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PREMIÈRE PARTIE. — ÉLECTRICITÉ STATIQUE

Outré divers appareils destinés à renseignement et un certain nombre de machines à frottement d'anciens systèmes, les principaux appareils électriques appartenant à la classe I sont les machines électriques à influence de Holtz, Carré, Toepler, et la machine rhéoslalique de Planté.

Les machines à influence de Holtz et de Carré sont celles dont Tusage s'est le plus répandu, au moins en France et en Belgique; elles sont décrites dans la plupart des traités de physique, et sont assez connues pour que je me borne à les mentionner.

La machine de Toepler, inventée à peu près à la même époque que celle de Holtz, a reçu moins de publiciié que celle-ci; fondée sur les mêmes principes que cetle dernière, elle en diffère par des dispositions ingénieuses qui lui permettent de fonctionner sans avoir besoin d'être amorcée. Parmi les modèles exposés, on en distingue particulièrement deux, dans lesquels, pour obtenir un débit plus considérable, M. Toepler d multiplié le nombre des disques mobiles; la première de ces deux machines contient vingt, et la seconde soixante plateaux tournants; elles sont toutes deux recouvertes d'une cage en verre, et maintenues dans une atmosphère sèche au moyen d'une éiuve chauffée sur laquelle elles sont établies.

Les dispositions adoptées par M. Toepler ont été utilisées par M. Robert Voss, de Berlin pour la construction de machines électriques àamorcement automatique qui ont aussi figuré avec succès à l'Exposition de Paris. Bien que ne constituant pas, à proprement parler, une nouveauté, la machine de M. Voss mérite cependant d'être signalée comme instrument d'application usuelle pour les cours de physique; cet appareil fonctionne, comme la machine de Toepler sans être amorcée, et dans des conditions atmosphériques défavorables; elle est d'un prix peu élevé, et est disposée de manière à pouvoir être rapidement transformée en machine de Holtz par la substitution d'un plateau supplémentaire du système de Holtz au plateau du système de Toepler employé dans sa construction.

La machine rhéostatique de Planté, dont il me reste à parler, sert à

produire, au moyen des courants fournis par des sources de faible potentiel, telles que les piles ordinaires, les phénomènes électriques exigeant un potentiel élevé, par exemple les décharges à longues étincelles, que Ton obtient par les machines électriques à frottement ou à influence. On sait que la production directe de ces phénomènes par la pile, bien que théoriquement possible, ne serait que bien difficilement réalisable dans la pratique, et ne pourrait être obtenue qu'à très grands frais, à cause du nombre excessif de couples dont ils nécessitent l'emploi. C'est ainsi, par exemple, que, dans des expériences récentes, avec une pile au chlorure d'argent de 1,000 éléments, MM. De la Rue et Mûller n'ont obtenu que des étincelles de Vs de millimètre environ de longueur, et qu'il leur a fallu faire usage d'une pile de 8,000 éléments pour produire drs étincelles d'un centimètre.

Les bobines d'induction ont été les premiers appareils qui, en fournissant un moyen de transformer l'électricité voltaîque, fournie par une pile d'un petit nombre de couples, en électricité de haut potentiel, ont rattaché d'une manière plus intime, au point de vue pratique, deux classes de phénomènes entre lesquels il n'existe du reste, comme le prouvent les expériences citées plus haut, aucune distinction essentielle. A ce titre, ces appareils peuvent être rangés dans la classe des instruments d'électricité dite statique; et c'est ainsi que nous y voyons figurer la splendide bobine d'induction construite par M. Apps, de Londres, et appartenant à M. Spottiswoode, qui, avec trente couples de Grove, donne des étincelles atteignant jusqu'à 1"*,10 de longueur.

La machine rhéostatique de Planté appartient également à cette classe d'appareils de transition; mais elle a sur la bobine d'induction l'avantage de transformer d'une manière beaucoup plus immédiate, plus directe, plus manifeste l'éleciricité des piles en électricité de haute tension; sous ce rapport elle présente un grand intérêt théorique. On trouvera la description de la machine de Planté et le détail des belles et nombreuses expériences faites par Tinvenieur au moyen de cet appareil dans son ouvrage intitulé : Recherches sur l'électricité. Je ne m'y arrêterai donc pas. Toutefois, je ne crois pas inutile de citer l'une de ces expériences, parce qu'elle donne en quelque sorte d'une manière tout à la fois très simple et très frappante, la mesure de la quantité d'électricité voltaîque absorbée dans les phénomènes de décharge électrique, et qu'elle me semble se rattacher ainsi à la question des paratonnerres, dont je m'occuperai bientôt.

M. Planté a reconnu qu'en faisant agir, pendant quinze secondes seulement, la pile dont il se sert pour charger sa batterie secondaire, celle faible charge transformée par la machine rhéostatique suffisait pour illuminer pendant plus d'un quart d'heure d'une manière continue un tube à air raréfié, en donnant près de 11,000 étincelles dans le vide. D'après le calcul de M. Planté chacune de ces étincelles correspondait à une consommation de ^eoo ^^ milligramme de zinc seulement dans la pile primaire. On peut, par cet exemple, se faire une idée du nombre et de la puissance des décharges électriques auxquelles pourrait donner lieu l'action d'un courant d'une certaine intensité, si ce courant était continu, et que sa durée ne fût pas bornée à un intervalle de quelques secondes comme dans l'expérience de Planté.

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