M. E. ROUSSEAU
ProfecMur i l'Éeole militaire rt i l'Univenitë libre de Broieilei.
Les deux objets que j*aurai à examiner dans ce rapport sont loin de présenter la même importance. Les appareils d'électricité statique n'ont guère en effet jusqu'aujourd'hui reçu d'applications pratiques, et l'intérêt qu'ils présentent au point de vue de l'étude de l'électricité est à peu près exclusivement théorique. Les questions que soulève la construction des paratonnerres sont, au contraire, d'une utilité trop immédiate, trop générale, trop évidente pour ne préoccuper que les physiciens; il appartient à ceux-ci de se tenir au courant des travaux scientifiques de tout genre, observations, expériences ou discussions théoriques qui permettent de déterminer d'une manière plus complète et plus sûre les moyens à employer pour se préserver des effets de la foudre; mais il est bon que le publie non savant connaisse tout au moins les principaux résultats de ees recherches, et n'ignore pas les changements que des données nouvelles auraient fait apporter aux systèmes anciens.
Ces considérations m ont engagé à borner à un exposé très sommaire la première partie de mon travail, qui a pour objet l'exposition des appareils d'électricité statique ; représentée par un assez petit nombre d'exposants, elle n'a d'ailleurs offert en général, et à fort peu d'exceptions près, que des instruments bien connus et employés dans les cours de physique. Il m'a paru nécessaire de donner des développements plus considérables à la partie du rapport qui concerne l'exposition dés paratonnerres. Outre l'intérêt beaucoup plus grand qu'elle présente, celle exposition a été plus largement représentée que la première; et la Belgique y a occupé un rang des plus distingués, je dirai même une position tout à fait hors ligne; car, parmi les paratonnerres exposés, c'est le système proposé et établi par notre compatriote M. Melsens, qui a le plus vivement attiré l'attention.
Le système Melsens a donné lieu, au sein du Congrès, à des discussions importantes; il a été développé avec une grande autorité par M. Melsens lui-même dans l'une des séances de ce Congrès et dans une conférence publique. On ne s'étonnera donc pas que je consacre à rappréciation de ce système la plus grande partie de ce rapport. Le cadre restreint dans lequel je dois me renfermer ne comporte pas, je le sais, une théorie des paratonnerres; aussi n'ai-je nullement l'intention de traiter ici ce sujet difficile, exposé par d'autres beaucoup mieux qu'il ne le serait par moi ; j'ai pensé toutefois que je pouvais, sans sortir du cadre qui m'est imposé, examiner quelques-uns des points de cette théorie ; il ne me serait pas possible en effet de donner une idée suffisante du système Melsens, si je me contentais d'indiquer les différences qui le distinguent des autres paratonnerres exposés, sans faire connaître et sans discuter les raisons qui ont décidé le savant physicien à s'écarter de la route suivie par ses prédécesseurs.