur d'onde, il a pu se produire des phénomènes de diffraction et que M. Hertz a observé des franges de diffraction et non les franges d'interférence proprement dite? Il serait bien prématuré de se prononcer sur ce point. Il convient d'imiter la sage réserve de M. Hertz et de s'abstenir de conclure jusqu'à ce que de nouvelles expériences aient éclairci la question.

J'ai parlé aussi plus haut d'un mémoire de M. Lécher [Sitzungsherichte de t Académie de Vienne^ avril 1890) et j'ai dit que ce savant ayant mesuré par un procédé nouveau la vitesse de propagation d'une perturbation dans un conducteur, a trouvé que cette vitesse était celle de la lumière. Très étonné de se trouver en contradiction avec M. Hertz, il a vainement cherché la cause de cette divergence. Elle s'explique aujourd'hui très aisément. M. Lécher ayant appliqué correctement la formule de Thomson pour la période de vibration (où M. Hertz avait oublié le facteur v^,) son résultat se trouve en accord suffisant avec le résultat corrigé de M. Hertz.

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